Dangote vise 1 milliard de dollars pour financer l'expansion de sa méga-raffinerie

La raffinerie de pétrole et pétrochimie Dangote FZE, considérée comme la plus grande installation de transformation de brut en Afrique, envisage de lever jusqu’à 1 milliard de dollars par le biais d’un placement privé obligataire, selon des informations rapportées par Bloomberg le 11 juin et attribuées à des sources proches du dossier. L’opération serait destinée à des investisseurs étrangers, d’après ces mêmes sources ayant requis l’anonymat. Des discussions seraient actuellement en cours avec des investisseurs potentiels, même si la finalisation de cette levée de fonds n’est pas encore assurée.

Un double levier financier

Le recours à l’endettement serait accompagné d’un placement privé en actions, qui aurait déjà attiré jusqu’à 2 milliards de dollars de demandes de la part d’investisseurs, selon les informations rapportées par Bloomberg. Parmi les investisseurs identifiés figure notamment le milliardaire nigérian Femi Otedola, qui s’engagerait à hauteur de 100 millions de dollars. Dans ce cadre, la valorisation de la raffinerie serait estimée à 39,1 milliards de dollars, d’après un mémorandum d’information consulté par le média nigérian Nairametrics.

Cette opération combinée intervient après une levée de dette privée de 750 millions de dollars réalisée en avril par Dangote Fertiliser Ltd, marquant une première incursion du groupe sur les marchés internationaux de la dette. Par ailleurs, Standard Bank aurait indiqué qu’elle jouerait un rôle clé dans la future introduction en bourse de la raffinerie, au cours de laquelle Aliko Dangote envisagerait de céder environ 10 % du capital sur plusieurs places boursières africaines, sans calendrier précis pour l’instant.

Une montée en puissance rapide depuis le début de l’année

La raffinerie de Lekki, entrée en production début 2024, a atteint sa capacité nominale de 650 000 barils par jour en février 2026, avant de franchir le seuil technique des 700 000 barils le 4 juin, selon une évaluation indépendante conduite par les fournisseurs de technologies de l’installation. Ses exportations ont progressé de 168 000 barils/jour en février à 353 000 barils/jour en avril, dont la moitié vers d’autres marchés africains, d’après les données de la société d’analyse Kpler. En avril également, S&P Global Platts l’a classée premier exportateur mondial de carburant pour avions.

Les fonds levés serviraient à financer l’expansion de la capacité de raffinage à 1,4 million de barils par jour d’ici 2028, ainsi qu’un réseau de distribution continental incluant un pipeline de 2 500 kilomètres depuis la Namibie. Un projet de raffinerie en Afrique de l’Est, entre le Kenya et la Tanzanie, est par ailleurs en phase de planification avancée.

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