En décembre 2017, le Bénin adoptait la loi N°2017-39 interdisant la production, l’importation, la commercialisation, la détention et l’utilisation des sachets plastiques non biodégradables. Cette initiative, saluée à l’époque comme une avancée majeure pour la protection de l’environnement, visait à réduire la pollution plastique et ses effets néfastes sur la santé et l’écosystème. Cependant, quelques années après son adoption, la mise en œuvre de cette loi semble rencontrer des défis. Aujourd’hui plus que jamais, les sachets plastiques non biodégradables circulent au Bénin. Ils encombrent la circulation, même dans les grandes villes et se retrouvent collés régulièrement aux motos ou aux pare-brises des voitures en circulation. Pourtant, la loi de 2017 prévoyait des sanctions sévères pour les contrevenants, allant de cinq à cinquante millions de francs CFA d’amende, assorties de peines d’emprisonnement de trois à six mois, voire le double en cas de récidive. Malgré ces dispositions, l’utilisation des sachets plastiques non biodégradables reste courante dans les marchés, les rues et les foyers béninois. Des études menées par WACA Countries sur le plastique, révèlent que le Bénin produit environ 139 000 kg de déchets plastiques par jour, une quantité alarmante pour un pays ayant interdit ces produits.
Opinion
Dépigmentation des nouveau-nés : une atteinte à l’intégrité et à l’avenir des enfants
Au Bénin, la dépigmentation volontaire de la peau, également appelée « blanchiment de la peau« , demeure une pratique largement répandue, en dépit des nombreuses campagnes de sensibilisation et des mesures réglementaires mises en place pour en limiter l’usage. Ce phénomène, qui touche principalement les femmes, mais aussi une proportion croissante d’hommes, soulève des préoccupations majeures en matière de santé publique et d’identité culturelle. Le drame depuis quelques années, c’est la dépigmentation des nouveau-nés.
Attaques terroristes au Bénin : après l’émotion, les vrais défis à relever
Le 17 avril 2025, le Bénin a été frappé par l’attaque terroriste la plus meurtrière de son histoire récente. Dans le parc national du W, à la frontière avec le Niger et le Burkina Faso, 54 soldats béninois ont perdu la vie lors d’une embuscade revendiquée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda. Cette tragédie a mis en lumière les failles de la coopération régionale en matière de sécurité, pointant les tensions diplomatiques entre le Bénin et ses voisins sahéliens. Mais après les nombreuses réactions, il faut maintenant faire face aux vrais défis.
UPR: malaise grandissant dans les rangs
Le parti Union Progressiste le Renouveau (UP-R), membre influent de la majorité présidentielle au Bénin, traverse une période de turbulences internes. Depuis la dénonciation faite par le député Dolénix Kogblévi jusqu’à la prise de position de Me Adrien Houngbédji en passant par la suspension du chef d’arrondissement de Glo-Djigbé et les démissions en cascade enregistrées dans ces rangs, tout donne l’impression que ce parti est secoué par une crise interne qui pourrait bien lui nuire plus tard. Le 6 avril 2025, le Chef d’Arrondissement (CA) de Glo Djigbé, dans la commune d’Abomey-Calavi, a été suspendu de ses fonctions. Cette décision a été interprétée comme une sanction politique, en raison de présumés critiques au sujet de la gestion du pouvoir. Selon certains cadres du parti dont le député Victor Tokpanou, « cette sanction est profondément injuste ». L’élu de la 6è circonscription estime « qu’il y a incontestablement une cabale au niveau local qui est préjudiciable au rassemblement et aux défis qui se présentent au parti ». Pour lui, le CA devrait être rétabli dans ses droits.
Rapprochement Houngbédji - Les Démocrates: une coalition en gestation pour 2026 ?
Depuis quelques semaines, la scène politique béninoise est animée par une nouvelle dynamique qui fait couler beaucoup d’encre : un rapprochement stratégique entre le président Adrien Houngbédji et Les Démocrates, considéré comme le principal parti d’opposition. On se demande si c’est le présage d’une coalition future pour les élections de 2026. Le rapprochement entre le président Adrien Houngbédji et Les Démocrates de l’ancien président Boni Yayi a surpris plus d’un. Les deux camps ont souvent évolué sur des lignes opposées. Le Prd, qui avait fusionné avec l’Union progressiste pour devenir l’Union progressiste le Renouveau (UpR) de la la majorité présidentielle, a longtemps entretenu une posture de soutien aux actions de Patrice Talon. De son côté, Les Démocrates ont incarné une opposition frontale, voire radicale, au régime de la Rupture. Le vice-président du parti LD, Nouréni Atchadé, à la faveur de l’audience accordée, il y a quelques jours par le président Adrien Houngbédji, a déclaré que le combat est commun, les idéaux aussi. Par conséquent, en lisant entre les lignes, et puisque selon Bertin Koovi, il n’existe aucun document qui atteste de la dissolution du Prd, on se demande si un accord de gouvernance n’est pas en préparation.
