Retour de la CAN biennale : la raison avancée par la CAF et les critiques qui visaient sa réforme

La CAN restera un rendez-vous biennal, comme depuis 1968. Le Comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF) a décidé à l’unanimité, jeudi 29 octobre 2026, que la Coupe d’Afrique des nations se jouera de nouveau tous les deux ans, selon un communiqué de l’instance. L’instance abandonne ainsi, moins d’un an après l’avoir annoncé, le cycle de quatre ans prévu à partir de 2028. Son président, Patrice Motsepe, avait annoncé ce réexamen début octobre, lors d’une conférence stratégique au Cap-Vert.

Dans le communiqué, Patrice Motsepe a défendu ce retour par l’intérêt des fédérations et des joueurs, puis par une inquiétude financière : « La décision du Comité Exécutif de la CAF de rétablir l’organisation de la CAN tous les deux ans vise à faire progresser, à protéger et à promouvoir les intérêts du football africain et des 54 Associations Membres de la CAF, ainsi que ceux des joueurs africains évoluant dans des clubs en dehors du continent. Nous étions également préoccupés par le nombre d’années nécessaires avant que la nouvelle compétition panafricaine proposée, la Ligue des Nations, conçue pour être identique à l’actuelle CAN et se disputer tous les deux ans, puisse apporter les contributions financières substantielles et les retombées nécessaires au développement du football africain ».

Le calendrier reste toutefois irrégulier. La prochaine édition aura lieu en 2027 au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda, puis le président de la CAF a précisé : « Les éditions suivantes se dérouleront en 2028, 2031 et 2033 ». Il a expliqué que la phase finale de la CAN pourrait ne pas se tenir l’année de la Coupe du monde, prévue en 2030, conformément à la tradition de la FIFA.

Des critiques dès l’annonce de la réforme

Le cycle de quatre ans avait été présenté le 20 décembre 2025 à Rabat, à la veille de la CAN au Maroc. « La CAN se tiendra tous les quatre ans à partir de 2028 afin de permettre aux sélections de mieux se préparer à cette compétition continentale », avait déclaré Patrice Motsepe.

Les critiques ont suivi dans la foulée de l’annonce. L’ancien gardien camerounais Joseph Antoine Bell a dénoncé une décision « qui prive les Africains de leur rendez-vous majeur ». Le sélectionneur du Mali, Tom Saintfiet, a estimé que la réforme profitait surtout aux poids lourds du football mondial.

Le revirement contraste avec la position que Patrice Motsepe défendait avant son élection à la tête de la CAF en 2021. La presse rapportait alors qu’il privilégiait, pour des raisons financières, une CAN tous les deux ans. Le communiqué du 29 octobre ne précise pas si la Ligue des nations africaine sera maintenue.

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