À quelques jours de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, prévue au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat, l’effervescence sportive est éclipsée par une pénurie de billets. Les canaux officiels de vente de la Confédération africaine de football (CAF) affichent complet, laissant des milliers de supporters sans accès à l’enceinte. Dans un climat de forte attente autour d’une affiche prestigieuse entre le Sénégal et le Maroc, l’enjeu dépasse le cadre sportif et touche à l’équité d’accès à un événement continental majeur. Cette situation pousse de nombreux fans vers des circuits parallèles où les prix atteignent des sommets inédits.
La finale opposera deux sélections qui ont marqué la compétition par leur constance et leur solidité. Le Sénégal s’est hissé jusqu’au dernier acte après une demi-finale très disputée remportée 1-0 face à l’Égypte, un succès acquis dans le dernier quart d’heure au terme d’un match fermé et tactique. Cette qualification confirme la régularité des Lions de la Téranga, présents en finale pour la troisième fois en quatre éditions, symbole d’un cycle performant et maîtrisé. De son côté, le Maroc, pays hôte, a validé son billet au bout du suspense après un match nul 0-0 contre le Nigeria, avant de s’imposer lors d’une séance de tirs au but décisive. Portés par leur public, les Lions de l’Atlas retrouvent ainsi une finale continentale qu’ils n’avaient plus disputée depuis plus de 20 ans, ravivant un engouement national massif.
Finale CAN 2025 au Maroc : billets officiels épuisés et envolée des prix
Dès l’ouverture des ventes, la demande pour les billets de la CAN 2025 a largement dépassé les capacités prévues. Au fil de la compétition, plus de 800 000 billets ont été écoulés pour l’ensemble du tournoi, témoignant d’un intérêt exceptionnel. Pour la finale, la CAF avait fixé une grille tarifaire progressive, avec des billets allant jusqu’à environ 80 à 85 euros pour les meilleures catégories. Mais à mesure que le Sénégal et le Maroc se rapprochaient du dernier match, ces billets se sont raréfiés jusqu’à disparaître totalement des plateformes officielles.
À moins de 72 heures du coup d’envoi, aucune place n’est officiellement disponible. Cette rupture a ouvert la voie à une flambée spectaculaire sur le marché parallèle. Autour des stades, sur les réseaux sociaux et via des plateformes de revente non autorisées, les billets s’échangent désormais à des prix sans commune mesure avec leur valeur initiale. Les offres les plus courantes oscillent entre 700 et 800 euros, tandis que certaines annonces dépassent les 3 000 euros, voire atteignent ou excèdent les 5 000 euros pour des places présentées comme premium ou VIP.
Cette situation frappe de plein fouet les supporters, notamment sénégalais, nombreux à avoir planifié leur déplacement. À Rabat, Tanger ou Casablanca, des fans sillonnent les rues à la recherche d’un billet, confrontés à des tarifs jugés inaccessibles. Beaucoup hésitent désormais à maintenir leur séjour, faute de garantie d’accès au stade, transformant l’attente de la finale en source de frustration.
Marché noir des billets CAN 2025 : contrôles, tensions et alternatives pour les fans
La pénurie officielle a favorisé l’expansion d’un marché noir très actif, avec des risques élevés d’arnaques et de billets falsifiés. Des transactions informelles, souvent sans aucune garantie, se multiplient, alimentant la méfiance et la colère des supporters. Face à cette dérive, les autorités marocaines ont engagé des opérations de contrôle et d’interpellation. Plus de 100 personnes ont été arrêtées dans le cadre d’actions ciblant la revente illégale et la spéculation sur les billets de la CAN.
Malgré ces interventions, la tension reste palpable à l’approche de la finale. L’absence d’annonce officielle sur une éventuelle remise en vente de billets non utilisés entretient l’incertitude. Pour de nombreux fans, l’accès au stade semble désormais hors de portée, ce qui pourrait influer sur l’ambiance dans les tribunes et réduire la présence de supporters visiteurs.
En parallèle, des solutions alternatives se mettent en place. Dans plusieurs villes marocaines, des espaces publics et des fan zones permettent aux passionnés de suivre la rencontre sur écrans géants, recréant une atmosphère collective malgré l’impossibilité d’entrer dans le stade. Si ces rassemblements ne remplacent pas l’expérience des tribunes, ils offrent une issue à ceux exclus par la crise des billets.
Alors que le Sénégal et le Maroc s’apprêtent à disputer une finale historique, la question de l’accès au match restera l’un des sujets majeurs de cette CAN 2025. Au-delà du résultat sportif, cette situation interroge la gestion de la billetterie et la capacité des grandes compétitions africaines à préserver l’esprit populaire qui fait leur force.



