Kidal repasse sous le contrôle de l’armée malienne pour la deuxième fois en moins de trois ans. Les Forces armées maliennes (FAMa) sont entrées mardi 6 octobre 2026 dans cette ville du nord du Mali, cinq mois et onze jours après sa prise, le 25 avril, par le Front de libération de l’Azawad (FLA). Allié au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), le mouvement indépendantiste l’avait arrachée à Bamako moins de trois ans après la première reprise de novembre 2023. Ainsi, la ville change ainsi de mains pour la troisième fois depuis cette date, et la manière dont l’armée y revient conditionne la suite.
Une entrée sans combat, après des frappes aériennes
Selon nos sources, les FAMa ont pénétré dans la ville sans rencontrer de résistance. Le jour même, l’état-major général des armées avait annoncé des opérations aéroterrestres d’envergure, menées avec les partenaires russes dans le cadre de l’opération Dougoukoloko. L’objectif affiché est de neutraliser les groupes armés et de rétablir la libre circulation des personnes et des biens.
Le FLA a de son côté annoncé un « repli stratégique et maîtrisé » dans son communiqué n°022. Le mouvement affirme que des frappes menées le 5 octobre ont « détruit l’essentiel des infrastructures publiques et civiles ».
Tenir la ville et les routes
Après cette réussite, l’armée malienne va faire face à de nouveaux défis. En effet, garder Kidal suppose d’abord de l’approvisionner et de protéger les axes qui y mènent. Le retrait annoncé du FLA est certe une victoire pour les FAMa mais l’armée ne doit pas se reposer sur ses lauriers. L’International Crisis Group relevait en mai que le mouvement, qui décrit son lien avec le Jnim comme un partenariat opérationnel et non comme une alliance politique, avait montré qu’il gardait une capacité de frappe, tout en dépendant de son allié dont les objectifs diffèrent des siens.
Le même texte de l’International Crisis Group rapporte, d’après des sources, que le Burkina Faso aurait participé aux frappes dans la région de Kidal et que le Niger aurait appuyé l’armée malienne près de la frontière commune. Rappelons que le président de la Transition avait déclaré quelques semaines plus tôt que le pays restait ouvert au dialogue, alors que Bamako et Alger renouaient leur coopération.
