Le président russe Vladimir Poutine et le président de la transition malienne Assimi Goïta ont eu un entretien téléphonique ce mardi 19 août. L’échange, initié par Bamako, a porté sur la coopération sécuritaire entre les deux pays et la lutte contre les groupes armés au Sahara-Sahel, selon le communiqué publié par la présidence russe.
Un soutien russe salué par Bamako
Goïta a remercié Moscou pour son appui dans le renforcement de la sécurité malienne. Il a évoqué, selon le service de presse du Kremlin, l’aide substantielle apportée par la Russie face aux attaques des groupes extrémistes armés qui frappent le pays. Les deux dirigeants se sont accordés pour poursuivre la coordination de leurs efforts afin de préserver la stabilité du Mali et de l’ensemble de la région sahélienne.
Cet échange s’ajoute à une série de contacts directs entre les deux chefs d’État depuis la rupture du Mali avec Paris en 2022. Un premier entretien téléphonique public avait eu lieu en août de la même année, suivi d’un autre en octobre 2022 portant notamment sur un don de 300 000 tonnes d’engrais russes bloqués par les sanctions occidentales. En août 2023, Poutine et Goïta s’étaient également concertés au sujet du coup d’État survenu au Niger voisin.
Une coopération élargie au-delà du militaire
Au-delà des questions sécuritaires, les deux dirigeants ont discuté de plusieurs dossiers bilatéraux. Ils entendent développer le dialogue politique et les contacts à différents niveaux, tout en promouvant une coopération mutuellement bénéfique dans les domaines commercial, économique et humanitaire, précise le communiqué du Kremlin.
Le partenariat russo-malien s’est construit progressivement depuis le départ des troupes françaises de l’opération Barkhane en 2022, puis celui de la mission onusienne Minusma l’année suivante. Moscou a depuis fourni équipements militaires et formations aux forces armées maliennes, tandis que des supplétifs russes opèrent aux côtés de l’armée malienne dans plusieurs régions du pays. Le Mali fait partie, avec le Burkina Faso et le Niger, de l’Alliance des États du Sahel, coalition régionale créée en 2023 et marquée par un même rapprochement diplomatique avec la Russie.
Le pays malien reste confronté à une insécurité persistante, avec des attaques djihadistes régulières dans le nord et le centre du territoire, ainsi qu’un blocus de carburant imposé par des groupes armés depuis le début de l’année 2026.



