Patrice Talon s’adresse aux béninois à travers les médias français (verbatim)

Patrice Talon s’adresse aux béninois à travers les médias français (verbatim)

Les paroles s’envolent, mais les écrits restent.

Bénin : La Cstb dénonce la ‘’politique anti-travailleurs’’ du régime Talon

Comme il est de tradition pour votre journal « La Nouvelle Tribune », de vous permettre de lire dans ses colonnes les grandes interviews de nos dirigeants, nous vous proposons en intégralité l’entretien accordé par le Président Patrice Talon aux médias français.

On vient d’entendre ces mots que vous avez prononcés lors d’une conférence de presse à l’Elysée, il y a un peu plus d’un mois. Ces mots où vous dites vouloir réparer, entrer dans l’histoire après avoir vous-même bénéficié d’une mauvaise gouvernance de votre pays. Est-ce que ces mots peuvent faire table rase du passé ?

En principe. Amis, faire table rase du passé ce n’est pas oublier totalement et ne pas tenir compte des erreurs du passé. Dans tous les cas, ce que je viens d’entendre se passe de commentaire. Madame vous savez, à mon âge et pour la place, le rôle qui ont été les miens, et celui (le rôle) notamment de l’élite ; qu’il soit intellectuel, économique ou politique, justifie bien cet aveu que nous sommes à une responsabilité partagée. Le pays est dans un état de pauvreté aujourd’hui, qui nécessite une prise de conscience. Et c’est bien cela qui motive. C’est ce que je voulais dire.

C’est un message adressé à une partie de l’élite dont vous parlez ?

Tout à fait.

Monsieur le président, il y a un peu plus d’un an vous avez informé dans les détails vos compatriotes sur votre état de santé. Vous avez subi à Paris une double intervention chirurgicale du cancer de la prostate, pris à ses débuts. Comment vous sentez-vous aujourd’hui ?

Je vais bien. Je touche du bois. Je me sens bien, mes contrôles sont satisfaisants. Et j’espère que ce mal est derrière moi.

Il n’y a pas eu de communiqué sur l’état de santé ?

Non. Comme il n’y a rien de particulier, je n’ai pas à communiquer tous les jours sur les résultats de mes analyses. Si je vais mal, je ne manquerai pas de le dire. Vous savez, sur ces choses là, j’ai choisi d’être totalement transparent et donc il n’est pas utile que, à chaque trimestre, à chaque semestre je communique mon bulletin de santé.

Vous avez donné des détails. Vous êtes allé plus loin que beaucoup de chefs d’Etat. Est-ce que c’est un choix délibéré?

Tout à fait. Ces détails ont coupé cours aux rumeurs. Je ne l’aurais pas fait qu’aujourd’hui il y aurait beaucoup de rumeurs sur mon état de santé. Qu’est-ce qu’il a eu, de quoi il a souffert, est-ce qu’il ne traîne pas encore des choses qu’il nous cache? J’ai voulu être honnête avec les citoyens en allant dans les détails nécessaires pour qu’ils comprennent ce qui s’est passé pendant ce mois de stress que tout le monde a connu. Parce que avant que j’aille à l’hôpital et pendant mon séjour à l’hôpital, mes compatriotes ne savaient pas ce qui se passait. J’ai estimé que c’était bien et normal.

Cette transparence n’est pas habituelle de la part des chefs d’Etat

Je n’ai pas de leçon à donner aux autres. Pour ma part, j’ai estimé que ce serait bon pour mes compatriotes.

Là, vous avez communiqué. Mais de manière plus générale, vous communiquez peu depuis la prise de vos fonctions. Est-ce que c’est quelque chose qui tient de vos fonctions passées? Dans le monde des affaires le silence d’or. Est-ce que vous ne regrettez pas de n’avoir pas communiqué plus tôt compte tenu peut-être de la grogne sociale qui s’est développée dans le pays? Est-ce vous n’auriez pas dû expliquer un peu plus votre politique, vos réformes?

On a beaucoup de mal à se débarrasser de sa nature. Je suis de nature timide. Et c’est vrai que dans mes fonctions passées en tant que opérateur économique je n’ai jamais estimé que ce soit nécessaire de communiquer sur ce que je fais.

Parce que dans le monde des affaires, on cultive le secret quand même !

Je ne sais si c’est cela qui a conditionné mon action dans la communication dès le début de mon mandat. Mais depuis, j’essaie de dire à mes concitoyens de ce que je fais, ce que nous faisons, où nous allons! Pour moi, seul le résultat compte. Je n’ai pas jugé nécessaire de dire à chaque fois à mes concitoyens à quoi je réfléchis, à quelle étape nous sommes dans la réflexion, à quelle étape nous sommes dans l’action. J’ai dit pendant la campagne à mes concitoyens que c’est au bout de deux ou trois ans qu’ils verront l’effet de mon action, et savoir si j’ai été à la hauteur ou pas. Donc dans les premiers mois je n’ai pas jugé bon de communiquer. Mais j’avoue que ça nous a créé un certain tort. Cela a laissé la place à l’intoxication.

