Lettre ouverte au président : Et si la discipline devenait une matière enseignée au Bénin ?

Monsieur le Président de la République, Comme le destin des nations se construit à travers les infrastructures, les investissements ou les réformes administratives et surtout avant tout, dans le caractère de ses citoyens, je me permets de soumettre à votre haute attention une réflexion qui me paraît essentielle pour l’avenir du Bénin : l’introduction de la Discipline comme matière d’enseignement dans notre système éducatif.

Cette proposition peut paraître audacieuse. Pourtant, elle découle d’une simple observation que j’ai faite personnellement. La devise de l’école béninoise : « Discipline – Travail – Succès » n’est pas une formule décorative. Elle constitue une véritable philosophie de la réussite. Cependant, une question fondamentale mérite d’être posée : Ne serait-il pas opportun de donner une place plus importante à la discipline dans les enseignements afin de traduire pleinement le premier pilier de cette devise ?

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La discipline : mère de toutes les réussites

L’histoire universelle démontre qu’aucune société n’a atteint l’excellence sans discipline. Aristote enseignait : « Nous sommes ce que nous faisons de manière répétée. L’excellence n’est donc pas un acte mais une habitude. »

La discipline n’est donc pas l’obéissance aveugle. Elle est : la maîtrise de soi ; le respect des règles ; la gestion du temps ; la capacité à différer certaines satisfactions ; la persévérance dans l’effort ; le sens du devoir. Autrement dit, elle est le fondement invisible de toute réussite individuelle et collective.

Une urgence nationale

Le Bénin accomplit aujourd’hui des progrès remarquables dans plusieurs domaines. Cependant, notre pays poursuit également ses efforts pour renforcer certaines valeurs citoyennes : le civisme ; le respect des biens publics ; la culture du temps ; le sens de la responsabilité collective. Les lois, les sanctions et les actions publiques jouent un rôle essentiel. Elles gagneraient toutefois à être accompagnées d’une éducation renforcée aux valeurs citoyennes dès le plus jeune âge.

Comme l’affirmait le sociologue Émile Durkheim : « L’éducation a pour objet de susciter et de développer chez l’enfant un certain nombre d’états physiques, intellectuels et moraux réclamés par la société. » Autrement dit, l’école doit former non seulement des cerveaux compétents mais aussi des consciences responsables.

Former des citoyens avant de former des diplômés

Les systèmes éducatifs modernes accordent une importance croissante aux compétences comportementales. Le philosophe américain John Dewey déclarait : « L’éducation n’est pas une préparation à la vie ; l’éducation est la vie elle-même. »

Si l’école prépare véritablement à la vie, elle doit enseigner les principes qui permettent de réussir dans la vie. Quel employeur recherche un collaborateur indiscipliné ? Quel État peut prospérer avec des citoyens qui ignorent leurs devoirs ? Quelle démocratie peut se consolider sans culture de responsabilité ? La réponse est évidente. Le véritable développement commence lorsque la discipline devient une culture nationale.

Une proposition concrète

Je propose l’introduction progressive d’une matière intitulée : « Discipline et Leadership citoyen ».

Cette matière pourrait comprendre : la gestion du temps ; le civisme ; l’éthique ; le patriotisme ; la responsabilité individuelle ; le leadership ; la culture de l’excellence ; la gestion des émotions ; le respect de l’autorité légitime ; la préservation des biens publics. L’évaluation pourrait se faire à travers des projets citoyens, des activités communautaires et des exercices pratiques. L’objectif ne serait pas de former des élèves obéissants mais des citoyens responsables.

Un élève brillant, mais qui ne développe pas le respect des règles et le sens de l’éthique, risque de ne pas mettre pleinement ses compétences au service du bien commun. Le livre des Proverbes nous rappelle (Proverbes 25:28) : « Comme une ville forcée et sans murailles, ainsi est l’homme qui n’est pas maître de lui-même. »

L’instruction atteint pleinement son objectif lorsqu’elle s’accompagne d’une solide formation aux valeurs citoyennes. C’est tout le sens de cette lettre.

Nelson Mandela disait : « L’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde. » Je me permets d’ajouter : la discipline est la force qui permet à cette arme d’atteindre sa cible.

Le moment est peut-être venu pour le Bénin d’innover en faisant de la discipline non plus seulement une devise, mais une véritable science de la réussite enseignée à chaque enfant. Car si le travail conduit au succès, la discipline demeure la clé qui ouvre la porte du travail lui-même.

Par Franck GBEMASSE
Patriote libre
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