Uranium : à l'ONU, le Niger accuse la France d'avoir saboté les installations avant son départ

Le Premier ministre nigérien, Ali Mahaman Lamine Zeine, s’est exprimé le 26 septembre lors de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies. Dans un discours sur la souveraineté du pays sur ses ressources naturelles, il a formulé une nouvelle accusation contre Paris : au moment de son départ du Niger, la France aurait délibérément désorganisé l’exploitation des sites uranifères. La France n’a pas encore réagi à cette accusation.

Un contentieux ancien entre Niamey et Paris

Cette sortie fait suite à une escalade entre les deux pays depuis 2023. Après avoir retiré à Orano son permis d’exploitation du gisement d’Imouraren, puis pris le contrôle opérationnel de la Somaïr fin 2024, les autorités nigériennes avaient officialisé la nationalisation du site en juin 2025, dénonçant le comportement « irresponsable, illégal et injuste » d’une entreprise « détenue par l’État français ».

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Le différend s’est ensuite envenimé sur la question d’un stock d’uranium disparu du site d’Arlit. Fin novembre 2025, Orano avait dénoncé le départ d’un chargement d’uranium sans son accord, en violation d’une décision arbitrale internationale rendue en sa faveur. Une enquête pour vol en bande organisée au profit d’une puissance étrangère avait alors été ouverte à Paris. Niamey avait rejeté toute accusation de vol, réaffirmant sa souveraineté sur les ressources extraites depuis la nationalisation. Les tensions s’étaient encore aggravées début décembre 2025, lorsque le Niger avait accusé Orano de pollution radioactive sur le site de Madaouela — une accusation que le groupe français avait démentie, affirmant ne détenir aucun permis d’exploitation sur ce site et n’y avoir mené aucune opération.

« Cette injustice a désormais pris fin »

Lamine Zeine est revenu sur des accusations françaises de vol d’uranium visant son pays, qu’il a qualifiées d’« histoires ». Il a affirmé qu’« en partant de chez nous, ils ont tout débranché », laissant entendre que les installations avaient été volontairement mises hors d’usage par les Français avant leur départ. Il a précisé que le Niger avait dû investir environ trente milliards de francs CFA pour relancer la production, entièrement assurée par des agents de maîtrise et des ingénieurs nigériens, « pas un seul étranger ». Le stock actuel d’uranium, a-t-il insisté, « appartient à notre pays » et sera vendu « à tout celui qui souhaite l’acheter en toute transparence ».

Devant les représentants des Nations unies, le chef du gouvernement nigérien a dressé le bilan de plus de cinquante ans d’exploitation de l’uranium du pays par les intérêts français. « Pendant plus d’un demi-siècle, l’uranium du Niger a éclairé les villes d’Europe tandis que les nôtres restaient dans l’obscurité », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « Cette injustice a désormais pris fin, c’est terminé. »

Selon le Premier ministre, les ressources du pays sont « désormais gérées par nous-mêmes et pour nous-mêmes », et Niamey entend commercialiser son uranium « sur le marché international en toute transparence », dans le respect des obligations de non-prolifération nucléaire.

Contrairement aux précédents épisodes de cette controverse, au cours desquels Orano et les autorités françaises avaient généralement répondu aux accusations nigériennes, ni Paris ni Orano n’ont réagi, à ce stade, à l’accusation de sabotage formulée par Lamine Zeine à la tribune des Nations unies.

2 commentaires sur « Uranium : à l'ONU, le Niger accuse la France d'avoir saboté les installations avant son départ »

  1. Déjà-vu en Guinée poste coloniale.

    C’est pour cela qu’il est important de connaître son histoire vraie. Ce que le colon français ne veut pas.

    Répondre

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