Uranium : le Niger accélère les échanges avec la Russie après avoir accusé la France à l'ONU

Niamey renforce ses liens avec Moscou dans le domaine de l’uranium, quelques jours après avoir mis Paris en cause devant les Nations unies. Le 1er octobre 2026, le ministre nigérien des Mines, le Commissaire-Colonel-Major Ousmane Abarchi, a reçu à Niamey les représentants d’Uranium One Group et de TENEX, deux sociétés russes liées au groupe public Rosatom. La rencontre visait à faire le point sur les projets miniers engagés avec la Russie.

Le 26 septembre, lors de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale de l’ONU à New York, le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine avait accusé la France d’avoir délibérément désorganisé l’exploitation des sites uranifères au moment de son départ du Niger. Dénonçant une injustice historique, il a rappelé que l’uranium nigérien avait éclairé les villes européennes pendant que celles du Niger restaient dans l’obscurité. « Cette injustice a désormais pris fin, c’est terminé », a-t-il déclaré. La France n’avait pas réagi à cette accusation.

Un mémorandum à concrétiser

Les discussions avec les partenaires russes ont porté sur la mise en œuvre des projets prévus par le mémorandum d’entente conclu entre le ministère des Mines et Uranium One Group. Selon le ministère, la rencontre a permis de faire le bilan sur les engagements pris avec la partie russe et sur la poursuite de leur exécution. Il considère que cette coopération ouvre la voie à un partenariat durable fondé sur « le respect des intérêts mutuels ».

Cet échange reflète une rupture avec Paris. Le Niger avait retiré à Orano le permis du gisement d’Imouraren. Le groupe français avait par la suite suspendu sa production à la Somaïr à partir du 31 octobre 2024, faute de pouvoir exporter. Les autorités nigériennes ont ensuite nationalisé la Somaïr en juin 2025.

Près de 1 000 tonnes de concentré d’uranium sont transférées de la Somaïr vers Niamey, et sont proposées à la vente. Ce transfert a eu lieu malgré une décision du CIRDI qui interdisait au Niger de vendre ou de transférer cet uranium. Le ministre nigérien des Mines Abarchi a affirmé que son pays pouvait vendre à qui il voulait, tout en précisant que Niamey discutait avec les Russes.

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