Le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, a accordé un entretien à African Initiative au lendemain du troisième sommet Russie-Afrique, tenu à Moscou les 28 et 29 octobre 2026. Pour lui, le partenariat avec Moscou a permis à l’armée malienne de se renforcer et de reprendre l’initiative sur le terrain. Il salue les troupes russes engagées aux côtés des forces maliennes, et les sacrifices consentis dans ce travail commun.
Rappelons que le Mali a rompu ses accords de défense avec la France et exigé le départ des troupes françaises en 2022. La Minusma, a également quitté le pays à la demande de Bamako. Des éléments russes étaient déjà présents au Mali depuis décembre 2021. Moscou a créé en 2023, l’Africa Corps pour reprendre les structures de Wagner, et ses unités restantes ont été intégrées en juin 2025.
Une armée désormais à l’offensive, selon Abdoulaye Diop
Le ministre affirme que les forces de défense et de sécurité maliennes sont désormais « à l’offensive », au prix de lourds sacrifices. Il rend hommage aux soldats maliens et russes tombés au combat. Il met surtout en avant l’équipement obtenu grâce au partenariat avec Moscou, qui a renforcé la capacité opérationnelle et la combativité des troupes. Selon lui, l’État exerce aujourd’hui sa souveraineté sur l’ensemble du territoire national, alors que, il y a trois ans, la mission onusienne n’avait pas permis de restaurer l’autorité de l’État.
Diop insiste aussi sur la dimension régionale. Bamako coopère avec le Burkina Faso et le Niger au sein de l’AES, car la menace dépasse les frontières : « un seul pays ne pourra pas y faire face ». Il reconnaît que la menace évolue et que des attaques persistent ici et là. Sur le terrain, l’armée malienne et l’Africa Corps poursuivent les opérations. Bamako assure que son offensive vise à étendre l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire.