Jean-Yves Le Drian | SAEED KHAN / POOL / AFP

La France, comme de nombreux pays européens ayant eu des ressortissants engagés aux côtés de Daech ; avait préféré, depuis la chute du Califat djihadiste, jouer la carte de la ‘’lenteur administrative’’ pour se donner toute la latitude d’étudier au cas par cas le rapatriement des veuves et orphelins des combattants. Une situation que n’apprécie pas les familles présentes dans l’hexagone qui ont décidé de porter plainte contre un membre du gouvernement Jean-Yves Le Drian pour «omission de porter secours» devant une juridiction compétente.

Un nombre important de veuves et d’orphelins

En mars 2019, l’État islamique a perdu le dernier vestige territorial de son «califat» à Baghouz. Cependant, sa disparition a laissé à la communauté internationale une multitude de défis complexes et difficiles à résoudre, notamment la gestion des nombreuses femmes et mineurs du monde entier recrutés par le groupe, amenés avec eux ou nés au sein de ce groupe. En juillet 2018, un ensemble de données compilées par des organisations non gouvernementales révélait que, dans 80 pays autres que la Syrie et l’Irak, les femmes représentaient jusqu’à 13% et les mineurs 12% des 41 490 étrangers répertoriés qui avaient voyagé à, ou sont nés à l’intérieur du territoire de l’État islamique.

Toujours selon les activistes et les ONG humanitaires ce seraient donc près de 5 000 mineurs qui seraient  «pris au piège» dans le système judiciaire syrien et irakien, parce considérés comme étant des produits de l’endoctrinement et de l’idéologie djihadiste. Les plus jeunes étaient incarcérés avec leur mère. Selon l’archevêque de Kirkouk, Mgr. Yousif Thoma Mirkis, un grand nombre de ces enfants, 1500 environs, seraient nés de combattants français, allemands ou britanniques et appartiendraient de ce fait à ces pays. « Leurs gouvernements doivent assumer leurs responsabilités et aider l’Irak et la Syrie. C’est un problème mondial, d’où la nécessité pour tout le monde de travailler ensemble sur le plan économique, mais surtout sur le plan culturel » a t-il déclaré.

Les familles en France veulent mettre le gouvernement français dos au mur

Ce lundi, des familles d’enfants et de femmes de djihadistes français, ont décidé de formuler un recours collectif devant la Cour de Justice de la République (CJR) contre M. Jean-Yves Le Drian, le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères pour «omission de porter secours». Selon un des plaignants , ce recours est  « un appel au secours pour les enfants », mais aussi “une réponse à l’obstination du gouvernement de maintenir ces mineurs dans ce qui est maintenant un camp de prisonniers pour enfants”.

En février 2017, le gouvernement français reconnaissait qu’environ 700 mineurs français se trouvaient dans la zone de conflit et annonçait avec audace: «Ils vont rentrer en France, ce n’est qu’une question de temps». Seulement, en juin 2019, seuls 107 mineurs avaient été confirmés comme ayant été rapatriés. Et le gouvernement de déclarer d’avoir choisi « d’évaluer les paramètres du rapatriement et des besoins de réadaptation des mineurs au cas par cas ». La raison évoquée serait que, en dehors des impératifs de sécurité,  le rapatriement des mineurs, soulevait le problème de la séparation d’avec leurs parents qui eux étaient reconnus comme étant affiliés à l’État islamique.

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