Soupçon de peste en Sibérie : la réponse ironique de la Russie à Trump

La Russie a proposé mardi 6 octobre 2026 d’envoyer des spécialistes et du matériel aux États-Unis, au lendemain de l’offre d’aide de Donald Trump à Moscou après le décès supposé d’une employée d’un institut antipeste en Sibérie. L’agence sanitaire Rospotrebnadzor affirme que son pays « est prêt à apporter son concours aux États-Unis dans la lutte contre les foyers de maladies infectieuses ». Elle renvoie ainsi à Washington son propre geste, alors que les autorités russes écartent toute épidémie de peste sur leur territoire.

Pour rappel, lundi 5 octobre, le président américain avait réagi aux informations venues de la région d’Irkoutsk: « On regarde ça de très près, on vient juste d’en entendre parler », avait-il déclaré, avant d’ajouter : « On va les aider ». L’affaire concerne une jeune femme de 28 ans, salariée de l’institut antipeste d’Irkoutsk. Les autorités russes ont évoqué une pneumonie d’étiologie indéterminée et n’a pas confirmé la peste.

Il faut dire que le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a invité la veille à se fier aux communiqués officiels plutôt qu’aux rumeurs. Et dans le district de Chelekhov, où la salariée a été hospitalisée, l’administration locale a répondu directement à Trump : « Nous nous en sortirons seuls. La situation est sous plein contrôle. »

Rougeole, typhus, peste: l’inventaire dressé par Moscou

Visiblement irrité par la proposition américaine, les russes ont répondu sèchement. Et pour justifier sa proposition, Rospotrebnadzor a dressé la liste des problèmes sanitaires américains, d’après RIA Novosti. Ainsi, l’agence note une dégradation de la rougeole dans trois États, avec quatre décès en août en Pennsylvanie. Elle ajoute sept cas de typhus exanthématique et 205 cas de fièvre typhoïde depuis janvier et cite aussi la mort d’une patiente de la peste au Nouveau-Mexique en juin.

Les données américaines confirment l’ampleur de la rougeole; ce qui a poussé la gouverneure de New York, Kathy Hochul, à décréter l’état d’urgence sanitaire le 5 octobre. L’État compte 108 cas depuis janvier, son plus haut niveau depuis 2019, et aucun décès n’y a été enregistré selon son département de la Santé. « Personne ne devrait tomber gravement malade ou mourir d’une maladie évitable par la vaccination », a déclaré Kathy Hochul.

Pour la peste, le département de la Santé du Nouveau-Mexique avait annoncé le 11 juin la mort d’une femme d’une cinquantaine d’années dans le comté de Santa Fe. C’était le premier cas humain de 2026 dans l’État, qui en avait recensé trois en 2025 et un mortel en 2024. Rospotrebnadzor précise, chiffres des CDC à l’appui, que les États-Unis enregistrent en moyenne sept cas de peste par an. Il ne s’agit donc pas d’un foyer massif.

Laisser un commentaire