Les États-Unis ont demandé à leurs ressortissants, mercredi 4 novembre, d’éviter les manifestations en France à la veille de la grève nationale. Dans un message publié sur X par TravelGov, le département d’État américain a écrit : « Des manifestations, des rassemblements et des défilés se poursuivent partout en France. Une grève nationale multisectorielle est prévue jeudi 5 novembre et touchera les enseignants, les personnels de santé, les agents de l’État et les transports publics. Les quatre plus grands syndicats de cheminots ont appelé à une grève nationale commune ».
Washington a ensuite averti que « les parcours récemment approuvés pour les manifestations se situent en dehors des centres-villes, mais des manifestations peuvent se produire hors des itinéraires prévus. Les dernières manifestations ont été violentes et ont entraîné des destructions de biens et des pillages ». Il a aussi précisé que « les décisions de couvre-feu sont prises localement et peuvent être mises en œuvre avec un court préavis », avant de conclure : « Évitez les zones de manifestation ou les grands rassemblements ».
Le 17 octobre, des manifestations devenues violentes
Cet avertissement fait directement référence aux violences du 17 octobre. En effet, la mobilisation sur le pouvoir d’achat et les conditions dans les écoles a réuni ce jour-là 550 000 personnes selon les autorités, 800 000 selon les organisateurs, avant de dégénérer à Paris, Marseille, Bordeaux et Limoges. Des commerces y ont été pillés et des incendies allumés, ce qui a conduit à près de 2 400 interpellations et à environ 1 000 policiers et gendarmes blessés, selon le ministère de l’Intérieur.
Le président Emmanuel Macron a réagi le lendemain en dénonçant « colère et honte » devant ces scènes, puis il a refusé la démission du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez et lui a demandé de faire toute la transparence sur la réponse des forces de l’ordre.
Malgré ce climat, les syndicats ont maintenu la grève du 5 novembre, convoquée par cinq confédérations sur les salaires, les retraites, les services publics et les coupes budgétaires prévues.
