L’Algérie intensifie son implication dans les enjeux sécuritaires du Sahel. Après avoir renforcé sa coopération militaire avec le Niger, Alger semble désormais privilégier la voie diplomatique pour rapprocher Niamey et N’Djamena, dont les relations sont marquées par des tensions.
C’est certainement dans cette perspective qu’Ahmed Attaf, ministre algérien des Affaires étrangères, a effectué une visite au Tchad puis au Niger. En effet, mardi 3 novembre 2026, il s’est rendu à N’Djamena en qualité d’envoyé spécial du président Abdelmadjid Tebboune où il a été reçu par le président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno. Le lendemain, mercredi 4 novembre, le chef de la diplomatie algérienne a poursuivi son déplacement à Niamey, où il a été accueilli par son homologue nigérien, Bakary Yaou Sangaré.
Pour rappel, cette double étape intervient dans un contexte particulier. En effet, les relations entre Alger et Niamey se sont considérablement renforcées sur le plan militaire ces derniers mois. Au lendemain de la mutinerie d’août dernier, l’Algérie avait dépêché plusieurs avions militaires au Niger. Plus récemment, le Parlement algérien a autorisé l’envoi de soldats sur le territoire nigérien, avec l’arrivée signalée d’un premier contingent fin octobre.
Cependant, cette présence militaire s’accompagne désormais d’une démarche diplomatique. Le passage successif d’Ahmed Attaf dans les deux capitales pourrait ainsi ouvrir la voie à une désescalade entre les deux pays et renforcer le rôle de l’Algérie dans les équilibres régionaux du Sahel.