Vos détracteurs vous reprochent de gérer le Bénin notre pays comme une entreprise. Comment vous réagissez à ces mots? Parce que l’entreprise, son objectif c’est de gagner de l’argent. Est-ce qu’on gère de la même façon un pays ou c’est l’intérêt général qui doit primer avant tout?

L’entreprise, vous avez dit que son intérêt c’est de gagner l’argent. L’entreprise, c’est l’efficacité. L’objet de l’entreprise dans son domaine d’activité, c’est efficacité, c’est la rentabilité, c’est la durabilité. Alors, un pays, c’est la famille élargie. Et ce qui importe, c’est de trouver des solutions durables qui apportent la prospérité. La prospérité pour l’ensemble des concernés. L’entreprise, c’est une structure opérationnelle, c’est une personne qui a un intérêt. La vie économique du pays doit contribuer à la prospérité de tout le monde. Alors, je ne trouve pas que cela soit une mauvaise chose d’avoir à l’esprit l’efficacité, la prospérité durable. Et c’est cela qui constitue le paramètre essentiel des décisions que nous prenons. Est-ce qu’il est pertinent, est-ce que la vision permet d’atteindre les objectifs, de créer la richesse pour tout le monde et de manière durable? Il ne sert à rien madame de dire que ce qui importe au pays, c’est au quotidien, c’est faire plaisir aux uns et aux autres sans résoudre les question essentielle qui est de leur apporter des solutions aux problèmes de santé, de l’éducation, d’infrastructures, d’énergie et de manière durable. Et chacun de ces choses là a besoin d’efficacité.

Monsieur le président, vous étiez et vous êtes toujours l’un des tout premiers employeurs du Bénin.

Je fus.

Vous êtes placé pour être l’homme le plus riche du Bénin et vous voilà depuis deux ans à la tête de l’Etat. Le premier soupçon qui vient à l’esprit tout de suite c’est le risque de conflit d’intérêt. Qu’avez-vous à répondre à cela?

Qu’est-ce qui importe pour un pays? Que la gouvernance soit bonne et efficace. Et quel est le risque fondamental qui pèse en permanence sur les gouvernants? C’est se servir du pays pour ses propres intérêts. Et cela concerne aussi bien un chef d’entreprise devenu président qu’un fonctionnaire, un citoyen qui devient président. Vous savez, les hommes sont presque tous à la quête de bien-être personnel, de prospérité personnelle, de matériel. Et cela caractérise aujourd’hui presque tous les citoyens. Ce n’est pas que les hommes qui viennent du secteur de l’entreprise qui ont d’intérêt au bien-être matériel. Ce n’est pas vrai. De ma fonction, je mesure combien quelqu’un qui n’est pas à l’abri du besoin peut-être influencé et fragile. Vous venez de dire que je suis trop fort. Mais, je dois avouer que je suis à l’abri du besoin. Et cela me donne…

Le classement Forbes du magazine américain vous place première fortune du Bénin

C’est relatif. Je ne sais pas quels sont les paramètres de ce classement. Mais ce que je veux vous faire comprendre, madame est que le risque de conflit d’intérêt qu’on évoque tout le temps n’est pas fondé. D’autant que dès mon arrivée, je suis sorti de toutes les entreprises dont on parle , en cédant mes parts à mes coactionnaires, en vendant à d’autres et en laissant une partie à mes héritiers. Je n’ai plus d’intérêts personnels directs. Mais, ce n’est pas pour autant que je peux nier que des actions de mes enfants, des amis, des parents continuent d’avoir des intérêts dans le domaine économique. Mais j’ai pris garde de faire attention à ce que ceci ne soit pas mêlé aux affaires dans lesquelles j’ai des décisions à prendre pour que, effectivement, il n’y ait pas de conflit d’intérêt.

Il y a encore une activité qui est le contrôle des opérations d’importations qui est détenu par ceux dont je parle, mes associés et mes enfants. Depuis, le souci essentiel et principal, est de veiller à ce que les prestations de ceux-ci soient irréprochables pour qu’à la fin, eux et moi soyons fiers de ce qu’il est possible de venir du monde de l’entreprise et de faire des choses remarquables, propres et qui vous font rentrer dans l’histoire. J’y tiens!

Si on enlève le conflit d’intérêt, vous êtes quand même surpuissant. Vous cumulez deux pouvoirs importants de ce pays: la fortune et le pouvoir d’Etat, le pouvoir politique. Est-ce que ce n’est pas trop dans les mains d’un seul homme?

