France : un quadragénaire condamné pour des menaces de mort visant des musulmans sur Facebook

Le tribunal correctionnel de Nantes a condamné lundi 3 novembre 2026, en France, un habitant de Legé (Loire-Atlantique) âgé de 45 ans à six mois de prison avec sursis, selon France 3 Pays de la Loire. Il avait publié sur Facebook des menaces de mort contre les musulmans, puis la plateforme PHAROS a reçu un signalement qui a conduit à son interpellation le vendredi 30 octobre. Jugé en comparution immédiate, il comparaissait une semaine après l’attentat raciste de Trappes, qui a coûté la vie à un jeune homme de 26 ans.

Un prévenu seul devant CNews

Technicien de maintenance, le prévenu a expliqué à l’audience qu’il allumait CNews en rentrant du travail. Il a reconnu que ces émissions l’affectaient, « ça me monte un peu trop au cerveau, je suis une éponge », et il a ajouté qu’il buvait « une ou deux bières » ou « un verre de rouge » pour tromper sa « solitude ». Sa défense a donc présenté son compte Facebook comme « un exutoire » et comme une sorte de « journal intime », plutôt que comme la preuve d’une volonté réelle de passer à l’acte.

Une mise en scène selon le parquet

La procureure de la République a défendu une autre lecture. Elle a dénoncé une « mise en scène » de la part d’un prévenu « alimenté quotidiennement par des chaînes d’information en continu » et par leur « abondance d’informations haineuses », avant de souligner qu’il avait « fait le choix de laisser son profil ouvert ». Ses messages restaient ainsi visibles de tous les internautes, ce qui a pesé dans l’appréciation de leur gravité. Le tribunal a retenu les menaces de mort à caractère raciste et prononcé six mois de prison, assortis du sursis.

Le contexte national explique l’attention portée à ce dossier. Le vendredi 23 octobre, un homme de 39 ans a ouvert le feu à Trappes et à La Verrière, dans les Yvelines, et il a tué Pengo Bossio Wangi, un combattant de MMA de 26 ans, avant de blesser sept personnes, dont une fillette de 12 ans.

Le procureur national antiterroriste, Olivier Christen, a indiqué que le suspect, mis en examen et placé en détention provisoire, avait reconnu avoir « spécifiquement ciblé des personnes (…) de type musulman ou africain ou nord-africain » et choisi Trappes, qu’il considérait comme « un repaire d’islamistes ». Le Parquet national antiterroriste conduit l’enquête, tandis que le Premier ministre Sébastien Lecornu doit présider un hommage national, dont la date reste à fixer.

Le père de la victime, Bolema Bossio Wangi, a demandé que cette cérémonie soit « l’occasion d’une véritable prise de conscience et d’un engagement contre le racisme ».

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