Bénin / Fraternité – Justice – Travail : Une devise nationale dévoyée

Bénin / Fraternité – Justice – Travail : Une devise nationale dévoyée

Notre accession à la souveraineté internationale n’a pas été de la seule volonté de la puissance coloniale. C’est une vérité historique que la France ne pouvait qu’accorder l’indépendance aux pays sous son giron.

Bénin : Reprendre les méthodes Yayi pour faire la rupture

Hubert Maga, Sourou Migan Apithy et Justin Tométin Ahomadégbé ont présidé aux destinées du Dahomey indépendant. Mais le clivage nord-sud, c’est-à-dire le régionalisme, a fragilisé l’unité nationale. Cette fracture a fait perdre tout son sens à la devise nationale : Fraternité- Justice- Travail. Mais le rejet de l’autre, le manque d’amour fraternel entre béninois du littoral au septentrion n’ont-ils pas fait le lit du népotisme et du favoritisme et sapé les bases du développement?

Dans cet ordre d’idées, l’emploi les plus rémunérés ne sont pas occupés par les hommes qu’il faut. Des considérations d’ordre ethnique, racial et autres ont primé sur la compétence. Conséquence de ces impairs, c’est la qualité des ressources humaines qui est ainsi sabordée. Le service de la justice devient une affaire de bras longs, un exercice à géométrie variable. Dans la même veine, il faut admettre qu’un arbre tient par l’ancrage de ses racines. En clair, la mal gouvernance vient des visions que les politiques nous servent ; intègrent- elles suffisamment l’éducation parentale, civique et morale ? En effet, on ne bâtit pas sur du sable mouvant ; l’édifice ainsi bâti ne résistera point aux intempéries.

Et c’es pourquoi, il nous faut retourner aux fondamentaux en faisant retrouver toutes ses lettres de noblesse à notre devise nationale : Fraternité-Justice-Travail ; car, à y voir de près, le frein au développement de ce pays, c’est la perte de ces repères. Le mal ne peut être soigné qu’à la racine ; agir autrement, c’est faire de la pyramide renversée, c’est mettre la charrue avant les bœufs. Nos gouvernants s’emploient à administrer des sédatifs. Car c’est du reformatage de la société béninoise dont il s’agit ; le peuple a perdu les valeurs fondatrices d’une nation. Le gouvernement de la rupture est-il du même avis ? Pas si sûr rien qu’à en juger par sa gestion des débrayages en cours. Le gouvernement est en train de se planter aussi, quant au projet de délocalisation du marché international de Dantokpa. Si délocalisation doit y avoir, l’Ouémé semble plus indiqué que l’atlantique.

L’humilité est la marque des grands hommes ; la reconnaissance de ses erreurs et le respect de la parole donnée le sont aussi. A la place d’un rétropédalage qui traduirait la prise en compte des aspirations des populations, les gouvernants actuels continuent d’émousser l’enthousiasme populaire du 06 avril 2016. L’heureux élu est sûr de sa science et croit mordicus que les fruits seront à la promesse des fleurs à la fin de son quinquennat. Soulignons, pour notre part, qu’il nous faudra travailler autrement, penser le développement autrement pour donner tout son sens à notre devise nationale si nous voulons révéler le Bénin au monde ; au- delà des slogans.

Jean Achadé(contribution)

Commentaires

Commentaires du site 1
  • Avatar commentaire

    ce billet…ne nous apprend..rien du tout…!!!

    je constate…seulement…qu’au lieu..que les beninois que nous sommes évoluent…positivement…c’est le contraire…que je constate…quant à la morale…le respect du bien public…

    les réseaux sociaux…en sont en grande partie…responsables..

    Cependant…vu sur certains angles…il est fondé…d’etre fier d’etre beninois…parce…politiquement,ethniquement et régionalement…et meme dans les modèles de pensées…ont construit une nation…malgré des problemes sociaux..

    Et c’est à ce niveau seulement…que je félicite..kérékou…d’avoir réconcilié les beninois…avec eux memes..

    Il y a certainement…quelques avatars….je l’avoues..

    tundé..régionaliste..patenté….comme le sultan aziz d’ailleurs…qui croient..encore…à la suprématie,au certainisme…et absolustisme…..font encore quelques saillies…

    mais pour combien de temps…?