Photo "Umit Bektas / Reuters

Depuis plusieurs semaines, la Turquie semble avoir décidé de se tourner vers de nouveaux alliés, à savoir l’Iran et la Russie, mettant Washington de côté. On se souvient de l’affaire des systèmes de défense S-400 russes, achetés par Ankara, ce qui a fortement déplu au président Trump. Un nouveau grain de sel dans l’engrenage, qui a fortement aidé à détériorer les bonnes relations entre les deux nations.

Aujourd’hui, plus que cette affaire, ce sont les distensions entre les deux nations sur divers points, comme la guerre en Syrie ou le dossier iranien qui posent problème. D’ailleurs, il y a quelques jours, la Turquie a tenu un sommet extraordinaire au cours duquel elle a pu s’asseoir autour d’une table avec la Russie et l’Iran. Au cours de cette rencontre, les trois dirigeants ont pu évoquer la stratégie à adopter concernant la région d’Idlib, ainsi que la formation d’un Comité constitutionnel en Syrie.

Washington, oublié par Ankara

Si les trois nations se rapprochent, tout n’est toutefois pas encore gagné. Il y a quelques jours, la Russie annonçait la fin de la guerre en Syrie. Toutefois, du côté turc, une bataille reste à mener du côté du Nord, Ankara souhaitant se débarrasser des milices terroristes kurdes, présentes sur place. La décision américaine de créer une zone de sécurité dans la région, zone permettant aux kurdes de transiter tranquillement a finalement été annoncée. « C‘est inadmissible pour nous. » a cependant fustigé le président Erdogan.

Pour rappel, le gouvernement américain soutien fermement la coalition créée par les Forces démocratiques syriennes. Toutefois, du côté de la Turquie, on estime ces unités kurdes, comme étant des groupements terroristes. Les options définies par la zone de sécurité sont encore en négociations et Ankara comme Washington entendent bien imposer leur vision des choses. L’appui russe et iranien sur ce dossier pourrait d’ailleurs permettre à la Turquie de gagner du poids et peser un peu plus dans les négociations.

Une nouvelle ère ?

Le premier sommet tripartite entre la Russie, l’Iran et la Turquie s’est tenu en 2017. À l’époque, ce dernier s’était alors soldé par un appel au dialogue entre les partis engagés dans ce dossier, même si l’accent a été mis sur la lutte anti-Daesh et Front al-Nosra. Plusieurs mois plus tard, en avril 2018, tous s’accordaient à dire à la suite d’une seconde réunion, que le conflit militaire était la seule solution au problème syrien. Aujourd’hui, la tension est certes redescendue d’un cran, mais les discussions se sont intensifiées au sujet de la province d’Idlib, rare province dans laquelle des rebelles sévissent encore à ce jour. Toutefois, il convient de noter que la solution militaire est désormais secondaire et, qu’à ce jour, Iran, Turquie et Russie semblent vouloir favoriser le dialogue.

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