À l’approche des élections générales de 2026, le Bénin, reconnu autrefois pour ses avancées démocratiques, semble se retrouver dans un climat de tension, de méfiance et de suspicion. Alors que le pays se prépare à renouveler ses élus, l’atmosphère politique est marquée par une inquiétude croissante, notamment parmi les acteurs de la Société civile et de l’opposition. Les élections au Bénin, souvent perçues comme un symbole de la consolidation démocratique en Afrique de l’Ouest, sont aujourd’hui entourées de craintes surtout dans le camp de l’opposition. La loi sur le Code électoral, qui a modifié les conditions d’éligibilité des élus des partis politiques, a renforcé cette crainte. Les partis d’opposition, qui s’estiment marginalisés, dénoncent des manœuvres politiques visant à assurer la victoire de l’actuel régime. Les réformes successives ont entraîné des interrogations au sein de la population, qui accorde une attention croissante aux prochaines élections. L’introduction de nouvelles pratiques et les débats autour des règles du jeu électoral suscitent des questionnements. Par ailleurs, des appels à la vigilance citoyenne se multiplient, traduisant une volonté d’engagement dans le processus démocratique.
Opinion
Yayi et Soglo annoncés au Niger : Que sont devenues les conclusions de la 1ère visite ?
Depuis le coup d’État militaire au Niger en juillet 2023, les relations diplomatiques entre le Bénin et le Niger ont été mises à rude épreuve. Les tensions se sont intensifiées, affectant divers secteurs, notamment l’économie et la sécurité. Dans ce contexte délicat, les anciens présidents béninois Nicéphore Soglo et Thomas Boni Yayi ont entrepris des missions de médiation pour apaiser les tensions et restaurer les liens historiques entre les deux nations. Les présidents Nicéphore Dieudonné Soglo et Thomas Boni Yayi sont invités à nouveau par le président de la transition du Niger Abdourahamane Tiani dans le cadre du rétablissement des relations entre le Bénin et le Niger. L’annonce a été faite le lundi 10 mars 2025 sur RFI par l’ancien président Nicéphore Soglo en personne. En effet, le 26 juillet 2023, le général Abdourahamane Tiani a pris le pouvoir au Niger à la suite d’un coup d’État, renversant le président démocratiquement élu Mohamed Bazoum. Cette prise de pouvoir a été condamnée par la communauté internationale, notamment par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), qui a imposé des sanctions économiques et diplomatiques au Niger. Le Bénin, membre de la Cedeao, a initialement soutenu ces sanctions, ce qui a conduit à une détérioration des relations avec le Niger. La fermeture des frontières terrestres et le blocage des exportations de pétrole nigérien via le pipeline traversant le Bénin ont exacerbé les tensions.
Bénin : entre avancées notables et critiques sur la gouvernance démocratique
Lorsque Patrice Talon accède à la présidence du Bénin en avril 2016, il se présentait comme l’homme du renouveau, promettant des réformes profondes pour moderniser le pays. Près de dix ans plus tard, son bilan est contrasté : si des avancées notables ont été enregistrées sur le plan économique et infrastructurel, sa gouvernance a souvent été accusée d’être autoritaire. Des rapports internationaux présentent sa gouvernance sous un angle différent de celui qui est vanté par ses partisans. Dès son arrivée au pouvoir, Talon met en place un vaste programme de modernisation des infrastructures. Son plan d’action gouvernemental prévoit notamment l’asphaltage des principales voies urbaines, la construction de nouveaux hôpitaux et de marchés modernes, ainsi que le renforcement du réseau électrique national. L’un des projets phares est la zone industrielle de Glo-Djigbé, destinée à transformer l’économie du pays en favorisant la transformation locale des matières premières. Sur le plan macroéconomique, les finances publiques ont été assainies. Le gouvernement lutte contre la corruption et le détournement des ressources publiques, améliorant ainsi la notation financière du Bénin sur les marchés internationaux. Le climat des affaires s’est également amélioré, de grandes facilités pour les investisseurs. Aujourd’hui, tous les béninois s’accordent sur la bonne qualité des infrastructures et les avancées visibles dans la conduite des procédures administratives. Mais cette belle image ne serait que l’arbre qui cache la forêt.
Guinée Bissau : Emballo, chantre de l'intervention militaire contre le Niger, chasse la CEDEAO
La situation en Guinée-Bissau prend une tournure inattendue. Jadis partisan d’une intervention ferme – comme lors du coup d’État au Niger où il appelait à des mesures militaires pour rétablir l’ordre – le président Umaro Sissoco Emballo oppose aujourd’hui son refus de toute médiation externe. L’expulsion nette d’une délégation de la CEDEAO, venue en collaboration avec l’ONU pour désamorcer la crise électorale, illustre de manière saisissante ce paradoxe.
Diversité animale en Afrique : perspectives de revenus inspirées par le modèle chinois
L’Afrique se distingue par une richesse faunique exceptionnelle, regroupant des centaines d’espèces qui contribuent à un patrimoine naturel unique. Ce continent recèle un potentiel économique largement sous-exploité, notamment en ce qui concerne la valorisation monétaire de sa biodiversité. Actuellement, de nombreux programmes de préservation et d’exposition profitent majoritairement à des organismes et à des zoos occidentaux, laissant de côté la possibilité de rediriger ces revenus vers les économies locales. Une stratégie de gestion intégrée, qui s’inspirerait de modèles internationaux, pourrait permettre à l’Afrique de tirer profit de sa diversité animale tout en favorisant un développement économique durable.
