Mariage refusé à Béziers : ce que risque Robert Ménard devant la justice

Cinq ans de prison, 75 000 euros d’amende et une peine d’inéligibilité : le maire de Béziers, Robert Ménard, encourait lourd, mais le parquet de Montpellier n’a requis mercredi 30 septembre qu’une amende de 7 500 euros. L’élu comparaissait devant le tribunal correctionnel pour avoir refusé, pour des soupçons de mariage blanc, le 7 juillet 2023, de célébrer le mariage d’une Française et d’un Algérien visé par une obligation de quitter le territoire français (OQTF) comme nous vous le disions il y a quelques jours.

Le jugement sera rendu le 1er décembre. L’affaire est devenue un marqueur du débat sur le mariage des personnes en situation irrégulière, alors qu’un texte sur le sujet attend en commission à l’Assemblée nationale.

Des réquisitions éloignées du maximum

Fort heureusement pour l’élu, le ministère public n’a demandé ni peine de prison ni inéligibilité. Le procureur Thierry Lescouarc’h a rappelé l’obligation faite au maire d’appliquer la loi, sans suivre la logique de la défense. Les avocats de Ménard ont réclamé de leur côté la relaxe pure et simple. Le tribunal n’est pas lié par les réquisitions : il peut prononcer une autre peine, plus lourde ou plus légère, ou relaxer le prévenu.

À la sortie de l’audience, Ménard a jugé le procureur très sévère dans son analyse du dossier, mais ses réquisitions « bien plus raisonnables », selon Entrevue. Il a reconnu un certain soulagement. Ménard est arrivé au tribunal avec Bruno Retailleau, ancien ministre de l’Intérieur et candidat LR à la présidentielle, qu’il avait fait citer comme témoin. Une cinquantaine d’élus portant l’écharpe tricolore les accompagnaient. « Robert est un ami, je suis à ses côtés », a déclaré Retailleau avant l’audience.

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