Pourquoi être à l’abri du besoin peut-être défavorable à la bonne gouvernance? C’est plutôt le contraire. Vous savez, il y a des clichés qu’il convient d’examiner pour voir si ce n’est pas seulement des réflexions philosophiques. J’estime moi que c’est plutôt à souhaiter que nos gouvernants soient à l’abri du besoin. Combien de fois on observe surtout en Afrique que les gouvernants sont tentés de constituer une fortune quand ils sont au pouvoir pour assurer le confort quotidien, le confort pour les enfants et le confort des générations à venir. Pour quelqu’un qui a assuré cela, une fois débarrassé de ce genre de préoccupation et d’influence, il peut travailler avec efficacité. Je vais vous dire quelque chose. Ceux qui font ces critiques en général et qui y tiennent, c’est parce qu’ils font une transposition sur ce qui peut relever de leur propre personnalité, de leurs propres aspirations sur celui qui est dans la fonction et qui n’a plus ces préoccupations. Les gens pensent couramment que les fonctions, les positions doivent permettre à chaque fois aux uns et aux autres de satisfaire leurs propres besoins. Mais le besoin de fortune ne me concerne plus. Je n’ai pas ce besoin. Ce qui me motive, c’est le succès.

Si vous voulez bien , nous allons aborder les réformes que vous avez annoncées. Depuis que vous dirigez le pays il y a deux ans, le Bénin a renoué avec une croissance économique. C’est le constat de la Banque africaine de développement. Mais c’est une croissance qui peine à réduire le chômage et la pauvreté. Et je voudrais , si vous le voulez bien monsieur le Président, aller sur un exemple très précis. Depuis janvier 2017, vous avez lancé ce qu’on appelle les opérations de déguerpissements. C’est-à-dire que vous nettoyez les grandes villes de cette économie informelle qui encombrait les trottoirs, les terre-pleins et même les voies de circulation. Tous ces gens là ont été délogés mais il semble qu’il n’y a pas eu de mesure d’accompagnement et pourtant ce sont des gens qui faisaient vivre des familles entières. Est-ce qu’il n’y a pas de mesure à prendre pour accompagner ces personnes?

Vous avez dit deux choses, madame. Vous avez dit qu’on observe une certaine croissance de notre économie mais qu’elle n’a pas généré de l’emploi. Je veux vous faire comprendre que l’emploi ne se décrète pas. L’emploi vient à la suite de processus de relance de l’économie. Et je peux vous dire que les indications sont bonnes et il y a de la création d’emplois qui s’entrevoit et que dans quelques années, nous verrons de façon assez visible et palpable les effets de cette croissance économique et de la bonne gouvernance qui nous tient tant à cœur.

Monsieur le président, c’est aussi la pauvreté. Près d’un Béninois sur deux…

Mais comment voulez vous qu’en quelques mois, transformer la vie de 11 millions de personnes qui sont dans la pauvreté? Le Bénin n’est pas un pays qui a du pétrole.

En deux ans ?

En deux ans d’accord. Vous voulez parler de quoi? Donnez-moi un exemple. Vous connaissez un pays dans lequel on a pu en quelques mois ou en deux ans avoir une action qui a pu transformer le sort de 11 millions de personnes? Est-ce que ce que nous faisons est de nature à construire une économie prospère durable? Ce que nous faisons est de nature à apporter de l’énergie durable, ce qui n’était pas le cas, apporter de l’eau, de l’éducation, de la santé et à créer des conditions favorables à l’investissement créateur d’emplois. Et quand vous avez pris des mesures, vous êtes en train d’assainir la justice, l’administration, l’éducation, pour favoriser l’investissement, il faut que l’investissement se fasse pour créer les emplois. Donc, il faut du temps pour que les effets de l’assainissement du pays, de la bonne gouvernance et des textes que nous prenons pour favoriser l’investissement permettent à l’investissement de se faire. Et l’investissement ne se fait pas en claquant les doigts. Une usine a besoin d’études, a besoin d’implantation, a besoin de la mobilisation du financement avant donc de pouvoir recruter. Tout cela nécessite beaucoup de patience.

Monsieur le président. Pour revenir aux déguerpissements, est-ce que la mesure a été pensée? Parce qu’on a le sentiment qu’elle a été exécutée et qu’il n’y pas de mesures d’accompagnement. On a l’impression qu’elle n’a pas été pensée.

Vous connaissez Cotonou. Est-ce que c’est parce qu’on est pauvre qu’on doit être dans la saleté, dans le désordre? Est-ce que parce que les rues ne sont pas suffisamment asphaltées, nous devons les encombrer de toutes sortes d’ordures, qu’il n’y ait nulle par où passer et que les trottoirs doivent être encombrés, que les piétons, pour circuler, soient obligés de passer dans la rue au risque de se faire ramasser? Nous avons décidé d’embellir nos villes, d’aménager la voirie, d’asphalter nos rues, de faire des trottoirs. Alors, nous avons le choix. Attendre le démarrage des travaux avant de rendre Cotonou propre.

