JO 2024 : cette athlète maghrébine choisit son pays d’origine plutôt que la France

Kayla Nemour. Photo : FREDERIC DUBUISSON / MAXPPP

Les athlètes d’ascendance africaine se trouvent souvent face à un dilemme complexe lorsqu’il s’agit de choisir leur bannière pour les compétitions internationales alors qu’ils évoluent en France. Cette décision, loin d’être anodine, peut avoir des répercussions significatives sur leur carrière et leur héritage sportif. Le cas de Kaylia Nemour, jeune prodige de la gymnastique, illustre parfaitement les enjeux et les tensions qui peuvent surgir autour de ces choix identitaires.

À l’aube des Jeux Olympiques de Paris 2024, une controverse éclate dans le monde de la gymnastique française. Kaylia Nemour, gymnaste franco-algérienne de 17 ans, considérée comme une étoile montante et potentielle médaillée d’or, se retrouve au cœur d’un conflit opposant la Fédération française de gymnastique à son club d’Avoine-Beaumont.

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La jeune athlète, malgré les pressions de la Fédération française qui souhaitait la voir défendre les couleurs tricolores, a pris la décision de représenter l’Algérie, pays d’origine de son père. Ce choix intervient dans un contexte tendu, marqué par trois années de différends entre les instances fédérales françaises et le club de Kaylia, notamment autour de ses entraîneurs, Gina et Marc Chirilcenco.

Le conflit a pris une tournure particulière en 2021, suite à une double opération des genoux de Kaylia. La Fédération française insistait pour que la jeune gymnaste, alors âgée de 15 ans, effectue sa rééducation à l’Institut national du sport, de l’expertise et de la performance (Insep). Cependant, des désaccords sur son aptitude à reprendre l’entraînement ont exacerbé les tensions, menant à une impasse.

Face à cette situation, Kaylia Nemour a finalement opté pour un changement de nationalité sportive en mai 2023, choisissant de représenter l’Algérie. Cette décision, loin d’être anodine, soulève des questions sur l’autonomie des athlètes face aux institutions sportives et sur la manière dont les fédérations gèrent leurs talents prometteurs.

Malgré ces turbulences, Kaylia continue de briller sur la scène internationale, multipliant les succès et se positionnant comme une sérieuse prétendante à une médaille d’or aux JO de Paris 2024. Sa préparation, financée par le comité olympique algérien, se poursuit à Beaumont-en-Véron sous la direction de Marc Chirilcenco, qui s’est mis en disponibilité de son poste à la direction régionale des sports pour se consacrer à cet objectif.

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Pour Kaylia, cette situation génère des sentiments mitigés. Elle exprime son émotion à l’idée de potentiellement remporter une médaille, tout en reconnaissant la complexité de sa position : participer aux Jeux dans son pays natal, mais sous une autre bannière. « Quand je pense à Paris 2024, je me dis, c’est chez moi, mais pas tout à fait chez moi », confie-t-elle, résumant ainsi le paradoxe vécu par de nombreux athlètes binationaux.

4 réponses

  1. Avatar de Ranma
    Ranma

    toute l’histoire n’est pas racontée… évitez les raccourcis et dites pourquoi elle a opté pour le pays d’origine de son père… n’oublions pas que sa mère est française….

  2. Avatar de Le baikal
    Le baikal

    C’ est toute la complexite d’ une telle situation : les binationaux.
    Il est grand temps de passer la barriere en allant vers le choix d’une seule nationalite., notamment entre la France et L’Algerie.

  3. Avatar de Zorro
    Zorro

    et elle profite des installations en France normal ta quedal en Algérie

    1. Avatar de Sid
      Sid

      Sans parler des coachs

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