Bénin: Pourquoi l'interdiction de certaines activités de l'opposition ?
Les élections de 2026, qui approchent à grands pas, suscitent une attention particulière. Dans un système démocratique, le respect des droits politiques et des libertés individuelles constitue un principe fondamental permettant une compétition équitable entre les partis politiques. Toutefois, certaines décisions limitant les activités des partis d’opposition suscitent des interrogations quant à la garantie d’un espace d’expression ouvert à toutes les sensibilités politiques.
Bénin: Pour qui roule Richard Boni Ouorou?
Depuis qu’il a été « autorisé » à rentrer au bercail, le politologue Richard Boni Ouorou tisse sa toile au pas de charge. Rencontres avec les communautés et les chefs religieux du septentrion, séminaires de formation politique, dons et libéralités. Bref, un savant mélange d’éducation civique, sociale et politique. Tout ça pourquoi? Et pour qui? Richard Boni Ouorou au pas de course. Élections générales de 2026 oblige. Depuis qu’il a transformé son mouvement les « Terriens » en Ligue d’initiative bénévole pour l’éducation et l’action libérale (Libéral) en décembre 2023, l’homme se démultiplie sur le terrain. Ce politologue communicateur âgé de 49 ans, que l’on dit proche du Premier ministre canadien Justin Trudeau, est un activiste bien connu des internautes béninois. Auteur d’un récent ouvrage au titre évocateur « Projet pour un Bénin démocratique » paru aux éditions l’Harmattan, il en est à son deuxième exercice du genre. Richard Boni Ouorou est détenteur d’une maîtrise en ingénierie commerciale à HEC Abidjan et d’une autre en science politique à l’université de Montréal. A chaque déplacement dans le septentrion surtout, où il cherche à se faire une place dans l’arène politique, il attire plus ou moins les foules surtout les curieux, leur tend la main et les téléphones immortalisent les instants. Marche après l’autre, il laboure son terrain et dans cette déambulation, il partage la vision du mouvement Libéral qui pour lui, n’est pas dans la lutte radicale et belliqueuse.
Bénin : A quand la relecture du code électoral ?
Le Bénin se prépare activement pour les élections générales de 2026, une échéance cruciale pour la consolidation de sa démocratie. Parmi les initiatives entreprises, l’audit du fichier électoral occupe une place prépondérante. Cependant, au-delà de cette démarche technique, la question de la relecture du code électoral pour garantir un scrutin véritablement inclusif en 2026, suscite un débat intense au sein de la classe politique et de la Société civile béninoise. En 2023, à la suite d’une requête du parti d’opposition Les Démocrates, le président Patrice Talon a donné son accord pour la réalisation d’un audit du fichier électoral. Cette décision visait à renforcer la transparence et la fiabilité du processus électoral. Un comité de pilotage, composé de membres issus de la Société civile, et d’experts, a été mis en place pour superviser cette opération. Lors d’une rencontre avec ce comité en février 2025, le président Talon a réaffirmé son engagement en faveur de cet audit, tout en insistant sur son caractère technique et scientifique, éloigné de toute considération politique. Le comité s’est engagé à faire son travail de façon impartiale, une étape cruciale pour la préparation des élections de 2026.
2nd mandat de Trump : le retour de la loi du plus fort, quel risque pour l'Afrique ?
Depuis son second mandat, Donald Trump a fait renaître un discours expansionniste, évoquant la réappropriation d’infrastructures stratégiques comme le canal de Panama, l’annexion économique du Canada ou encore l’acquisition coercitive du Groenland. Si ces revendications se concentrent sur l’hémisphère nord, elles posent également une question cruciale pour l’Afrique, un continent dont de nombreuses infrastructures ont été construites durant l’ère coloniale par la France et le Royaume‑Uni.
Bénin : Talon désavoue les apôtres du 3è mandat
Face au comité de pilotage de l’audit du fichier électoral, le président Talon a tenu un discours teinté d’humilité et de pragmatisme. Il a notamment évoqué un regain de vertu qui caractérise la fin d’une mission et annoncé sa disponibilité pour tout ce qui va dans l’intérêt de la nation. Avec cette posture du chef de l’Etat, on se demande si déjà le Bénin bascule dans une nouvelle dynamique politique et s’il s’agit d’un mea culpa du président au peuple béninois. Mais en toile de fond, Patrice Talon met fin à la polémique du 3ème mandat. Le président de la République du Bénin, Patrice Talon, a tenu une rencontre avec le comité de pilotage de l’audit du fichier électoral. Cette rencontre, marquée par des déclarations fortes, semble résonner comme un acte de contrition de la part du chef de l’État. Mais au-delà, les propos tenus lors de ces échanges avec Jean-Baptiste Elias et ses compagnons ouvrent la voie pour une nouvelle dynamique politique au Bénin.