Depuis plusieurs années, Brigitte Macron fait l’objet d’attaques répétées sur les réseaux sociaux. À partir de 2021, une rumeur persistante, totalement infondée, s’est installée dans certains cercles numériques, affirmant qu’elle ne serait pas la personne qu’elle prétend être. Cette affirmation, relayée sous diverses formes, s’est progressivement transformée en une campagne d’insultes, d’accusations graves et de propos dégradants. Après plusieurs procédures engagées pour faire cesser ces pratiques, la justice française a été amenée à se prononcer. Le tribunal correctionnel de Paris a rendu, ce lundi, un jugement marquant dans cette affaire rapporte AP News.
L’audience n’a pas seulement porté sur la véracité ou non des propos diffusés, mais sur la manière dont ils ont été propagés, répétés et amplifiés au point de constituer un harcèlement caractérisé. Dix personnes, huit hommes et deux femmes, ont été reconnues coupables pour leur rôle actif dans cette diffusion.
Cyberharcèlement en France : une décision ferme du tribunal de Paris
Le tribunal correctionnel de Paris a retenu que les publications en cause ne relevaient ni de la simple opinion ni de la critique politique. Les magistrats ont considéré que les prévenus avaient, de manière consciente, relayé ou produit des messages visant directement la personne de l’épouse du chef de l’État, en recourant à des formulations insultantes et à des accusations particulièrement graves.
Huit des dix condamnés ont écopé de peines allant de quatre à huit mois de prison avec sursis. Selon la juridiction, ces sanctions traduisent l’existence d’une intention manifeste de nuire, caractérisée par la répétition des messages et leur tonalité agressive. Les propos incriminés faisaient notamment référence à une prétendue pédocriminalité, accusation jugée d’autant plus grave qu’elle reposait uniquement sur la différence d’âge entre Brigitte Macron et son époux, Emmanuel Macron.
Un neuvième prévenu, absent lors de l’audience, a quant à lui été condamné à six mois de prison ferme. Le tribunal a estimé que son comportement procédural et son implication dans la diffusion des contenus justifiaient une peine plus sévère. La dixième condamnation complète ainsi un ensemble de décisions qui témoignent d’une volonté claire de sanctionner les dérives observées.
Au-delà des peines prononcées, le jugement souligne que la liberté d’expression ne saurait couvrir la propagation de fausses accusations portant atteinte à la dignité et à l’intégrité d’une personne, même lorsque celle-ci occupe une place centrale dans la vie publique.
Quand les rumeurs numériques conduisent devant la justice
L’affaire rappelle la rapidité avec laquelle une rumeur peut se transformer en campagne de harcèlement lorsqu’elle est reprise sans vérification. Les magistrats ont insisté sur le rôle actif joué par les prévenus, certains ayant produit des contenus originaux, d’autres ayant contribué à leur diffusion massive. Cette dynamique collective a été déterminante dans la qualification pénale retenue.
La décision du tribunal met également en évidence la responsabilité individuelle des internautes. Le simple fait de relayer un message mensonger ou insultant peut engager des poursuites lorsque ce relais participe à un mécanisme de harcèlement. Dans ce dossier, la répétition des publications et leur persistance dans le temps ont été analysées comme des éléments aggravants.
Pour la partie civile, ce jugement marque l’aboutissement d’une démarche visant à faire reconnaître le préjudice subi. Les attaques ne se limitaient pas à une atteinte à l’image publique, mais touchaient directement à la sphère personnelle, en s’appuyant sur des insinuations portant sur l’identité, la moralité et la vie privée.