Critiques répétées de Me Adrien Houngbédji : Un malaise dans le camp Talon ?
Depuis le 1er février dernier, après la visite de l’ancien Président Boni Yayi à son domicile pour la présentation des vœux du nouvel an, l’ancien Président de l’Assemblée nationale du Bénin, Me Adrien Houngbédji, multiplie les critiques à l’encontre du régime de la Rupture. Ces prises de position, souvent acerbes, ont suscité des réactions au sein de la classe politique béninoise. Certains y voient le signe d’un malaise grandissant au sein du camp présidentiel, voire le prélude à une rupture définitive. Jusqu’à présent allié du président Talon, Me Adrien Houngbédji qui a longtemps soutenu les réformes entreprises par le régime de la Rupture n’est plus tout à fait d’accord avec le mode de gouvernance. Depuis début 2025 en effet, il a amorcé un virage politique en critiquant ouvertement la gouvernance actuelle. Lors de la présentation de ses vœux du nouvel an aux militants du Parti du Renouveau Démocratique (Prd), il a appelé à la réconciliation nationale, à la libération des prisonniers politiques et au retour des exilés, soulignant la nécessité d’une approche inclusive pour garantir la stabilité du pays. Quelques jours plus tard, l’homme reviendra encore à la charge à l’occasion d’une sortie médiatique pour demander la mise en œuvre d’une démocratie inclusive. Et comme pour rester fidèle à sa nouvelle logique, Adrien Houngbédji a encore saisi l’occasion du sommet de la jeunesse béninoise, pour demander une relecture du code électoral qu’il juge exclusif, la libération des prisonniers politiques, le retour au pays des exilés et la possibilité pour tous les Béninois désireux de se présenter aux prochaines élections sans aucune contrainte. Ce changement de position a été perçu par certains observateurs comme une remise en cause des fondements du régime de la Rupture. Pourtant, Me Houngbédji avait été un fervent défenseur de ces réformes, les ayant même portées et votées lorsqu’il était président de l’Assemblée nationale. Ce retournement suscite des interrogations sur ses motivations réelles.
Absence de candidats déclarés aux élections de 2026 au Bénin : un fait inédit à moins d'un an du scrutin
À moins d’un an des élections générales prévues pour avril 2026, le Bénin se trouve dans une situation inédite : l’absence quasi totale de candidats déclarés. Cette situation, une première depuis l’adoption du régime du renouveau démocratique, soulève des interrogations sur les raisons d’un tel silence politique.
Candidature commune Talon-Yayi: la difficile équation
Depuis que le président Patrice Talon a lancé l’hypothèse d’une candidature commune avec son ancien alter ego Boni Yayi pour la présidentielle de 2026, l’idée a fait son petit bout de chemin dans l’esprit de certains Béninois. Puis, d’autres se sont mis à en douter, tant ces deux personnalités ont été cordialement en mésintelligence. Patrice Talon en veste et cravate assis, dans une salle du Palais de la Marina, en face de Boni Yayi dans une ambiance feutrée. Ou encore les deux hommes en tête-à-tête dans un salon privé de l’un d’eux, en tenue décontractée, un verre de champagne en main devant une cuisine du terroir ou des saveurs d’ailleurs. Que font-ils ? Ils devisent tranquillement du sort de leur pays pour les années à venir. Objectif : choisir un seul et même candidat pour l’élection présidentielle de 2026. Qui pourrait envisager une telle scène à l’heure actuelle dans notre pays, tant les tensions entre ces deux hommes politiques se sont crispées et même exacerbées ces deux dernières décennies ? C’est pourtant un tel scénario qui pourrait surprendre et advenir dans les prochaines semaines. En effet, cette idée qui a vu le jour lorsque dans une interview récente accordée à un magazine panafricain, le président Patrice Talon a laissé croire à une candidature entre lui et son ancien « meilleur ami » Boni Yayi avec qui, il s’est farouchement brouillé entre-temps, commence à se propager au sein de l’opinion. A regarder de près, cette idée n’est pas saugrenue. Au contraire, elle est plutôt très intéressante. Tout le monde le sais, même ses pires ennemis : Patrice Talon ne prononce aucune phrase sans l’avoir longuement pensée, minutieusement réfléchie et sérieusement mûrie. Par conséquent, cette hypothèse de désignation d’une candidature commune vaut son pesant d’or. Sauf que depuis le 14 mars dernier, date de la publication de ces déclarations jusqu’à ce jour, personne n’en a fait écho. Elles n’ont suscité aucune réaction ou commentaire, aucune confirmation ou rejet, ni du côté du principal intéressé Boni Yayi et les responsables de son parti Les Démocrates, ni de ceux de la majorité présidentielle. De plus, aucune oreille indiscrète n’a fait état de quelconques tractations sous-jacentes qui seraient en train d’être menée. Alors, des interrogations tournent en boucle dans la tête de plusieurs personnes.