Mais, vous pouvez accompagner aussi les personnes…

Je vais finir, je vais finir. Attendre les travaux d’asphaltage, d’aménagement des trottoirs avant de dire aux gens que vous n’avez pas le droit d’occuper les trottoirs. Mais, l’action gouvernementale a deux intérêts: construire les infrastructures mais éduquer également. Il était important de dire à nos concitoyens que ce n’est pas parce que nous avons démarré les travaux d’asphaltage que nous les enlevons de la rue. Non ! Il fallait qu’ils comprennent qu’on ne doit pas s’installer sur les trottoirs, qu’on ne doit pas développer son commerce sur les trottoirs alors que les marchés sont vides. La plupart des marchés de Cotonou sont occupés à moins de 40%. Il n’est pas normal que dans un pays, le commerce court après le client.

Sinon, si on laisse faire, un jour viendra où les commerçants seraient devant les portes d’habitations pour être les premiers à servir leurs produits à leurs clients. Donc, pendant six mois nous avons informé les gens qu’il fallait libérer les voies, les rues et les trottoirs et nettoyer nos devantures même si nos maisons ne sont pas des bâtiments de luxe. Et ça, après six mois, nous avons donné encore trois mois aux gens à nouveau pour les prévenir. Et à la suite de cela, nous avons agi. Nous avons demandé aux gens de retourner dans les marchés ou alors de mener leur commerce de proximité dans leurs maisons en ouvrant un local, ouverture dans la rue pour faire leur petit commerce. On ne peut pas me reprocher d’avoir demandé aux commerçants ou aux petits marchands que le trottoir, la rue n’est pas le lieu approprié pour faire du commerce. On n’a pas supprimé l’activité de ceux-ci. Je vous donne un jour exemple. Celui qui vend sa bouillie le matin pour le petit déjeuner de ses concitoyens ou celui qui vend de la bière ou la boisson pour étancher la soif de ses proches à midi ou le soir, ce n’est pas parce qu’on a déplacé qu’on a supprimé l’activité. On n’a pas supprimé l’offre. On n’a pas supprimé la demande. Le besoin de prendre la bouillie le matin n’a pas changé. Désormais, il va falloir que celui qui achète sa bouillie, ne l’achète plus au bord de la voie mais aille là ou il convient de l’acheter. Vous parlez comme si on a supprimé les activités. Nous avons déplacé les activités.

Si vous voulez, on va continuer cet entretien avec d’autres réformes que vous avez entreprises notamment ce qui concerne les sociétés d’Etat. Vous considérez que dans les sociétés d’Etat parfois l’administration est trop lourde notamment dans sa gestion des sociétés d’Etat parfois opaque. Il y a deux exemples. Vous venez de confier la gestion du port de Cotonou à une société privée d’Anvers et il y a des négociations en cours pour la gestion de l’aéroport de Cotonou avec une société française. Vous considérez que le privé fera un meilleur travail que les entreprises d’Etat, c’est plus efficace?

L’entreprise demeure l’entreprise d’Etat. Le port autonome de Cotonou demeure un patrimoine public. Ce que nous recherchons, madame, c’est la gestion efficace quelle que soit l’origine du gestionnaire. Qu’il soit Béninois, Togolais, Ivoirien, Français ou Canadien, cela importe peu. Nous voulons de l’expertise pour gérer notre bien commun avec efficacité, avec compétence. C’est tout. Je vais chercher l’expertise et la compétence où qu’elles soient. Je n’ai pas de pudeur à dire non, non ce n’est pas forcément un partisan, un parent qui soit nommé pour la gestion, la gouvernance d’un bien qui nous est cher. C’est pour cela que nous avons confié le Port autonome de Cotonou, malheureusement à la déception de mes partisans qui, tous les jours me harcelaient pour être nommés, alors que ceux-ci n’ont pas les compétences requises. Nous sommes allés chercher le Port d’Anvers qui est le deuxième port européen qui une expérience avérée en la matière pour, pendant quelques années, implanter la bonne gestion, former les gens. Il n’y a pas de honte à cela. Après cela, les Béninois auraient acquis les compétences qu’il faut. On aurait installé les moules de gouvernance qu’il faut pour que la gestion par la suite soit convenable. Vous connaissez le Port de Tanger. A l’époque au Maroc, les Français ont été des partenaires techniques des ports marocains. Nous avons vu que les ports ont progressé dans la gestion. Aujourd’hui, il n’y a plus d’étrangers dans la gestion des ports marocains notamment de Tanger qui est une référence. Ils ont acquis de l’expérience. Ils ont acquis de la compétence. Et cela, il n’y a pas de honte à faire venir de l’expertise pendant un temps et après, une fois qu’on s’en est approprié, on gère soi-même.

C’est le constat de l’échec de l’expertise béninoise…

C’est quoi l’expertise béninoise?

D’autres peuvent vous dire que vous ne faites pas confiance à vos compatriotes pour gérer un port, pour gérer l’aéroport.

