Une note pour l’histoire. En effet, le site d’informations Mediapart, en collaboration avec Radio France, vient de dévoiler une note, longtemps gardée secrète, mais déclassifiée par le ministère de la Défense en 2015. Cette note désigne dès le mois de septembre 1994 deux « extrémistes hutus » comme étant les responsables de l’attentat déclencheur du génocide rwandais.

Deux extrémistes hutus, responsables de l’attentat d’avril ?

Ces deux hommes sont les colonels Théoneste Bagosora, l’ancien directeur du cabinet du ministre de la Défense, et Laurent Srubuga, l’ancien chef d’état-major des FAR, les forces armées rwandaises. Pointés du doigt comme étant, les commanditaires de l’attentat du 6 avril 94, Mediapart et Radio France s’interrogent. « Les services de l’État français, ne savaient-ils vraiment ‘rien’ ? ». Pour rappel, le 6 avril 1994, un attentat intervient contre l’avion du président rwandais, Juvénal Habyarimana, Hutu d’ethnie. Cet événement sera considéré par l’histoire comme étant le déclencheur du génocide qui fera pas moins de 800.000 morts, selon l’ONU.

Bagorosa lui, sera considéré comme étant l’un des principaux instigateurs de ce génocide et sera condamné à une lourde peine de prison par le TPIR, le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), peine qu’il purge au Mali. De son côté, Laurent Serubuga s’est installé en France à la fin des années 90 avant d’être protégé par la justice qui, en 2014, refusera son extradition à Kigali. La note elle, continue en assurant que ces deux hommes, qui ont été mis à la retraite en 1992 alors qu’ils attendaient et espéraient le grade de général, auraient très vite eu des ressentiments.

Une note jugée “probable” par Védrine

« Cette opération aurait été préméditée de longue date par les extrémistes hutus (…) L’assassinat de ministres de l’opposition modérée et de Tutsis, moins d’une demi-heure après l’explosion du Falcon présidentiel, confirmerait le haut degré de préparation de cette opération », continue le papier. Un moment durant, l’enquête s’est également tournée vers Paul Kagame et le Front patriotique rwandais. Toutefois, un rapport en balistique viendra contrer cette rumeur et établira clairement que ce dernier et ses proches n’avaient rien à voir dans cette histoire. De son côté, l’ancien secrétaire général de la présidence française au moment du génocide, Hubert Védrine, n’a pas paru franchement surpris par cette note, ni par l’hypothèse qu’elle semble confirmer, « il y avait des tas de notes, d’origines diverses envisageant les deux hypothèses (…) ».

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