Le président français Emmanuel Macron ne sera pas un obstacle pour la restitution des œuvres d’art pillées par son pays pendant la période coloniale au Bénin. Il a d’ailleurs décidé de rendre à Cotonou 26 trésors royaux dérobés en 1892. Mais pour l’instant, le Bénin traîne les pas, arguant qu’il n’a pas encore les infrastructures nécessaires pour les accueillir.

Exposition des œuvres du Quai Branly au Bénin en 2006 grâce à Chirac

En décidant de rendre ces œuvres au Bénin, le jeune président français marche dans les pas de son aîné : l’ancien président Jacques Chirac mort hier jeudi à l’âge de 86 ans. Le successeur de François Mitterrand comme Emmanuel Macron voulait que ces œuvres pillées retournent au Bénin pour être vues. C’est du moins ce qu’a déclaré ce matin l’historienne de l’art Marie-Cécile Zinsou au cours de la matinale spéciale de France Inter. Dans son récit, la patronne de la fondation Zinsou, a indiqué qu’elle avait 24 ans quand elle a reçu un coup de fil et la personne au téléphone lui faisait savoir que le président Chirac avait décidé que des œuvres du Quai Branly devraient être vues en Afrique. On lui annonçait par la même occasion qu’elle allait recevoir une équipe du Quai Branly ce qui a été effectif, et trois mois plus tard, se souvient-elle, son musée recevait ces trésors pillés qui avaient quitté le Bénin depuis 1892.

“Chirac était capable de regarder le Bénin avec respect”

Pour Marie-Cécile Zinsou, le président Chirac voulait que les jeunes gens du Bénin voient leur héritage. Que ces œuvres  soient vues par les populations dont elles émanent. C’est d’ailleurs pourquoi il n’a jamais prêté l’oreille aux conservateurs qui lui disaient qu’il ne fallait jamais envoyer ces œuvres en Afrique parce que c’était trop dangereux, trop risqué. Il leur suggérait même de partir s’ils ne sont pas d’accord, révèle Marie Cécile Zinsou.

Pour elle, cette décision de Chirac a permis d’exposer ces œuvres au Bénin dès décembre 2006. En trois mois d’exposition, 275 mille personnes sont venues voir ces trésors, informe-t-elle. Le président Chirac était tout simplement capable de regarder le Bénin avec respect et lui dire le respect qu’il a pour lui et sa jeunesse, conclut l’historienne de l’art.

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