Inondations en Côte d’Ivoire : Guillaume Soro pleure la mort d’un proche

Inondations en Côte d’Ivoire : Guillaume Soro pleure la mort d’un proche

En Côte d’ivoire, les inondations surprises survenues dans le pays ont laissé de nombreuses familles dans le désarroi.

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Outre les pertes matérielles, certains ivoiriens ont été confrontés à la perte de leurs proches. En tout, on dénombre pour l’heure 19 personnes décédées. Au nombre de ces victimes figure un proche du président de l’Assemblée nationale (PAN), Guillaume Soro. Le PAN a ainsi confirmé les rumeurs qui circulaient depuis quelques heures sur la toile ivoirienne. Mohammed Konaté alias Delmas a ainsi perdu la vie dans ces tristes événements. D’apres certains témoins, il aurait perdu la vie coincé par les eaux dans sa voiture.

Des photos ont même circulé sur la toile. Face à ce drame, le président de l’Assemblée ivoirienne a rompu le silence à travers un communiqué rendu public il y a quelques heures. Lire ci-dessous ce communiqué.

Décès tragique d’un administrateur de l’Assemblée Nationale, le témoignage de Guillaume SORO sur son compagnon Mohamed Delmas.

« Ce mardi est un jour funeste et le demeurera pour longtemps dans nos mémoires. Quel sinistre pour le pays! Quelle tragédie pour l’Assemblée nationale! Quelle douleur pour moi! Joyeux, je me suis réveillé, prêt à entamer une autre journée de labeur. Et des nouvelles de la ville me parviennent. Macabres. Abidjan subit une inondation majeure. Plusieurs quartiers sont sous les eaux. Des morts sont comptés. Des biens détruits. Mais j’étais loin de m’imaginer que ce drame me frapperait aussi directement et aussi cruellement.

Hier, lundi je revoyais mon cher ami et compagnon Konaté Mamadou dit Delmas, plein de vie. Comme à l’accoutumée, je lui fais une blague et nous en rions de bon coeur. Je ne savais pas que ce serait la dernière.

Ce matin, au moment où les eaux se retirent, j’appelle mon Chef de cabinet pour m’assurer de mes audiences. Sa voix est plutôt bizarre, me suis-je dit. Dans un bégaiement inhabituel, il m’annonce, la voix nouée par l’émotion, que mon cher Delmas s’en est allé. “Comment? De quoi me parles-tu?” m’entendais-je l’interroger ? “Les inondations” répond-il.

“Ce n’est pas possible!” murmurais-je. Frappé de stupéfaction, mon téléphone m’échappe des mains. Je me rassieds, tétanisé, basculant dans l’incrédulité.

Les images du visage sourieur de Delmas m’assaillent. Je n’arrive pas à les chasser. Delmas est un ami de 20 ans. Quand en 1997 je quitte la cité universitaire de Vridi pour me loger moi-même dans le même quartier, j’ai vite été remarqué par un jeune homme qui visiblement voulait faire la conversation avec moi. Du moins, il essayait. Je le trouvais timide. A l’apparence, il était plus âgé. J’avais quitté ma vie d’étudiant. Nous finissons par devenir amis. Si amis qu’il entra dans ma famille et en devient un membre. Quand j’eus mon premier fils Marcel-Dussud, Delmas était à nos côtés, Sylvie et moi. Veillant, quand j’étais absent, à ce que ma petite famille n’éprouve nulle gêne ni ne soit dans le besoin.

Je rappelle que pendant cette période, mon père fut gravement malade. Il a fallu l’évacuer sur Abidjan. Mon père résida avec moi avec la maison durant le temps de sa maladie. Et là, Delmas par sa générosité naturelle, conquit le cœur de mon père. Ils sont devenus si proches que c’est plutôt Delmas qui l’accompagnait désormais au Chu de Treichville où il se faisait traiter. A peine rétabli, mais assez affaibli cependant, mon père demanda à retourner au village. J’étais réticent à l’idée de le laisser conduire le nouveau véhicule qu’il venait d’acheter. Delmas se proposa spontanément de faire le chauffeur pour mon père jusqu’à Ferké et de faire le chemin retour en autobus. Delmas était devenu le confident de mon père qui, en retour, le considérait comme un fils. C’est quelques temps après que mon père nous a quittés. Je m’étais promis que le jour où j’écrirai mes mémoires, sur la partie concernant mon Père, Delmas allait m’être d’un grand apport. J’ai procrastiné. Hélas Delmas vient de le rejoindre tragiquement sans m’avoir tout dit de leurs instants de complicité et de ses pensées.

Je pense à ce Delmas que j’ai tant aimé, qui m’a suivi de Vridi à l’Assemblée nationale, dans la discrétion et le sérieux, et j’ai le cœur lourd. Sérieux il l’était. Rigoureux aussi. Le personnel de l’Assemblée nationale pourra témoigner de cet homme calme et presque effacé. Pas un seul mot de travers quand il prenait la parole. Et pourtant il était doté d’une grande force intérieure, lui l’expert rompu aux arts martiaux.

A la dernière réunion à mon domicile, il me parlait encore de nos projets à mener, de nos chantiers en instance, des défis qui nous attendaient. Et il savait être insistant avec moi, quand il était convaincu. Devrais-je croire que ce sont les meilleurs d’entre nous qui s’en vont ? La mort, c’est quelque chose! Elle vous frappe de la façon la plus brutale et la plus inattendue. Notre douleur est indicible, moi et tous ceux qui, dans cette tragédie, ont perdu des proches, des êtres chers. Tous, nous avions tant de projets à mener ensembles, tant de rêves à partager.

Seigneur Dieu, de ton trône céleste, voit notre souffrance et entend la supplique de tous les Ivoiriens qui sont frappés par ce drame ».

 Guillaume Soro.

Commentaires

Commentaires du site 13
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    OLLA OUMAR Il y a 5 mois

    bagri est c.on , parle pour talon , SORO va durer sur cette terre plus que vous deux

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    Certainement émouvant les condoléances à sa famille.

    Les larmes de Gbagbo inonderont davantage ce pays pour laver les toutes les souillures des traitres . Que Dieu pardonne les plus pauvres, les plus faibles et les justes..

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    django koffi maurice Il y a 5 mois

    mes condoleance a vous ke dieu le pardonne ces mauvais actes.

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    mes sincères condoleances a la Ci en general et en particulier sa famille.Que Dieu l’accueille dans son royaume.

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    grand homme

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    OLLA OUMAR Il y a 5 mois

    bel hommage rendu à un compagnon de route et de galère , Merci mon PAN pour ce témoignage vibrant , avec humilité , et reconnaissances sincères , où qu’il soit , il veillera sur toi , comme les autres qui t’ont quitté trés tôt

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      C’est vrai bel hommage…et “veillera sur toi”…comme aussi la mort de ibk..va le hanter…toute sa vie….

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    sama émile Il y a 5 mois

    il n’ya jamais de mort heureuse. paix à son âme. pauvre bagri tu sais pas ce que tu dis que dieu te pardonne

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    on ne se réjouit jamais de la mort de quelqu’un que Dieu l’accueille dans son royaume mais Soro une mort plus atroce t’attend! inch Allah!!!

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    Soulama Sandrine Il y a 5 mois

    Amen,nos sincères condoléances et k Dieu apaise vos douleurs et soulage la Côte d’Ivoire de tous ces maux.

     

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