Capture de Maduro : de Villepin s'en prend à Macron

L’arrestation spectaculaire de Nicolás Maduro par les forces américaines a déclenché une tempête politique en France. Capturé avec son épouse lors d’une opération surprise menée à Caracas le 3 janvier 2026, le président vénézuélien a été exfiltré vers les États-Unis où il a été conduit dans les locaux de la DEA à New York. Face aux caméras, il a ironiquement lancé « bonne nuit et bonne année » à ses geôliers. Cette action militaire unilatérale, qui constitue un tournant géopolitique majeur, a immédiatement divisé la classe politique française.

Dominique de Villepin accuse Emmanuel Macron de soumission aux États-Unis

L’ancien Premier ministre français n’a pas mâché ses mots. Invité sur BFMTV ce dimanche 4 janvier, Dominique de Villepin a vertement critiqué la posture adoptée par le chef de l’État. Selon lui, Emmanuel Macron a choisi de ménager Washington pour préserver ses chances d’obtenir un soutien américain sur le dossier ukrainien. Une stratégie que l’ancien chef de la diplomatie juge contre-productive.

L’ex-Premier ministre estime que le président français a délibérément évité de froisser Donald Trump en s’abstenant de condamner l’intervention militaire. Macron s’était contenté la veille de « prendre acte » de la chute du pouvoir vénézuélien, affirmant que le peuple ne pouvait que « se réjouir » de la fin de cette période. Une déclaration qui a omis toute mention des frappes américaines ayant rendu possible cette capture.

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Pour Villepin, cette attitude relève d’une logique de vassalisation incompatible avec la tradition diplomatique française. L’ancien ministre des Affaires étrangères, resté célèbre pour son opposition à la guerre en Irak en 2003, considère que Paris renie son identité historique en acceptant tacitement cette violation flagrante du droit international.

Venezuela Groenland et Ukraine les mises en garde de l’ancien Premier ministre français

L’ancien Premier ministre a élargi sa critique au-delà du cas vénézuélien. Il s’interroge ouvertement sur la réaction qu’adopteraient Macron et les dirigeants européens si Trump décidait d’appliquer la même logique au Groenland. Cette question révèle selon lui l’impasse dans laquelle se trouve la diplomatie européenne face à l’affirmation de puissance américaine.

Villepin observe que le monde s’habitue progressivement à l’effacement des règles internationales. La souveraineté des États, principe fondateur des relations internationales, peut désormais être remise en cause unilatéralement sans provoquer de réaction significative des puissances européennes. Il qualifie cette passivité d’attitude aveugle et inconsciente face aux réalités géopolitiques actuelles.

L’ancien chef du gouvernement pointe également les motivations économiques de Washington. En s’emparant du Venezuela, Trump met la main sur les plus importantes réserves pétrolières mondiales. Villepin rappelle par ailleurs qu’environ un million de Français vivent dans les territoires caribéens proches du Venezuela, rendant cette question bien moins lointaine qu’il n’y paraît.

Caracas réclame la libération immédiate de son président et dénonce un enlèvement perpétré lors d’une opération illégale. Trump a depuis menacé la dirigeante par intérim Delcy Rodriguez de subir un sort identique à celui de Maduro. La crise vénézuélienne pourrait ainsi n’être que le premier épisode d’une série de confrontations entre Washington et ses voisins du Sud.

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