L’entreprise française Engie se retrouve au cœur d’une controverse qui risque d’ébranler son image. Accusée par l’Observatoire international Western Sahara Resource Watch (WSRW) de mener des projets énergétiques au Sahara occidental occupé, la multinationale est pointée du doigt pour son non-respect du droit international. Une situation qui dépasse le simple cadre économique et ravive les tensions entre le Maroc et l’Algérie, deux nations dont l’opposition sur la question sahraouie reste une pierre d’achoppement diplomatique majeure.
Selon les conclusions du WSRW, Engie aurait mis en place une infrastructure énergétique visant à alimenter en électricité le secteur agricole de Dakhla, une ville située dans la partie du Sahara occidental sous contrôle marocain. Cette initiative, qui s’inscrit dans la stratégie d’expansion des énergies renouvelables du Maroc, est cependant perçue comme une violation du droit international, étant donné que le statut du Sahara occidental reste contesté.
L’Algérie, soutien historique du Front Polisario, mouvement indépendantiste sahraoui, considère toute exploitation des ressources du territoire sans le consentement de sa population comme une spoliation illégale. De l’autre côté, le Maroc défend sa souveraineté sur la région et met en avant ses investissements pour son développement économique, notamment à travers les énergies vertes. La présence d’une entreprise étrangère comme Engie dans ce contexte particulièrement sensible ne fait qu’ajouter de l’huile sur le feu.
Si la multinationale française n’a pas encore officiellement réagi aux accusations de WSRW, cette affaire pose une nouvelle fois la question du rôle des entreprises dans les territoires en litige. Engie, en tant qu’acteur majeur du secteur énergétique, est-elle en train de jouer un rôle politique involontairement ? Au-delà du cas d’Engie, cette polémique illustre une dynamique plus large : celle de la guerre d’influence énergétique en Afrique du Nord.
L’Algérie, riche en hydrocarbures, cherche à asseoir sa position comme fournisseur d’énergie stratégique, notamment en multipliant ses projets avec des pays africains. Le Maroc, de son côté, mise sur les énergies renouvelables pour renforcer son autonomie énergétique et séduire les investisseurs étrangers. La bataille pour le Sahara occidental, qui est avant tout politique, se double désormais d’un enjeu économique et énergétique majeur.
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