Chine: le soutien des entreprises américaines agace la Maison-Blanche

La rivalité entre les États-Unis et la Chine s’est développée et intensifiée au fil des décennies, marquée par des divergences idéologiques, économiques et stratégiques. Après des années de tensions durant la Guerre Froide, la relation s’est quelque peu adoucie dans les années 1970, avec la reconnaissance diplomatique de la Chine par les États-Unis. Cependant, cette détente fut de courte durée. Au fil des ans, l’émergence rapide de la Chine comme puissance économique mondiale, couplée à son expansion militaire et à sa présence accrue sur la scène internationale, a suscité l’inquiétude des États-Unis.

Les enjeux sont devenus plus prononcés avec l’entrée de la Chine dans l’OMC en 2001, accélérant sa montée en tant que concurrent économique majeur. Plus récemment, les tensions se sont cristallisées autour de questions telles que le commerce, la technologie, les droits de l’homme et la sécurité régionale, transformant cette concurrence en une rivalité stratégique complexe et multidimensionnelle. C’est dans ce contexte que les USA mettent en garde les grandes entreprises contre une trop grande proximité avec la Chine.

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Les USA mettent en garde les entreprises

La récente mise en garde de la secrétaire américaine au Commerce, Gina Raimondo, à l’égard de Nvidia, illustre l’inquiétude croissante de Washington face à l’influence des entreprises technologiques américaines en Chine. Au Reagan National Defense Forum, Raimondo a clairement indiqué que les intérêts économiques en Chine ne devraient pas primer sur la sécurité nationale des États-Unis. Cette déclaration, relayée le 3 décembre par Fortune, marque un tournant significatif dans la politique commerciale américaine.

L’administration américaine est de plus en plus préoccupée par la montée en puissance de la Chine, notamment dans le secteur de l’intelligence artificielle (IA). Nvidia, un leader dans ce domaine, est particulièrement dans le collimateur pour avoir conçu des puces très performantes, dont l’exportation vers la Chine a été restreinte en 2022. Raimondo a souligné que la protection de la sécurité nationale prime sur les profits à court terme, une position qui affecte également d’autres géants comme AMD.

L’administration américaine agacée

La Maison-Blanche a exprimé son irritation face aux efforts de Nvidia pour contourner ces restrictions. L’entreprise a en effet développé des puces légèrement inférieures, se positionnant juste en dessous du seuil des nouvelles réglementations américaines. Cette manœuvre est perçue comme une tentative de poursuivre les affaires en Chine tout en respectant la lettre, mais non l’esprit, des lois américaines.

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Les implications de cette politique sont importantes, non seulement pour les entreprises technologiques, mais aussi pour les relations géopolitiques. Gina Raimondo a évoqué la Chine comme une menace sans précédent pour les États-Unis, surpassant même l’URSS en termes de rivalité stratégique. Dans ce contexte, le soutien apporté par les entreprises américaines à la Chine, même indirectement, est considéré comme inacceptable.

La secrétaire au Commerce a donc mis en garde les entreprises technologiques contre toute contribution à l’essor de la Chine, insistant sur le fait que les États-Unis ne toléreront pas que des puces de pointe tombent entre les mains chinoises. Cette position reflète une stratégie américaine plus large visant à limiter l’accès de la Chine à des technologies clés, en particulier dans le domaine de l’IA.

C’est donc un dilemme auquel sont confrontées les géants américains : trouver un équilibre entre la poursuite de leurs intérêts économiques et le respect des directives gouvernementales en matière de sécurité nationale. Alors que la tension monte entre les États-Unis et la Chine, la position de la Maison-Blanche est claire : la sécurité nationale prévaut sur les profits.

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