Algérie : le colonialisme français bientôt criminalisé par la loi ?

L’Algérie s’apprête à franchir une nouvelle étape dans la reconnaissance de son passé colonial. Le parlement national a programmé des sessions plénières pour examiner un projet de loi visant à qualifier le colonialisme français de crime contre l’humanité. Cette initiative intervient après plusieurs tentatives infructueuses depuis 2001, traduisant la volonté du pays de codifier juridiquement la mémoire de la période coloniale. La discussion est prévue au parlement les 20, 21 et 24 décembre 2025.

La France et le passé colonial en Algérie

Entre 1830 et 1962, l’Algérie a été soumise à une domination française directe qui a transformé la société et le territoire. La conquête et l’administration coloniale ont été marquées par des opérations militaires, entraînant massacres, tortures et déplacements de population. Les terres agricoles les plus fertiles ont été saisies au profit des colons européens, tandis que les ressources financières du pays ont été pillées. Pendant cette période, la population algérienne a également été exposée à des expérimentations nucléaires dans le Sahara et à des formes de violences sexuelles et physiques. Cette histoire reste au centre des débats sur la reconnaissance et la réparation.

Les principales dispositions du projet de loi

Le texte qui sera examiné au parlement algérien comprend 54 articles détaillant 30 catégories de crimes attribués aux autorités françaises durant la période coloniale. Parmi les faits mentionnés figurent les exécutions arbitraires, les enlèvements, les tortures, les viols, le pillage du Trésor public, la confiscation des terres et les essais nucléaires. La loi envisagée prévoit que ces crimes soient qualifiés d’imprescriptibles, interdisant toute possibilité de délais légaux pour en contester la gravité. Par ailleurs, le projet impose à l’État algérien de ne pas conclure d’accords bilatéraux avec la France tant que la reconnaissance officielle de ces crimes ne sera pas garantie.

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Une loi au service de la mémoire et de la souveraineté

Si le texte est adopté, l’Algérie deviendrait l’un des rares pays à criminaliser explicitement le colonialisme par la loi, intégrant ainsi dans sa législation nationale un chapitre lourd de conséquences historiques et politiques.

L’adoption éventuelle de cette loi reste cependant soumise aux débats parlementaires et à l’approbation finale des autorités nationales. Les sessions prévues pour décembre 2025 seront déterminantes pour savoir si ce projet franchira l’étape législative et traduira juridiquement ce chapitre du passé algérien.

1 réflexion au sujet de « Algérie : le colonialisme français bientôt criminalisé par la loi ? »

  1. L’adoption de la loi criminalisant le colonialisme français est une excellente décision et tous les algériens l’approuvent et l’applaudissent debout.

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