Restitution du patrimoine : l’Allemagne partage son expérience avec le Bénin

Comment organiser les restitutions de biens culturels issus du passé colonial et renforcer la coopération entre musées ? C’est autour de ces enjeux que des spécialistes béninois et allemands se sont retrouvés à Cotonou, le mardi 13 octobre 2026. À cette occasion, l’ambassadeur d’Allemagne, SEM Dr Stefan Buchwald, a exposé les démarches engagées par son pays et les mécanismes mis en place pour accompagner les restitutions. La rencontre s’est tenue dans le cadre de la visite au Bénin de Barbara Plankensteiner, directrice du musée MARKK de Hambourg, venue partager l’expérience allemande en la matière.

La restitution du patrimoine culturel ne se limite pas au retour matériel des objets dans leur pays d’origine. Elle suppose également un travail de recherche, une coordination entre institutions et un dialogue entre les États concernés. C’est l’un des enseignements mis en avant par l’ambassadeur d’Allemagne au Bénin, Stefan Buchwald, lors de son allocution à la conférence « Restitution et coopération entre musées – Expériences du Bénin et de l’Allemagne », organisée au ministère des Affaires étrangères.

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Le diplomate a d’abord rappelé la responsabilité historique de son pays dans l’examen de son passé colonial. « L’Allemagne assume sa responsabilité historique et œuvre à l’analyse de son passé colonial », a-t-il déclaré, avant de souligner les avancées enregistrées dans le domaine des restitutions.

« Le travail de mémoire sur le passé colonial est désormais inscrit dans l’accord de coalition de nos gouvernements respectifs depuis 2018. La visibilité et la reconnaissance internationales de ce processus sont renforcées par la restitution de biens culturels, par exemple via le transfert juridique de propriété (plus de 850) et la restitution concrète au Nigéria de 22 bronzes du Bénin provenant de collections publiques à partir de 2022 », a affirmé l’ambassadeur Stefan Buchwald.

La recherche de provenance, première étape des restitutions

Identifier les biens concernés et retracer leur parcours historique demeure une étape déterminante. Sur ce point, l’ambassadeur allemand a été explicite : « La recherche de provenance est toujours la première étape requise ». Il a toutefois insisté sur les exigences de ce travail, qui demande « beaucoup de temps, beaucoup d’expertise et beaucoup d’argent ».

La recherche de provenance permet notamment d’établir l’origine des objets, les circonstances de leur acquisition et leur parcours entre les différentes collections. L’Allemagne s’est dotée de structures destinées à soutenir et à coordonner ces démarches.

« En Allemagne, le « Centre allemand pour les biens culturels perdus (DZK) » soutient les recherches dans ce domaine. Du côté allemand, nous avons fondé, en mars 2026, le « Conseil de coordination pour le retour des biens culturels et des restes humains issus de contextes coloniaux ». Il est le point de contact pour les gouvernements des États d’origine. Il centralise également la coordination entre les parties prenantes en Allemagne (à savoir les musées, archives ou universités qui conservent les biens culturels, leurs organismes de tutelle, et le niveau fédéral) et accompagne les processus de retour. Nous souhaitons ainsi rendre ces processus transparents, et agir de manière coordonnée vis-à-vis de nos partenaires internationaux« 

SEM Dr Stefan Buchwald

Le Bénin et l’Allemagne à la recherche de nouvelles pistes de coopération

Directrice du musée MARKK de Hambourg, Barbara Plankensteiner séjourne au Bénin du 12 au 15 octobre 2026 pour partager l’expérience allemande en matière de restitution des biens culturels et échanger avec les acteurs béninois du secteur muséal. Son programme prévoit également la découverte de projets muséaux béninois ainsi que des rencontres avec des acteurs du monde culturel et scientifique. En effet, Barbara Plankensteiner doit également rencontrer Jacques Ayer, directeur général de la Réunion des musées publics du Bénin, pour échanger sur les projets muséaux du pays.

Pour rappel, les relations entre le Bénin et l’Allemagne dans le domaine muséal ne datent pas d’hier. Dans son discours, Stefan Buchwald a évoqué les recherches menées conjointement par des spécialistes des deux pays, ainsi que les visites d’experts et de responsables institutionnels allemands et béninois pour découvrir leurs musées et partager leurs connaissances.

La coopération peut également s’appuyer sur les outils numériques. À ce titre, le diplomate a cité Digital Benin, une plateforme qui répertorie plus de 130 institutions réparties dans 20 pays et dont les collections comprennent des éléments du patrimoine de l’ancien royaume du Bénin. Il a estimé que le logiciel libre développé dans le cadre de ce projet pourrait aussi être utile à la République du Bénin.

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