Est-ce que depuis les indépendances, vous avez l’impression que notre port fait partie des meilleurs de l’Afrique ou de la sous région? Tout le monde sait que notre port est mal géré. Il faut le constater et avoir le courage d’aller chercher de l’expertise. Vous savez, c’était plus aisé pour moi. Je fais des choses difficiles et j’attends qu’on reconnaisse la pertinence de ce que je fais. Mes partisans sont demandeurs de ce port. Vous le savez bien. Et je prends le risque de les affronter, de les calmer et de leur dire non. Vous qui voulez le faire, vous êtes professeurs d’histoire, vous êtes médecins. Vous voulez êtes directeur du Port Autonome de Cotonou. En quoi votre expertise nous permettra de faire du Port de Cotonou un port compétitif dans la sous région? Et n’est-ce pas un mérite de dire non à ses parents, à ses partisans et d’aller chercher l’expertise ailleurs?

Je me permets de vous interrompre, il faut qu’on parle d’un autre sujet économique, du chemin de fer. C’est un grand chantier qui avait été confié aux français du groupe Bolloré. Ensuite il y a eu une décision de justice et il a été confié à un groupe béninois, Petrolin. Et puis vous avez décidé, parce que vous avez estimé qu’il y a un imbroglio juridique, de le confier aux chinois. Alors ma question est comment convaincre les investisseurs d’investir au Bénin, si du jour au lendemain ce qui avait été décidé un jour est remis en cause le lendemain ?

Il faut avoir le courage d’apprécier l’efficacité des décisions et savoir changer de cap si c’est nécessaire. Ce n’est pas le faire qui serait un péché. Ce que vous évoquez est plus compliqué que ça. Le chemin de fer bénino-nigérien a fait l’objet d’appel d’offres pour sa concession. Et une entreprise béninoise, dirigée par un béninois, Petrolin, a été l’adjudicataire. Le processus n’a pas abouti. Et les deux Etats n’ont pas signé la concession à cet adjudicataire. Donc, il y a un certain acquis puisque la société Petrolin a été nommée adjudicataire, mais n’a pas obtenu la concession que lui conférait son adjudication. C’était avant ma prise de fonction. Puis, pendant qu’elle s’afférait à obtenir la concession, les deux Etats ont entrepris de signer une convention de concession avec une autre entreprise qui est Bolloré.

Qui a construit, dès qu’elle a eu cette concession, 1000km

Et c’est de là qu’est né le conflit. Petrolin dit non moi j’ai été l’adjudicataire de l’appel d’offres, vous n’êtes pas allés au bout du processus, je n’ai pas pu jouir du contrat de concession. Et ce contrat de concession vous venez le donner à Bolloré sans appel d’offre. Quelque part, Petrolin a eu raison de contester la concession qui a été signée avec Bolloré.

Alors, pourquoi les chinois monsieur le président ?

Je vais vous expliquer. Bolloré ayant en main un contrat signé en bonne et due forme, a commencé l’exploitation d’investissements. Et cela comme je vous l’ai dit, à engendré un imbroglio juridique terrible, d’autant qu’il s’agit de deux Etats puis de deux opérateurs économiques dans un environnement pas évident. Quand nous sommes arrivés, j’ai pu constater que ce genre de conflit paralyse une évolution normale de la concession de Bolloré. J’ai rencontré Bolloré et je lui ai fait comprendre qu’il est nécessaire qu’on trouve une porte de sortie. Puis j’ai évoqué un autre problème, une autre préoccupation. Le chemin de fer est un bien qui nécessite beaucoup d’investissements et économiquement il n’est pas évident que le financement commercial, que le crédit commercial soit en mesure de financer les besoins. Il faut aujourd’hui pour faire un chemin de fer convenable entre le Bénin et le Niger, au moins 4 milliards de dollars. C’est énorme. Ce n’est pas une somme que le secteur privé peut mobiliser…

Vous avez peur d’un chemin de fer bas de gamme concernant le groupe Bolloré, c’est ce que vous avez dit ?

C’est pratiquement le choix qu’avaient fait les autorités bénino-nigériennes. Parce que les montants à investir n’étaient pas destinés de renouveler totalement le chemin de fer avec du neuf, et développer le chemin de fer comme il convient. Comme le financement nécessaire était trop important, le choix a été de réhabiliter l’existant. Et c’était un choix clair et bien dit. J’ai dit que cela ne pouvait emporter notre adhésion. Parce que nous pouvons œuvre aujourd’hui et pour demain. Le choix est d’avoir un chemin de fer qui réponde aux normes du jour, ainsi que pour de l’avenir.

Donc le groupe chinois a apporté…

La Chine a offert d’aider les pays africains pour l’aide au développement, afin de mettre 60 milliards de dollars pour les investissements, notamment pour les infrastructures du genre. Ce ne serait pas intelligent de ne pas aller chercher cette opportunité de financement pour résoudre le problème de l’OCBN, du chemin de fer. C’est en cela que j’ai dit au président du Niger, j’ai dit à monsieur Bolloré et à monsieur Petrolin, vous ne serez jamais en mesure de financer le chemin de fer conforme à nos ambitions. Retirez vous à l’amiable et on ira chercher le financement chinois pour le faire. C’est tout.

Vous avez, au terme de deux années passées au pouvoir, la quasi-totalité de la classe politique contre vous…

C’est votre impression.

