Le président du Groupe d’études et de recherches sur la démocratie et le développement économique  (Gerddes Afrique), Me Sadikou Alao, se prononce sur le format du dialogue politique au Bénin auquel le président Talon a convié certains partis politiques. L’avocat n’approuve pas ce format et trouve que ce dialogue doit être inclusif s’il n’y a pas une volonté de tricher une fois encore avec le peuple béninois.

«L’invitation n’est pas à la hauteur des enjeux». C’est ce que pense de président de Gerddes Afrique sur le dialogue politique convoqué par le président de la République du Bénin pour les 10, 11 et 12 octobre 2019 à Cotonou. Me Sadikou Alao soutient que « la crise au Bénin a atteint un niveau élevé avec des éléments internes et externes qui font qu’il ne peut pas y avoir de dialogue entre seuls partis politiques, encore que là, il, n’y a qu’une partie des partis politiques». En effet, seuls neufs partis politiques à qui le ministre de l’intérieur a délivré le récépissé sont conviés à cette rencontre.

La ruse pour servir un maître ?

Dans ses analyses, l’avocat estime que l’initiative manque de crédibilité. Il a l’impression que tout est organisé pour donner satisfaction à quelqu’un. « On ne dirait pas que c’est un débat qui s’intéresse aux vrais problèmes du Bénin. On dirait qu’il y a de la ruse, des combines, et qu’il s’agit de faire un petit arrangement pour donner satisfaction à un maître ou a un patron » relève-t-il. « Ce n’est pas bon ; ce n’est pas sincère et ça ne peut pas résoudre les problèmes des Béninois », affirme-t-il.

A cette allure, Me Sadikou Alao trouve légitimes, les préalables que posent certains partis politiques invités à cette rencontre sans ordre du jour clairement notifié. « C’est normale que les gens fassent attention pour ne pas servir de faire valoir, … lorsqu’ils ne sont pas des naïfs », dit-t-il. A son avis, ces partis se souviennent de tout ce qui s’est passé récemment et de la manière dont ils ont été brutalement exclus et leur naïveté exploitée. « On peut se tromper une fois mais si on se trompe tout le temps, alors on est des imbéciles ».  

Si on ne veut pas tricher

Dans sa peau de président de Gerddes-Afrique, Me Sadikou Alao défend qu’un dialogue qui s’arrime bien avec la situation actuelle du Bénin doit être inclusif. Il faut, selon lui, que tout le monde se retrouve et non qu’on sélectionne ceux avec lesquels on veut parler, à moins de vouloir faire du rafistolage alors que les dégâts sont énormes.

« Le dialogue dont nous, nous parlons, c’est le dialogue qui réconcilie tous les Béninois et fasse que le Bénin reparte sur du bon pied ». Il faut, dit-t-il, « viser tous les acteurs capables d’apporter une certaine contribution ». Outre les politiques qui ne constituent pas la catégorie la plus fiable au Bénin, selon lui, il fait allusion aussi au clergé et à la société civile.

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