Bénin : Le piège qui guette la Cour Constitutionnelle

Bénin : Le piège qui guette la Cour Constitutionnelle

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Par décision Dcc 17-039 du 23 février 2017, la Cour Constitutionnelle a déclaré contraire à la Constitution, la loi n°2016-24, sur le Partenariat Public-Privé (Ppp) en République du Bénin, au motif que le président Talon a violé les articles 121 et 124 de notre Constitution.

L’assemblée Nationale, conformément à la loi, est appelée à revoir la copie avant de la transmettre de nouveau à la Cour Constitutionnelle. Et c’est justement à ce niveau qu’on peut craindre le piège. Selon les analyses de l’expert en partenariat Public-Privé, M. Rémi Stanislas Danfongnon, une telle loi pourrait favoriser l’impréparation des projets, l’inadéquation de ceux-ci aux besoins des autorités contractantes et des usagers, les surcoûts inévitables et la conclusion de contrats voués à l’échec.

Il estime que le même constat s’impose en ce qui concerne le traitement des offres spontanées. Il convient de constater l’inconstitutionnalité, notamment des articles 12 et 13 de la loi n°2016-24. De plus, les nombreuses imprécisions et erreurs juridiques relevées dans la loi, introduisent une insécurité juridique susceptible de générer des recours coûteux pour les autorités contractantes. Toutes ces insuffisances devraient amener la Cour Constitutionnelle à rester vigilante, car le texte renvoyé par le parlement est la copie conforme de celui déclaré contraire à la Constitution, dans la décision Dcc 17-031

Pourquoi la Cour Constitutionnelle doit rejeter pour inconstitutionnalité certains articles et dispositions de la loi sur le PPP

La Cour constitutionnelle, dans sa décision du 23 février 2017, a considéré que «le requérant a essentiellement fondé son recours sur des éventualités décrivant d’une recherche, quelque peu forcée, de référents étrangers, régionaux, internationaux et en d’autres matières dont le droit administratifsans évoquer des dispositions constitutionnelles en soutien au fond de ses prétentions. L’éventualité et les systèmes de droit étranger ne sauraient fonder le recours en inconstitutionnalité d’une loi interne».

En conséquence il est proposé de présenter plus explicitement les violations aux dispositions de l’article 107 de la Constitution et aux principes constitutionnels de la commande publique.

I Sur la violation de l’article 107 de la Constitution
Règle de droit

Aux termes de l’article 107 de la Constitution du Bénin, «Les propositions et amendements déposés par les députés ne sont pas recevables lorsque leur adoption aurait pour conséquence soit une diminution des ressources publiques, soit la création ou l’aggravation d’une charge publique, à moins qu’ils ne soient accompagnés d’une proposition d’augmentation de recettes ou d’économies équivalentes».

Application à l’espèce

Le processus de mise en œuvre des partenariats public-privé (PPP) est en l’espèce caractérisé par une absence d’identification des différentes étapes liées à la planification des projets susceptibles d’être réalisés en PPP  et une absence du contenu précis des études nécessaires à sa réalisation.

La loi, par le processus de mise en œuvre des PPP incomplet et peu exigeant prévu à l’article 12, est susceptible de favoriser, comme le démontre de nombreuses études internationales portant sur les retours d’expérience2 , l’impréparation des projets, l’inadéquation des projets aux besoins des autorités contractantes et des usagers, les surcoûts inévitables et la conclusion de contrats voués à l’échec se soldant par des résiliations coûteuses pour les autorités contractantes.

Le même constat s’impose en ce qui concerne le traitement des offres spontanées. Il résulte en effet de l’article 13 que les études préalables des projets issus des offres spontanées seraient produites par les opérateurs économiques, sans qu’une contre-expertise soit à minima réalisée par les autorités contractantes. Cette situation est susceptible de favoriser, comme le démontrent les nombreuses études internationales sur les offres spontanées, le surenchérissement des projets, le plus souvent inadaptés aux besoins des autorités contractantes et aux usagers.

Les surcoûts générés par ces projets et les conséquences financières des résiliations sont de nature à aggraver la charge publique, en violation des dispositions de l’article 107 de la Constitution. En conséquence, il convient de constater l’inconstitutionnalité notamment des articles 12 [s’agissant du processus PPP] et 13 [s’agissant des offres spontanées] de la loi n° 2016-24.

De plus, les nombreuses imprécisions et erreurs juridiques3  relevées dans la loi n° 2016-24 introduisent une insécurité juridique susceptible de générer des recours coûteux pour les autorités contractantes dont les conséquences financières sont de nature à aggraver la charge publique en violation des dispositions de l’article 107 de la Constitution.

