Bénin : Amélioration de la performance des escrimeurs

Bénin : Amélioration de la performance des escrimeurs

Afin d’évaluer le niveau des entraineurs et des escrimeurs béninois, la Fédération béninoise d’escrime a fait venir un expert de la fédération internationale de la discipline.

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Pendant une semaine, le grand maître de la Fédération française d’escrime Mattieu Labadie a séjourné à Cotonou. Rencontré le samedi 17 mars 2018 à la fin de la formation, le président de la Fédération béninoise d’escrime, Jacques Okoumassoun, nous parle ici du travail abattu par l’expert, de ses motivations et de la suite des activités de la fédération.

Nous sommes au stade Général Mathieu Kérékou où la Fédération béninoise d’escrime organise une activité. De quoi s’agit-il?

Merci. Nous sommes très heureux que vous ayez participé avec nous à cette séance du donner et du recevoir. Nous avons invité le grand maître d’escrime de la Fédération française d’escrime et expert de la fédération internationale d’escrime, Mattieu Labadie, qui nous a rejoints depuis une semaine. Il a voulu voir un peu dans quelles conditions les escrimeurs béninois arrivent à appréhender les règles et à comprendre les comportements qu’on peut avoir sur une piste d’escrime.

Depuis une semaine, il leur apprend les bases de l’escrime: comment faire les touchées, comment chasser les pas, comment reculer, comment anticiper et comment parer les coups. Il le fait aussi bien aux apprenants qu’aux maîtres d’armes. C’est une double formation. C’est une formation pour les apprenants et les maîtres d’armes pour que tout ce monde arrive à comprendre le bien fondé de l’escrime. Vous savez, lorsque vous pratiquez une discipline et que vous n’avez pas un plus fort que vous, vous n’arrivez jamais à apprécier votre niveau de compétence.

Labadie est là pour que tout ce monde sache, dans les échelles de valeur, à quel niveau la fédération béninoise d’escrime se situe, à quel niveau la direction technique nationale se trouve, afin de savoir s’il faut continuer dans le sens où nous allons ou marquer un break pour revoir la formation des formateurs et des apprenants.

Dites-nous comment la Fédération a pu faire venir un expert à Cotonou.

Nous n’avons pas de moyens, c’est une petite fédération. On a eu 10 millions l’année dernière comme subvention. On a organisé une compétition internationale qui nous a coûté au moins 16 millions. Parce qu’on a mendié auprès des amis, des copains, des copines, des camarades, de gauche à droite. Certains nous ont donné des sacs de riz, des paquets de coca-cola pour qu’on organise l’Open de Cotonou. On s’est rendu compte qu’on a été bon dernier. On s’est demandé s’il faut continuer à organiser des compétitions pour autrui. Et j’ai dit non, nous n’allons plus adhérer à cette célèbre phrase du Baron Pierre de Coubertin qui dit que l’essentiel c’est de participer. Pour nous, l’essentiel c’est de gagner des médailles, de toucher le graal.

A partir de ce moment, nous nous sommes dits que faut-il faire? Nous avons écrit à la Fédération internationale qui nous a dit de discuter avec le Comité national olympique pour que nous puissions bénéficier de la bourse de la solidarité olympique. Mais les périodes pour avoir les bourses olympiques étaient dépassées. Nous avons écrit à la Fédération française d’escrime qui nous a donné le nom du grand maître qui a accepté et a posé un certain nombre de conditions auquel nous avons accédé. Il a cassé la tirelire de sa poche, il a pris 50% de son séjour en charge. Nous l’en remercions. Il a compris qu’un petit pays comme le Bénin a organisé une compétition dénommée «Open de Cotonou», et il s’est dit qu’on peut aider ce pays. Avant le prochain Open de Cotonou, nous ferons en sorte que le Comité national olympique puisse nous aider, afin que le maître puisse revenir préparer les athlètes pour les rendre compétitifs face aux athlètes de la sous-région.

Après cette formation, quelle est la suite des activités de la fédération ?

Après cette formation, nous irons au championnat du monde, au championnat d’Afrique senior à Tunis. Nous irons avec une équipe. Après, nous allons organiser le championnat national avant de préparer l’Open de Cotonou. Tous les pays nous ont demandé de ne plus organiser l’Open en décembre mais de l’organiser pendant la période des vacances afin que nous puissions rallier sur Cotonou plusieurs pays.

Nous en sommes où avec l’initiative d’intéresser l’escrime aux élèves?

Je crois que cette démarche que nous avons dénommée «Escrime pour tous», est appréciée de tout le monde. Malheureusement, les grèves ont plombé un tout petit peu les choses. Nous espérons que les grèves vont bientôt prendre fin pour que notre programme soit exécuté. Mais j’avoue que nous avons été surpris de constater qu’après cette première tournée, cette première vulgarisation, cette première évangélisation de l’escrime dans les écoles et collèges, plus de 200 élèves sont déjà inscrits pour devenir escrimeurs.

Nous sommes très heureux d’avoir touché ce monde et nous pensons continuer tant que nous en aurons les moyens. Nous demandons sincèrement au gouvernement de nous aider pour que l’escrime devienne la discipline la plus pratiquée au Bénin. C’est vrai que l’escrime n’est pas une discipline comme le football. Quand on vient à l’escrime, ce n’est pas pour devenir milliardaire. On vient à l’escrime pour devenir d’abord un vrai homme. Parce que l’escrime développe en vous les capacités d’homme à anticiper, à donner des coups

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