Romuald Hazoumè : «Les réformes entreprises par le ministère sont déjà porteuses »

Romuald Hazoumè : «Les réformes entreprises par le ministère sont déjà porteuses »

Pendant deux ans, qu’est-ce qui a changé selon vous, au niveau du sport béninois ?

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D’abord, je pensais avoir à faire à des politiques. Mais dans le cas du ministre des sports, je pense qu’il a compris qu’il ne faut pas être politique. Et ça c’est un très grand avantage pour ce gouvernement. Quand il fait une promesse, il respecte sa promesse : quand il dit que les subventions seront augmentées, il le fait. Et ça c’est déjà un très grand pas dans le sport béninois, qu’il faut absolument saluer. C’est à l’actif de ce gouvernement qui fait des réformes.

Mais il faut remarquer qu’il y a un manque de discernement sur les sports béninois. C’est-à-dire que je ne connais pas les critères d’attribution des subventions. Les critères sont décidés au ministère, mais je pense qu’il faudrait réellement connaitre chaque sport avant de fixer le montant des subventions. C’est le seul point faible que je trouve au système.

Mais lors de la cérémonie de remise de chèques, le ministre a énuméré quelques critères…

Oui, mais on peut avoir un siège de fédération et ne rien faire. On peut avoir un bureau, une secrétaire et le sport va toujours faire du sur place : pas de participation aux compétitions internationales, pas de progression, pas de résultats. C’est ça le plus important pour moi : quand vous prenez le cyclisme, il était dans un trou profond. Aujourd’hui, grâce à la confiance que nous avons pu rétablir au niveau international, le cyclisme a commencé à émerger. Nous avons aujourd’hui de petits résultats. On n’a pas encore de grands résultats comme au scrabble, comme aux boules, parce que eux ils sont partis depuis longtemps. Et je salue d’ailleurs leurs succès.

Selon vous, les réformes annoncées sont-elles porteuses ?

Ah oui. Les réformes vont donner des résultats à condition que les hommes suivent. Regardez l’engouement que nous avons au cyclisme maintenant. C’est grâce à ces réformes. Si le gouvernement réforme, il faut que les fédérations aussi fassent des réformes. Et c’est ce que nous sommes en train de faire. Vous voyez bien comment j’ai plein d’ennemis aujourd’hui. Parce que je gère l’argent comme si c’est mon argent. Je gère l’argent avec beaucoup de rigueur. Les réformes ne plaisent pas souvent mais nous devons les faire si nous voulons que les choses changent, si nous voulons avoir des résultats. Les réformes entreprises par le ministère sont déjà porteuses. Regardez l’engouement suscité par la victoire du scrabble : 1er au championnat d’Afrique de scrabble francophone. Ils ont eu de l’argent, ils participent aux compétitions et ils gagnent des médailles. Le tennis apporte des médailles. Or peut-être que si on ne les avait pas aidé, si on ne leur permettait pas de participer et de pouvoir faire changer des choses à leur niveau, on n’aurait pas eu ces résultats.

Mais le scrabble et la pétanque faisaient déjà parler du Bénin avant l’arrivée de ce régime !

Oui, mais combien d’argent le gouvernement donnait à la pétanque? Combien d’argent le gouvernement donnait au scrabble? Donc une fois que le gouvernement a décidé d’accompagner autrement et d’exiger des résultats même s’il y en a déjà, il y a une motivation supplémentaire. Avant, les boulistes se débrouillaient pour partir. Aujourd’hui on les soulage un peu plus.

Donc il faut saluer cet effort qui est fait financièrement pour mettre chaque sport à un niveau. Avant, on ne faisait rien et quand les élections approchaient, on organisait subitement des événements. Mais pour que ça marche, il faut que nous le peuple nous suivions le gouvernement, que nous accompagnions le gouvernement dans cette dynamique de réorganisation du sport béninois.

Spécifiquement au niveau du cyclisme qu’est-ce qui a changé?

On m’a donné un peu d’argent. J’ai tellement géré cet argent que ça a permis de faire des réformes chez nous. Toutes les choses qui n’existaient plus, on les a remises. Les licences sont désormais obligatoires et conformes aux normes de l’Union Cycliste internationale. On a restructuré, on a les moyens d’aider les clubs indirectement. On a fait une course de détection organisée en mars à Banikoara, les vingt premiers devront avoir une licence pour participer aux prochaines courses. Sans la volonté de Homéky, on n’en serait pas là. Cette réforme d’accompagner les fédérations est bonne, la création des classes sportives aussi.

Pour les trois prochaines années, quelles sont vos attentes ?

J’attends une implication plus grande de l’Etat dans le financement du Tour Cycliste du Bénin. Pour l’instant, je n’ai absolument rien de l’Etat pour pouvoir payer le prochain Tour qui aura lieu du 6 au 13 mai. Or, 12 équipes étrangères sont invitées. En ce qui concerne le budget, si je prends les Tours des pays de la sous-région, ça revient à 400 millions de FCFA au Cameroun et en Côte d’Ivoire. Le Tour du Burkina Faso, c’est 380 millions. Et moi, j’ai entre 20 et 30 millions grâce aux sponsors. En plus, de notre partenariat sur 3 ans, la Sobebra est le principal sponsor du Tour du Bénin. Il faut donc que l’Etat contribue car le Tour du Bénin lui appartient. Le cyclisme est un sport qui va vers les gens, c’est un spectacle que l’Etat doit offrir aux Béninois

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