II Sur la violation des principes constitutionnels de la commande publique, dont relèvent les PPP

Règle de droit

Le Conseil constitutionnel français, dans sa décision n° 2003-473 DC du 26 juin 2003 relative à la loi habilitant le Gouvernement à édicter, par ordonnance, des dispositions sur les PPP, avait jugé que :

«10. Considérant, en troisième lieu, que les dispositions d’une loi d’habilitation ne sauraient avoir ni pour objet ni pour effet de dispenser le Gouvernement, dans l’exercice des pouvoirs qui lui sont conférés en application de l’article 38 de la Constitution, de respecter les règles et principes de valeur constitutionnelle, ainsi que les normes internationales et européennes applicables; qu’en particulier, les dispositions relatives à la commande publique devront respecter les principes qui découlent des articles 6 et 14 de la Déclaration de 1789 et qui sont rappelés par l’article 1er du nouveau code des marchés publics, aux termes duquel : “Les marchés publics respectent les principes de liberté d’accès à la commande publique, d’égalité de traitement des candidats et de transparence des procédures. – L’efficacité de la commande publique et la bonne utilisation des deniers publics sont assurées par la définition préalable des besoins, le respect des obligations de publicité et de mise en concurrence ainsi que par le choix de l’offre économiquement la plus avantageuse”;

(…)(…) que, toutefois, la généralisation de telles dérogations au droit commun de la commande publique ou de la domanialité publique serait susceptible de priver de garanties légales les exigences constitutionnelles inhérentes à l’égalité devant la commande publique, à la protection des propriétés publiques et au bon usage des deniers publics; (…)»

Les principes constitutionnels de la commande publique sont les principes de liberté d’accès à la commande publique, d’égalité de traitement des candidats et de transparence des procédures. Ils ont pour objectif de garantir l’efficacité de la commande publique et la bonne utilisation des deniers publics et découlent donc des articles 6 et 14 de la DDHC :

«Art. 6. –

La Loi est l’expression de la volonté générale. Tous les Citoyens ont droit de concourir personnellement, ou par leurs Représentants, à sa formation. Elle doit être la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse. Tous les Citoyens étant égaux à ses yeux sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents.

(…)

Art. 14. –

Tous les Citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d’en suivre l’emploi, et d’en déterminer la quotité, l’assiette, le recouvrement et la durée. »

Un raisonnement par analogie permet d’ériger en principes constitutionnels les principes généraux de la commande publique du Bénin inscrits à l’article 4 du code des marchés publics :

«Les principes de liberté d’accès à la commande publique, d’égalité de traitement des candidats et de transparence des procédures s’imposent aux autorités contractantes dans le cadre des procédures de passation des marchés publics et de délégations de service public et ce, quel qu’en soit le montant.(…)».

Ainsi, les principes mentionnés dans le code des marchés publics du Bénin sont les mêmes que les principes constitutionnels de la commande publique français. Ils poursuivent également le même objectif : l’efficacité de la commande publique et la bonne utilisation des deniers publics, comme l’indique la décision du Conseil constitutionnel français précitée.

L’article 17 de la loi PPP conforte ce raisonnement puisqu’elle inclut, en plus des principes déjà mentionnés dans le code des marchés, «l’économie [le bon usage des deniers publics] et l’efficacité[l’efficacité de la commande publique] du processus» :

«L’établissement et la conclusion des contrats de partenariat public‐privé sont soumis aux principes suivants :

  • l’économie et l’efficacité du processus, la liberté d’accès, l’égalité de traitement, la reconnaissance mutuelle, la transparence des procédures;
  • la procédure de passation des contrats de partenariat fait l’objet d’une publicité suffisante précisée à chaque étape de la procédure permettant la présentation de plusieurs offres concurrentes.»

Au même titre que les principes de la commande publique français, qui découlent, comme l’a rappelé le Conseil constitutionnel français, de

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Commentaires

Commentaires du site 10
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    Napoléon1 4 mois

    Ce n’est pas si compliqué que cela. L’auteur de cet article attire notre Attention sur la loi du partenariat public privé rejeté par la Cour constitutionnelle dans sa décision Dcc 17-039 du 23 février 2017.

    Il souligne que cette loi qui a déjà fait l’objet de rejet par la Cour constitutionnelle, demandant au parlement de revoir la copie, mais une fois revue et soumise de nouveau à l’appréciation de la Cour, pouvait amener celle-ci à l’accepter. Mais justement la Cour se ferait ainsi piéger, dans la mesure, où la seule existence d’une telle loi “pourrait favoriser en l’avenir, l’impréparation des projets, l’inadéquation de ceux-ci aux besoins des autorités contractantes et des usagers, les surcoûts inévitables.”

