Jacques Okoumassou : «Beaucoup de choses ont changé dans la gestion du sport béninois»

Jacques Okoumassou : «Beaucoup de choses ont changé dans la gestion du sport béninois»

Déjà, il faut comprendre que toutes les associations sportives ont une part de responsabilité dans le développement du sport béninois, voire même dans la diplomatie béninoise.

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Avec le sport, on peut valablement vendre l’image de notre pays. Et on a déjà compris l’intérêt que porte le gouvernement du nouveau départ à toutes les disciplines sportives, où qu’elles se trouvent et quel que soit leur niveau d’implantation et leur histoire.

Donc, on a compris que le gouvernement a décidé d’opter pour une mise en valeur de toutes les disciplines en leur donnant les moyens à leur politique, pour leur permettre véritablement d’apporter une plus value à notre pays. On a souvent reproché le manque de volonté politique pour accompagner le développement du sport. Aujourd’hui, cette volonté est manifeste et semble nous dicter la conduite à tenir pour redonner au sport béninois ses lettres de noblesse. Parce que le président de la République dans son programme a initié un certain nombre de projets pour développer le sport.

Au-delà de cela, même si ce n’est pas encore concrètement mise en valeur, on sent déjà qu’il y a un certain éboulement au sein de toutes les fédérations pour que chacune participe réellement et activement au développement du sport à son niveau. L’année dernière, pour la première fois dans notre récente histoire sportive, les associations sportives ont pu recevoir des moyens, dans des conditions qui puissent leur permettre de commencer par mettre sur pied des programmes de développement de leurs activités.

Je prends le cas de l’escrime que je connais très bien, pour la première fois depuis 10 ans d’activités, on nous a octroyé 10 millions de francs comme subvention. Et cela nous a permis de rapidement imaginer un certain nombre de choses qu’on n’arrivait pas à imaginer par le passé : participer aux compétitions, organiser le championnat national, faire la vulgarisation de la discipline et établir un programme…

Sur le plan sportif, qu’est ce qu’on peut retenir?

Je n’aime pas souvent faire des comparaisons. C’est vrai que la reine des disciplines est le football. Et le football tire les autres disciplines vers le haut. C’est le baromètre de toutes les disciplines. Avant que le gouvernement du président Talon ne prenne le pouvoir, malheureusement le football était retombé dans les crises successives qui ont fait sa renommée.

Aujourd’hui, le gouvernement du nouveau départ a pu juguler cette crise avec beaucoup de doigté, sous le magistère de son excellence monsieur le président de la République. Le président de la République est arrivé à mettre dans le même moule tous les membres de cette famille qui se regardaient en chiens de faïences, afin que le football prenne le dessus. Donc on peut aujourd’hui dire que beaucoup de choses ont été faites, notamment le règlement de cette crise. On a aussi vu le Comité national olympique et sportif béninois, créer la maison des fédérations. On a souvent reproché aux fédérations de n’avoir pas des bureaux, avec des présidents, secrétaires généraux et trésoriers qui ont les documents dans leurs sacs. Aujourd’hui, nous avons un lieu physique qui a été donné par le comité olympique, grâce à la solidarité olympique. Voilà des choses qu’on peut mettre à l’actif de ce gouvernement. Parce que si le gouvernement n’avait pas créé cet environnent saint pour permettre au Cnosb de bénéficier de la solidarité olympique, on ne pourrait pas avoir ce bâtiment. Pour que les acteurs sportifs puissent se retrouver sur le terrain, sur les tatamis, sur les différentes pistes et dans les gymnases, il faut qu’ils aient un cadre sain. Aujourd’hui, je peux dire sans risque de me tromper qu’en deux ans de gestion, les ‘’petites fédérations’’ qui avaient l’habitude d’organiser des compétitions en 12 heures ont revu leur copie. Désormais, les ambitions sont revues à la hausse. Plus d’approximations avec la politique sportive opérée actuellement, on tend vers la professionnalisation du sport béninois.

On a annoncé beaucoup de réformes. Quel est votre avis à propos ?

On dit souvent que c’est au pied du mur qu’on reconnait la valeur du maçon. Tant que vous n’êtes pas là, vous ne pouvez pas savoir de quoi cela retourne. C’est vrai qu’on peut dire qu’il y a de la précipitation dans l’organisation des classes sportives. Je peux dire que d’autres projets mis en place et qui sont déjà en phase opérationnelle, vont être modelés pour satisfaire aux exigences des normes de formation professionnelle internationale. A cet égard, le ministre des sports entouré de ses collaborateurs va procéder à des réaménagements techniques, surtout des encadreurs.

Si j’ai ma petite pierre à apporter à l’édifice du sport vue mon expérience, je dirai simplement au ministre des sports de mettre un accent particulier sur le niveau de pratique des formateurs, et d’être rigoureux quant à leur formation. Cela doit être la fondation de ce projet, qui prend en charge des gamins de 8 à 17 ans. C’est cet âge qu’on acquiert les fondamentaux indispensables à la pratique de toute activité sportive, voire de la vie. Si l’encadrement est bâclé, alors la formation est bousillée et plutôt que d’avoir des têtes bien faites, on aura des têtes bien pleines mais bonnes à rien.

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