Mobile money dans l'UEMOA : transferts gratuits et plafonds relevés, ce qui change dès le 2 novembre

Les transferts de mobile money passant par la plateforme de paiement instantané de la BCEAO seront gratuits jusqu’à 8 000 FCFA par jour dans les huit pays de l’UEMOA à partir du 2 novembre 2026. Le solde maximal d’un compte passera également de 2 à 4 millions FCFA, et le cumul mensuel des rechargements de 10 à 15 millions FCFA. Ces règles concernent des millions d’utilisateurs en Afrique de l’Ouest. Voici ce qui change pour eux.

Le service s’est développé en moins d’une décennie dans une région où la bancarisation classique est restée faible. Selon la BCEAO, l’Union comptait 36,5 millions de comptes de monnaie électronique en 2016, contre 248,7 millions en 2024, dont 76,8 millions actifs, soit un peu moins d’un tiers. Le taux d’inclusion financière, qui intègre ces comptes, est passé de 47 % à 72,3 % entre 2016 et 2023. Le taux de bancarisation strict, limité aux comptes bancaires, postaux et du Trésor, n’atteignait que 16,1 % fin 2015.

Des transferts gratuits jusqu’à 8 000 FCFA par jour

Dans son communiqué du 2 octobre, la BCEAO fixe la gratuité des envois nationaux à 8 000 FCFA de montant cumulé par jour, par utilisateur et par établissement. Le nombre d’opérations n’est pas limité. Ce seuil couvre 75 % des transactions de monnaie électronique de l’Union, selon l’institution.

Au-delà de 8 000 FCFA, des frais de 0 à 0,8 % hors taxes peuvent s’appliquer. Au taux maximal, un envoi de 50 000 FCFA coûterait donc 400 FCFA. La réception reste gratuite, quels que soient le montant et le nombre d’opérations.

Des plafonds de solde et de rechargement relevés

D’après l’Instruction n° 020, adoptée le 8 octobre, un client identifié pourra détenir jusqu’à 4 millions FCFA auprès d’un même émetteur, tous ses instruments confondus. Le plafond était de 2 millions FCFA jusqu’ici. Le cumul des rechargements d’un mois monte à 15 millions FCFA, contre 10 millions. Ce montant s’apprécie sur le mois et non sur une seule opération.

Un dépassement reste possible avec l’autorisation préalable de la BCEAO, qui peut l’assortir de conditions ou en limiter la durée. Les distributeurs et les accepteurs agissant à titre professionnel ne sont pas concernés par ces plafonds.

Les émetteurs devront aussi placer les fonds de leurs clients dans des comptes bancaires, des institutions de microfinance ou des titres d’État et d’entreprises cotées. Au moins 65 % des fonds en circulation doivent rester sur des comptes bancaires immédiatement disponibles.

Un passage obligatoire par PI-SPI

À partir du 2 novembre, les transactions de monnaie électronique interopérables dans l’Union devront transiter par la plateforme PI-SPI. Lancée le 30 septembre 2025, cette plateforme donne accès aux paiements instantanés à plus de 38 millions de personnes, d’après la BCEAO. 

Les conditions applicables entre les pays de l’Union seront identiques à celles du national. Leur entrée en vigueur pour les transferts entre les huit États est prévue le 1er juin 2027. La gratuité ne couvrira que les transferts entre personnes physiques. Par contre, les retraits d’espèces, les paiements chez les commerçants et le règlement des factures restent hors du champ de la mesure.

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