    L’auteur a poursuivi son développement en évoquant les raisons pour lesquelles la Cour Constitutionnelle doit rejeter pour inconstitutionnalité certains articles et dispositions de la loi sur le PPP.

    Il s’agit :

    I) la violation de l’article 107 de la Constitution.

    II) Sur la violation des principes constitutionnels de la commande publique, dont relèvent les PPP.

    Faisant Analogie à la décision n° 2003-473 DC du 26 juin 2003 relative à la loi habilitant le Gouvernement à édicter, par ordonnance, du Conseil constitutionnel francais, l’auteur en conclut
    que le raisonnement qui soutient cette décision permet d’ériger en principes constitutionnels les principes généraux de la commande publique du Bénin inscrits à l’article 4 du code des marchés publics.

    l’auteur de l’article demontre par la Suite, que les principes mentionnés dans le code des marchés publics du Bénin sont les mêmes que les principes constitutionnels de la commande publique français et que l’article 17 de la loi PPP conforte ce raisonnement puisqu’elle inclut, en plus des principes déjà mentionnés dans le code des marchés, «l’économie [le bon usage des deniers publics] et l’efficacité[l’efficacité de la commande publique] du processus» .

    L’auteur attire particulièrement l’attention sur le fait que la Cour avait motivé le rejet de la loi 2016-24 sur le PPP en soulignant que le Président de la République aurait violé les articles 121 et 124 de notre Constitution.

    Il estime que le même constat s’impose en ce qui concerne le traitement des offres spontanées.

    Et qu’il convient de constater aussi l’inconstitutionnalité, notamment des articles 12 et 13 de la loi n°2016-24. De plus, de nombreuses imprécisions et erreurs juridiques relevées dans la loi, introduisent une insécurité juridique susceptible de générer des recours coûteux pour les autorités contractantes.

    Et que toutes ces insuffisances devraient amener la Cour Constitutionnelle à rester vigilante, car le texte renvoyé par le parlement est la copie conforme de celui déclaré contraire à la Constitution, dans la décision Dcc 17-031.

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      GbetoMagnon 4 mois

      Franchement “Napoléon1”, tout le monde avait, je crois, compris l’essentiel du propos.
      C’est certainement un excellent sujet de TD pour des juristes, mais dans les médias, alors que les fondamentaux d’une société n’y sont pas (manger, santé publique, Education, infrastructures minimum, …)

      Trop de temps n’est-il pas passé à discourir ?

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      Amaury 4 mois

      @Napo,

      C’est gentil de nous avoir faite ce résumé. Mais sachez que, comme l’a dit le Doc, ”HOLO ne dort pas” et que la nouvelle mouture de la loi sur les PPP sera examinée dans les détails par la CC.

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    GbetoMagnon 4 mois

    Mais quelle bande de blaireaux ! Excusez mon langage, mais de vrais enc… de mouches. Il n’y a que parlotte au bénin ?

    – Ils sont où, les projets sensés amener 500.000 emplois ?
    – Quels sont les variations de production par rapport aux années précédentes (agriculture) ?
    – Les résultats des examens blancs (s’il y a des évaluations nationales) ?

    – Le contentieux avec les telcos il en est où cet audit commandé ?

    – PVI, le bénin se fait enfumer sans rien dire ou quoi ?

    ça se bran… en public, et chacun d’étaler sa “science”, ses analyses qui ne produisent RIEN.

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    OLLA OUMAR 4 mois

    Bon , pas bien réveillé pour comprendre tout ceci , même bien réveillé ça va être dur , je passe la main à l’ami Joe

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      Joeleplombier 4 mois

      Olla Oumar
      L’ami Joe ne comprend rien non plus de ce charabia de la rédaction de Lnt .
      Malheureusement .

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      Amaury 4 mois

      @Olla,

      Moi aussi je comprends rien. L’introduction m’embrouille déja. Je passe également la main mais à mon ami @Agadjavi..

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        OLLA OUMAR 4 mois

        LOL

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        aziz 4 mois

        Ne comptez pas sur agadjavi..pour quoi que ce soit

        Hier..il a fété à abomez..avec les potes..

        Le bohicon,la pate à la sauce de légumes avec afintin…doivent avoir fait des dégats..

        Si encore..une naah…d’abomez l’a pris en compte…je ne vous garanti..pas..de le retrouver…en entier