Niger : l'armée algérienne autorisée à s'installer sur l'ancienne base française de Madama

L’Algérie peut désormais envoyer des troupes à Madama, dans le nord du Niger, sur un site que la France a occupé jusqu’à son départ du pays. En effet, le Parlement algérien a voté cette autorisation à l’unanimité le 25 octobre 2026. Ainsi, ce serait le premier déploiement de l’armée algérienne à l’étranger depuis 1973, année où elle avait soutenu l’Égypte pendant la guerre israélo-arabe, selon le communiqué parlementaire.

Une base française ouverte en 2014

Pour rappel, le 23 octobre 2014, la France avait annoncé l’installation de 50 soldats et d’hélicoptères à Madama, dans le cadre de l’opération Barkhane. Puis, l’effectif était passé à 200 à 250 militaires début 2015. En décembre 2014, le site avait servi de poste de commandement à une opération conjointe des armées française, nigérienne et tchadienne. Il dispose d’un aérodrome, où un avion de transport A400M avait effectué sa première mission opérationnelle au Niger. Plus aucun soldat français n’est présent dans le pays depuis le 22 décembre 2023.

La France contrainte de quitter le Niger

Après le coup d’État du 26 juillet 2023, les autorités militaires nigériennes ont dénoncé plusieurs accords de défense conclus avec Paris et exigé le départ des quelque 1 500 soldats français présents dans le pays. Le président Emmanuel Macron a annoncé le retrait fin septembre. Mais les derniers militaires français ont quitté Niamey le 22 décembre 2023, mettant fin à plus de dix ans d’engagement antidjihadiste au Sahel.

Tensions entre Paris et Alger depuis 2024

L’arrivée de l’armée algérienne sur un site français intervient dans une situation de forte rivalité entre les deux capitales. Et pour cause, les relations se sont dégradées à l’été 2024, après la reconnaissance par Paris de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. En outre, l’arrestation de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal en novembre 2024, gracié plus tard par le président Abdelmadjid Tebboune, l’expulsion de douze agents de l’ambassade de France par Alger et la condamnation d’un journaliste sportif français à sept ans de prison ont compliqué les relations entre les deux pays.

Un rapprochement entre Alger et Niamey

L’Algérie s’était opposée au coup d’État de 2023 au Niger. Les relations s’étaient dégradées en 2025, quand Niamey avait rappelé son ambassadeur après l’affaire d’un drone malien que l’Algérie disait avoir abattu près de la frontière. Elles se sont améliorées depuis. Le général Abdourahamane Tiani, chef de l’État nigérien, s’est rendu à Alger en février. Le ministre nigérien de la Défense, Salifou Mody, y était le 20 octobre pour des discussions sur la coopération sécuritaire.

Le général Bacharou Ibro Amadou, chef de cabinet de la présidence nigérienne, séjourne dans la zone de Kawar depuis le 19 octobre. Il a rencontré les commandants militaires de Madama, puis les autorités militaires et traditionnelles de Dirkou, au sujet des plans pour la base, d’après la source sécuritaire nigérienne.

L’Algérie compte aussi des intérêts économiques dans le nord du Niger. Sa compagnie publique Sonatrach détient le bloc pétrolier de Kafra, qui couvre 23 737 km², dans le cadre d’un contrat de partage de production actualisé en 2022.

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