Et une réunion récente qui comprend deux anciens présidents, un ancien ministre d’Etat monsieur Tévoèdjrè, un de vos proches…

Alors, c’est ceux-là qui représentent la quasi-totalité de la classe politique? Je crois que si vous connaissez le Bénin vous devez savoir également que la majorité parlementaire est de mon côté et que le parlement est la représentation à un instant ‘’T’’ des forces politiques en présence dans le pays. Aujourd’hui, presque deux tiers du parlement si non tout au moins 60% du parlement sont favorables à mon action. Pour moi, c’est un indicateur suffisant. Mais je n’ai pas vocation à avoir l’unanimité, afin que tous les anciens présidents ou les acteurs politiques du Bénin soient de mon côté. Ce n’est pas bon pour la démocratie. Et puis je ne fait rien pour séduire la classe politique. Ce n’est pas mon rôle. Mon rôle c’est d’agir pour transformer notre pays courageusement et opérer les réformes nécessaires, y compris les réformes politiques. Et c’est cela qui suscite beaucoup de mécontentement.

Est-ce que vous préférez la famille aux autres béninois ?

Pas du tout.

Il se dit que vous n’êtes entouré que des membres de votre famille

Est-ce que c’est l’impression que vous avez ? Quand vous voyez la composition du gouvernement, quand vous voyez dans l’administration, les gens qui sont nommés, est-ce que vous avez l’impression qu’il n’y a que ma famille au gouvernement, dans les fonctions administratives. Ce n’est pas vrai. Mais il se fait que quand j’ai un parent qui est béninois qui peut jouer un rôle, je ne vais pas m’en empêcher juste parce qu’il porterait le même patronyme que moi.

Monsieur le président, vous parlez de gouvernement. Aujourd’hui dans le monde on parle du droit de la femme. Aujourd’hui dans votre gouvernement, il y a 22 ministres dont quatre femmes… c’est très peu. Est-ce que vous n’avez pas trouvé de femmes en mesure d’occuper des postes dans votre gouvernement, ou est-ce que la parité n’est pas votre souci ?

Si. La parité me préoccupe.

Quatre femmes sur 22, c’est peu

C’est peu. Je ne suis pas fier de ça. Mais nous œuvrons à corriger cela, à motiver les femmes pour s’intéresser à la chose politique, à la vie politique. Et je pense que dans les temps à venir, les choses vont changer au fur et à mesure qu’elles comprendront, qu’elles voudront et qu’elles seront plus actives dans l’action politique.

Mais il y a eu plus de femmes dans les dernières décennies, je pense.

Oui, mais je n’en fais pas un principe fondamental. Ce qui m’importe d’abord…

La parité ne vous importe pas ?

C’est une préoccupation. Mais elle ne prime pas sur tout. C’est un objectif. Mais je veux faire comprendre que ce n’est pas l’objectif qui prime. Ce qui est important pour moi, c’est d’agir vite et efficacement. Et si je peux à la fois satisfaire toutes les autres préoccupations, oui. Mais malheureusement celle là n’est pas encore satisfaite. Mais je n’en fait pas le principe essentiel et unique. Ce ne serait quand pas intelligent de ma part de dire que si je n’ai pas 10 ministres femmes sur les 22, alors il n’y a pas de gouvernement.

Parlons maintenant d’un autre sujet, de nos enfants. Ici au Bénin, il y a un enfant sur deux qui travaille entre de 5 et 10 ans.

Un enfant sur deux, ce n’est pas vrai.

En tout cas il y a beaucoup d’enfants. Il suffit d’aller à Dantokpa, au grand marché de Cotonou pour voir beaucoup d’enfants qui travaillent pour soutenir leurs familles. Est-ce que l’avenir de ces enfants fait partie des grands chantiers que vous avez ?

Nous pouvons renverser cette tendance. Parce que dans les sociétés africaines les enfants aident les parents ou sont parfois livrés à eux-mêmes. Et se retrouvent dans les activités économiques. C’est regrettable et nous agissons pour corriger ce genre de chose. Et c’est même pour ça que nous avons dans les zones rurales pauvres, instauré les cantines scolaires pour favoriser la scolarisation des enfants. Et cela est en train de porter ses fruits.

Il y a une réforme qui a provoqué beaucoup de remous dans le pays. C’est la tentative de supprimer le droit de grève pour certaines catégories socioprofessionnelles, comme la santé, la justice. Cette décision a été rejetée par la Cour Constitutionnelle, qui vous a uniquement autorisé à aménager les conditions d’exercice. Mais décider de toucher au droit de grève, est-ce que ce n’est pas d’une façon toucher à la démocratie monsieur le président ?

Vous êtes française !

Oui

Est-ce que tout le monde a le droit de faire grève en France ?

Il y a des aménagements sur l’exercice de la grève

Est-ce que tout le monde a le droit de faire grève ? Est-ce que l’armée fait grève en France? Est-ce la Police fait grève en France ?

