À l’occasion de la clôture de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 au Maroc, le président de la Confédération africaine de football a mis fin aux spéculations. Patrice Motsepe a réaffirmé samedi à Rabat que le trio est-africain conserverait l’organisation de l’édition 2027. Cette annonce intervient alors que le succès organisationnel marocain avait alimenté certaines rumeurs sur un possible changement d’hôte. L’enjeu majeur réside dans la capacité de ces trois nations à offrir une compétition de niveau comparable malgré des infrastructures moins développées.
Le football continental s’apprête à vivre une page historique dans moins de deux ans. Réuni dans la capitale marocaine pour tirer le bilan de l’édition 2025, le patron de l’instance dirigeante du football africain a tenu à dissiper tout doute concernant la prochaine édition du tournoi phare du continent. Face aux journalistes présents lors de la conférence de presse finale, le dirigeant sud-africain s’est montré catégorique quant au maintien de la décision prise en septembre 2023. Cette prise de position ferme intervient dans un contexte où l’excellence des infrastructures marocaines durant le tournoi actuel avait suscité des interrogations sur la pertinence de confier la compétition suivante à des pays disposant de moyens plus modestes.
Patrice Motsepe défend le choix de l’Afrique de l’Est pour la CAN 2027
Le responsable de la CAF a exprimé une vision claire du développement footballistique sur l’ensemble du territoire africain. Selon lui, restreindre l’accueil des grandes compétitions aux seules nations possédant des équipements de pointe irait à l’encontre de la mission fondamentale de son organisation. Il a souligné sa conviction profonde que le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie réunis sauront proposer un événement remarquable aux supporters et aux sélections participantes. Cette philosophie s’insère dans une volonté affirmée de faire tourner l’organisation entre les différentes zones géographiques du continent, permettant ainsi à chaque région de bénéficier des retombées économiques et de l’exposition médiatique qu’offre un tel événement. Le président a notamment insisté sur le fait que le développement du ballon rond africain passe nécessairement par cette répartition équitable des responsabilités organisationnelles entre toutes les fédérations membres.
La compétition prévue pour juin et juillet 2027 marquera plusieurs premières dans l’histoire centenaire du tournoi continental. Jamais auparavant trois États n’avaient été associés pour accueillir simultanément cette épreuve prestigieuse. Chacun des pays hôtes mettra à disposition trois enceintes sportives, portant le nombre total de stades utilisés à neuf. Cette configuration inédite représente un défi logistique considérable mais témoigne également de la capacité d’innovation de la confédération pour adapter ses formats aux réalités du terrain. Par ailleurs, cette édition ramènera la plus grande fête du football africain dans la zone CECAFA après plus d’un demi-siècle d’absence, puisque l’Éthiopie avait été le dernier représentant de cette région à organiser le tournoi en 1976.
L’attribution des CAN : du Maroc et de la Côte d’Ivoire vers l’Afrique de l’Est
L’histoire récente des désignations pour les Coupes d’Afrique témoigne d’une évolution significative dans les critères de sélection adoptés par l’instance continentale. La Côte d’Ivoire avait initialement décroché l’organisation de l’édition 2023 avant que celle-ci ne soit repoussée à janvier 2024 en raison de considérations climatiques. Les Éléphants avaient finalement soulevé le trophée à domicile dans des stades flambant neufs, notamment celui d’Ebimpé à Abidjan.
Le Maroc, quant à lui, s’était vu confier l’édition 2025 lors du vote du comité exécutif tenu au Caire le 27 septembre 2023, récompensant des années d’investissements massifs dans ses infrastructures sportives en vue du Mondial 2030 coorganisé avec l’Espagne et le Portugal. Ce même jour historique, les délégués avaient également tranché en faveur de la candidature tripartite est-africaine pour 2027, s’appuyant sur les évaluations du cabinet PricewaterhouseCoopers. Cette double attribution simultanée montrait la volonté de planification à long terme désormais privilégiée par les instances dirigeantes, permettant aux futures nations hôtes de disposer d’un délai suffisant pour préparer leurs installations.
Les préparatifs pour l’échéance de 2027 ont d’ores et déjà franchi une étape décisive avec le lancement officiel des qualifications. Le tirage au sort du tour préliminaire s’est déroulé le 13 janvier dernier à Rabat, désignant les six confrontations qui opposeront douze sélections parmi les moins bien classées du continent. Ces rencontres programmées entre le 25 et le 31 mars 2026 permettront aux vainqueurs de rejoindre les quarante-deux équipes déjà qualifiées pour la phase de groupes. Les trois nations organisatrices bénéficient naturellement d’une qualification automatique, leur garantissant une participation devant leur public sans avoir à passer par le couperet des éliminatoires.
Les délégations est-africaines en mission d’observation au Maroc
Une délégation composée de représentants kenyans, tanzaniens et ougandais a profité de la CAN 2025 pour effectuer un travail d’observation approfondi sur le terrain marocain. Accompagnés par Veron Omba-Mosengo, secrétaire général de la CAF, ces émissaires ont visité plusieurs sites stratégiques dont le stade Prince Moulay Abdellah de Rabat. Ils ont notamment assisté au quart de finale opposant le Maroc au Cameroun afin d’étudier en conditions réelles la gestion opérationnelle d’un match à fort enjeu. Le centre principal des médias accueillant plus d’un millier de journalistes accrédités figurait également au programme de cette tournée instructive, soulignant l’importance accordée à la dimension médiatique de l’événement.
L’organisation passera désormais à un rythme quadriennal après 2027, alignant le calendrier continental sur celui des autres grandes compétitions internationales. Cette réforme annoncée par le président Motsepe à la veille du tournoi marocain a suscité des débats, certains y voyant une concession aux pressions des clubs européens. Le dirigeant a toutefois réfuté fermement cette interprétation, appelant les Africains à assumer leurs décisions souveraines sans systématiquement les attribuer à des influences extérieures. Le Maroc pourrait d’ailleurs se positionner pour accueillir la CAN 2028, tirant profit de ses infrastructures exceptionnelles avant le rendez-vous mondial de 2030.



