En mars 2025, Donald Trump avait lancé un avertissement depuis la tribune du Congrès américain. Le président avait alors affirmé que le Groenland rejoindrait les États-Unis « d’une manière ou d’une autre », invitant même les habitants du territoire arctique à exercer leur « droit à l’autodétermination » pour intégrer le giron américain. Dix mois plus tard, le ton s’est durci et les paroles ont cédé la place aux actes.
Vendredi 9 janvier, la Maison Blanche accueillait les dirigeants des plus grandes compagnies pétrolières mondiales pour discuter de l’avenir énergétique du Venezuela, une semaine après la capture de Nicolás Maduro. Mais cette réunion censée porter sur les hydrocarbures sud-américains a pris une tournure inattendue lorsque le président américain a bifurqué vers un tout autre dossier : celui du territoire danois de l’Arctique.
Donald Trump menace le Danemark sur le Groenland avec un ultimatum
Face aux caméras, le locataire de la Maison Blanche a adressé un message sans équivoque à Copenhague. Washington obtiendra le Groenland par « la manière douce » ou par « la manière forte », a-t-il prévenu, quelques jours après que le Danemark a réitéré son refus de céder ce territoire. La porte-parole présidentielle Karoline Leavitt avait déjà indiqué mardi que plusieurs options étaient à l’étude, précisant que le recours à l’armée américaine restait « toujours une possibilité à la disposition du commandant en chef ».
Le président américain justifie ses ambitions par des impératifs de sécurité nationale. L’île, quatre fois plus grande que la France mais peuplée de seulement 57 000 habitants, occupe une position stratégique au carrefour des routes commerciales arctiques. Son sous-sol recèlerait également d’importantes réserves de pétrole, de gaz naturel et de terres rares, même si leur exploitation demeure incertaine en raison des conditions climatiques extrêmes.
Les compagnies pétrolières américaines appelées à reconstruire l’industrie vénézuélienne
Sur le volet vénézuélien, objet initial de cette réunion, Donald Trump a déployé sa vision pour le pays sud-américain. Chevron, ExxonMobil, ConocoPhillips, Shell, l’italien Eni ou encore l’espagnol Repsol figuraient parmi les seize entreprises conviées. Le président américain leur a promis une « sécurité totale » pour investir au Venezuela, estimant que ces groupes étaient prêts à engager au moins 100 milliards de dollars.
Le message aux pétroliers était limpide : toute négociation passerait exclusivement par Washington. Le vice-président JD Vance, le secrétaire d’État Marco Rubio et le ministre de l’Énergie Chris Wright participaient à ces échanges. Ce dernier a toutefois reconnu que la relance de la production vénézuélienne prendrait du temps, les infrastructures du pays ayant souffert de décennies de sous-investissement.
Certains dirigeants ont affiché leur prudence. Darren Woods, patron d’ExxonMobil, a rappelé que son groupe avait déjà vu ses actifs saisis à deux reprises au Venezuela, estimant qu’en l’état actuel, il était « impossible d’y investir ». Le pays détient pourtant les plus importantes réserves prouvées de brut au monde, avec plus de 300 milliards de barils selon l’OPEP.
Cette double offensive, du Venezuela au Groenland, confirme la stratégie du président américain qui articule pression économique et menaces diplomatiques pour servir ce qu’il présente comme les intérêts vitaux des États-Unis.