Non. Mais là on parle de santé monsieur le président

Ce qui veut dire qu’il y a des secteurs dans lesquels la grève n’est pas admise. Donc la question est de savoir si le secteur dans lequel on refuse la grève est un secteur sensible, vital et qui mérite la suppression de ce droit. C’est la question essentielle. Il faut répondre à cette question au lieu de dire que le fait de retirer le droit de grève à certains acteurs est une atteinte à la démocratie. Dans tous les pays du monde, il y a des secteurs dans lesquels la grève n’est pas admise. Au Bénin, il est établi que l’armée peut faire grève, que la Police peut faire grève, que tout le monde peut faire grève. Est-ce que vous trouvez cela convenable. Nous sommes dans un environnement global, général. Et il faut apprécier les questions selon le bon sens qui est quand même la chose la mieux partagée au monde.

Je reviens là dessus, sur le principe de suppression de grève à certaines catégories de travailleurs. Ce principe est-il contraire à la démocratie ? Non ! Mais nous n’avons pas décidé de supprimer la grève dans tous les secteurs d’activité du Bénin, à toute l’administration.

Ce n’est pas ce que j’ai dit

C’est ce que vous avez dit

Non. J’ai dit que c’était dans certaines catégories socioprofessionnelles

Voilà. Votre question devrait être : est-ce que le fait de supprimer ce droit au secteur de la justice est convenable ? Je vais dire. En France, le secteur de la justice n’a pas de droit de grève, les magistrats et juges n’ont pas droit de grève… pareil au Togo et au Sénégal. Egalement dans la plupart des pays de la sous région. Mais au Bénin, les magistrats et les juges sont en grève tout le temps. Et nous avons dit qu’à l’instar des autres pays, nous faisons des réformes pour améliorer l’attractivité de notre pays en termes d’investissements. Le reproche fondamental qu’on nous fait, c’est que la justice est non seulement corrompue, mais inefficace en plus. Nous nous attelons à réorganiser la justice, à lutter contre ses tars y compris les grèves incessantes. Et c’est pour cela que quand le parlement a pris cette décision, je l’ai soutenu. Ce n’était pas mon initiative, mais j’ai soutenu le parlement dans cette réforme tendant à supprimer le droit de grève à la magistrature et à la santé. Ce sont les deux secteurs dans lesquels le peuple souffre énormément. Chaque pays évoque à un moment donné de sa vie, ce qui lui parait vital, essentiel et non négociable.

Le service minimum est observé

Malheureusement non. La grève est observée dans le secteur de la santé au Bénin sans service minimum. Et c’est tout cela qui nous a amené à dire : la santé, la vie ne peut pas être objet d’otage.

Pour poursuivre cet entretien, je voudrais vous poser une question sur le mandat unique. C’était une promesse phare de votre projet. Cette question a été examinée au parlement. Le parlement a considéré que ce n’est pas recevable. Vous avez lancé de grands projets qui n’arriveront probablement pas à terme au moment de la fin de votre mandat en 2021. Est-ce que vous défendez encore, malgré cette opposition du Parlement, ce mandat unique ? Si non, est-ce que vous pouvez envisager de vous représenter après 2021 ?

Je continue de croire que le mandat unique est une réforme pertinente pour l’état de notre pays. Ce que je dis ne concerne que mon pays et ce que j’observe. Parce que nous avons besoin de gouverner notre pays avec beaucoup de courage et sans faire attention au besoin de populisme. Malheureusement, la quête d’un second mandat est toujours un facteur de populisme. On a le regard rivé sur les échéances électorales et on se garde de prendre des mesures difficiles voire impopulaires. C’est à cela que j’ai dit qu’il était souhaitable que nous puissions instaurer le mandat unique, pour permettre aux gouvernants d’agir avec courage et efficacité sans se soucier d’une réélection éventuelle. Parce qu’il faut qu’on construise le pays sur tous les plans. Malheureusement, ça n’a pas marché. Je pense que l’opinion publique et la classe politique n’étaient prêtes.

Vous pensez que ça aura plus d’écho après les élections législatives prochaines ?

Je ne suis pas obstiné dans mes choix, parce qu’il faut aussi conduire sa politique et ses suggestions de réformes avec l’évolution du pays, des mentalités et de la compréhension des gens. Donc, il ne serait pas bien de ma part de dire c’est ça ou rien.

Monsieur le Président, est-ce que vous allez briguer un second mandat ?

A cette question, j’ai eu l’occasion de donner à maintes reprises ma réponse. Le mandat unique n’est plus d’actualité, en tout cas pour le moment. Alors, est-ce que pour le président actuel que je suis le mandat unique reste fondamental ou non ? Ce n’est pas fondamental et ce n’est plus d’actualité maintenant, à l’heure où je vous parle. Cette question peut revenir. Alors être candidat à nouveau en 2021 relève de mon droit le plus absolu. Je verrai bien si la réforme que j’ai voulue imprimer et qui devait commencer par moi-même, va revenir un jour ou non. Etre candidat en 2021 ou non, je ne sais pas. Et je ne sais pas répondre aujourd’hui parce que ce n’est pas cela qui m’a motivé pour la réforme. Ce n’est pas parce que je n’étais pas intéressé à être candidat à nouveau que j’ai initié cette réforme. J’ai pensé que cette réforme était utile pour éviter le populisme de nos gouvernants. Je ne suis pas dans le populisme.