Elections générales de 2026 : Quelles chances pour les accords de gouvernance entre partis
À moins d’un an des élections générales prévues en 2026 au Bénin, le paysage politique est en pleine effervescence. Les récentes réformes électorales et leurs exigences laissent entrevoir la possibilité d’accords de gouvernance entre partis, tant du côté de la majorité que de l’opposition pour affronter les différents scrutins de cette échéance. Cependant, ces alliances potentielles sont confrontées à de nombreux défis. La modification du code électoral en mars 2024 a introduit des conditions plus strictes pour les partis politiques. Désormais, pour obtenir des sièges à l’Assemblée nationale, un parti doit recueillir au moins 20 % des suffrages dans chacune des 24 circonscriptions électorales. Mais en cas d’accord de gouvernance, il ne sera exigé que 10% de suffrage au plan national pour les parties à l’accord. Avec ces réformes, les partis politiques sont contraints à des accords de gouvernance comme souhaité par la loi pour se faciliter la tâche. Dans le schéma actuel et sauf cataclysme de dernière minute, deux alternatives sont probables. Il s’agit d’un accord entre les partis de la majorité présidentielle et un autre accord entre partis se réclamant de l’opposition. Si ces accords arrivaient à se conclure, quelles chances ont-ils de prospérer ? C’est la question que se posent aujourd’hui les Béninois.
Bénin: Adrien Houngbédji prône une démocratie inclusive
Après les critiques ouvertes à l’encontre du pouvoir dont il est pourtant partisan en février dernier, le président de l’ex-parti du renouveau démocratique Prd est revenu à la charge ce 15 avril. Profitant de la tribune du sommet des jeunes, l’ancien président de l’Assemblée nationale a lancé un appel solennel à l’unité nationale et à la réconciliation politique au Bénin. Cet appel s’inscrit dans un contexte marqué par des tensions politiques internes, des divisions au sein de la classe politique. Ces propos, au-delà de leur caractère de simple plaidoyer, sonnent comme un avertissement à toute entreprise « d’exclusion » aux élections de 2026. Dans son intervention de février dernier, Me Adrien Houngbédji avait souligné que la situation politique actuelle du Bénin est le résultat de « l’exclusion politique ». Dans la même logique, le partisan de Patrice Talon est revenu cette fois sur la nécessité d’ouvrir le jeu électoral afin de permettre à tous ceux qui désirent d’y participer. « Laissez tout le monde être candidat. En 2019, nous avons fait des élections wahala. Prônons pour des mesures applicables à tout le monde pour éviter des crises. Il faut forcément que l’opposition aille aux élections. Il n’y a pas de démocratie sans opposition ». Adrien Houngbédji insiste ainsi sur la nécessité d’un dialogue inclusif pour restaurer la paix sociale et politique dans le pays. Ces propos viennent en complément de la déclaration de février 2025. « Ce qui me préoccupe, c’est qu’il ne faut pas que quelqu’un entre par la droite et que l’autre sorte par la gauche. Nous devons rester toujours rassemblés pour construire ensemble le pays», disait Houngbédji. L’ancien président de l’Assemblée nationale avait également plaidé pour la libération des « prisonniers politiques » et le retour des exilés, affirmant que l’avenir du pays ne pouvait se construire dans la division.