Le Sénat ne lâche rien. En effet, alors qu’Alexandre Benalla vient d’être mis en examen pour des faits de violence et de port illégal d’arme, l’instance française était attendue au tournant. Dans les faits, les sénateurs devaient se prononcer sur la saisie ou non de la justice concernant les déclarations effectuées sous serment par Benalla et consorts, tenues lors des auditions en marge de l’affaire.

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Résultat, après de longs débats, le sénat a décidé de demander à la justice d’enquêter sur Alexandre Benalla et Vincent Crase pour faux témoignages. Mais ce n’est pas tout. En effet, trois proches collaborateurs du président Emmanuel Macron sont également visés, puisque les noms d’Alexis Kohler, de Patrick Strzoda et du général Lionel Lavergne ont également été cités. Une attaque très mal vécue par le gouvernement qui, à sa manière, a décidé de réagir.

Le Premier ministre, absent de l’Assemblée nationale

En effet, alors qu’il devait se rendre dans l’hémicycle afin de participer aux questions au gouvernement, le Premier ministre Édouard Philippe a décidé de ne pas s’y présenter, en guise de protestation contre la décision de la chambre Haute. Ce dernier en aurait d’ailleurs averti le président du Sénat, Gérard Larcher, quelques minutes auparavant, lui expliquant noir sur blanc qu’il s’agissait effectivement d’une « sanction ».

Richard Ferrand réagit lui aussi

Ancien ministre de Macron et actuel patron de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand a également décidé de réagir à la décision du Sénat. Au cours d’un communiqué, ce dernier a confirmé avoir pris la décision de ne pas se rendre à « la conférence commune avec le Président du Sénat Gérard Larcher prévue ce vendredi 22 mars à Sciences Po de Lille ». En effet, il reproche au Sénat « d’utiliser les fonctions de contrôle parlementaire à des fins politiciennes ».

Le journaliste Alain Duhamel a pour sa part estimé que le Sénat venait clairement de déterrer la hache de guerre contre le président de la République. Si la chambre Haute a toujours été en contradiction avec le pouvoir, sa prise de position, aujourd’hui, ressemble à du jamais-vu puisqu’elle s’attaque directement à la présidence elle-même, remettant en cause son mode de fonctionnement, ses collaborateurs. Une manière pour le Sénat de montrer et rappeler que l’affaire Alexandre Benalla a été très mal gérée par le gouvernement. La décision du procureur de la République concernant le début ou non d’une enquête sera forcément très attendue et scrutée par les experts.

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