Donc, vous allez vous présenter

Pourquoi ?

Mais tout indique que vous allez vous présenter

Je voudrais finir mon mandat dans le respect de mes engagements en ce qui concerne la bonne gouvernance, la résolution des problèmes de mon pays, l’eau, l’énergie, les infrastructures, la santé, l’éducation.

Tout cela ne peut pas être résolu en 2021

Même deux ou trois mandats ne suffiront jamais à résoudre les problèmes de ce pays. Cela doit se faire de façon continuelle. Est-ce que je serai candidat ? Je verrai bien.

En ce qui concerne les œuvres d’arts que le président Macron souhaiterait restituer en partie ou définitivement d’ici cinq ans au Bénin, est-ce que vous pensez que ce geste est une façon de réparer les liens entre la France et le Bénin, établis par la colonisation ?

Non. Vous n’allez pas demander à la France de réparer quoi que se soit. Ce n’est pas notre objectif. Ce n’est pas notre façon de penser. Nous sommes dans la coopération. Et nous avons dit aux autorités françaises que les biens culturels témoins de notre histoire qui sont partis du Bénin, nous souhaitons qu’ils nous reviennent. Parce que cela peut contribuer à bâtir notre programme touristique. Nous sommes dans la coopération…

Transcription: Arthur Sélo

Commentaires

Commentaires du site 5
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    OLLA OUMAR Il y a 2 mois

    On a dit verbatim , transcription mots pour mots de 3 intervenants , je ne vois pas de quoi ils parlent remocrate set critique , peut qu’ils ont trouvé talon plus mi.na.ble que d’habitude , ce qui justifie leur mauvaise foi ici 

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    Critique Il y a 2 mois

    Le titre de l’article est tendancieux et semble indiquer un parti pris.

    Il n’est pas établi que le Président s’adressait en particulier aux Béninois à travers les médias français concernés, vu qu’il y a plein d’autres activités de communication, y compris en langues nationales, pour permettre au Président de communiquer avec le peuple.

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      OLLA OUMAR Il y a 2 mois

      Remocrate , critique , cet article n’est qu’un verbatim de l’émission, mots pour mots des trois participants , même pas un commentaire du journaliste, mais plutôt une transcription, et puis vous montez sur vos grands chevaux , est ce la preuve que vous même avez trouvé, talon ********, et pas à la hauteur de la fonction , malgré la grande publicité que talon et ses communicants ont donné à son passage ? 
      Qu’à cela ne tienne , repayer , et vous aurez droit à un passage , et je doute que d’ici là , il se serait amélioré 😂😂

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    Remocrate Il y a 2 mois

    Cessez de faire de l’amalgame sur cette sortie médiatique de Talon.
    Allez-y chercher à comprendre les coulisses de l’émission “Internationales” et vous comprendrez qu’il ne s’agit pas d’une communication mais d’information. Ce n’est pas Talon qui a demandé à être interviewé mais c’est le contraire.
    Arrêtez avec cette vaine critique contre le président de la république.
    Voici la preuve que vous n’êtes que des incompétents, incapables d’aller enquêter sur les coulisses de cette émission avant de venir publier du n’importe quoi.
    Cessons d’être des hypocrites.

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      Christelle Il y a 2 mois

      Ils sont vraiment hypocrites ces béninois!

      ils sont resté au pays et il ne comprennent ce qui se passe ailleurs.

      Partout à l’étranger la sortie du président Béninois est très apprécier par africains non béninois.

      alors qu’au pays les gens trouvent toujours à dire et à redire mais c’est curieux.

      c’est jaloux aux yeux de crocodile qui n’ont rien fait pour amorcer le décollage de leur pays.

      celui qui a le courage de faire de réforme pour l’avenir du pays on veut l’abattre parceque cela bouscule les intérêts

      Dommage pour ce peuple de d’hypocrite et de BI GLO TCHE MIN

      Le pire est que on en trouve des pleurnichards qui avaient mis le pays à genou à travers Maria Gléta, Siège de l’assemblé, ICC service, machine agricoles, Sen Sad et j’en passe.

      Ils n’ont plus rien à prouver

      10 ans de Yinwè! mais rien du tout à part la distribution de 2 000 F aux zèm et aux femmes à la présidence de la république

      Est ce c’est ça le développement?

      Est ce que cette façon de faire peut elle apport un développement d’un pays?

      N’importe qui oui

      Beaucoup de Béninois sont animés de la haine

      On peut être contre un individu mais lorsque des chose bien se font il faut avoir le courage de le dire

      je passais par votre forum