Tous les mois, des dizaines de jeunes filles béninoises doivent faire face à une réalité intime qui a de profondes répercussions sur leur vie scolaire : la gestion de leurs menstruations. Si ce phénomène est biologique et naturel, dans de nombreux collèges et lycées publics du pays, il reste entouré de tabous, de précarité matérielle et d’un manque criant d’infrastructures adaptées, entraînant absentéisme, honte et parfois décrochage scolaire. Au Bénin, la question des menstruations demeure un sujet délicat, souvent évité dans les familles et les milieux scolaires. Cette culture du silence alimente la désinformation, laissant de nombreuses jeunes filles mal préparées à affronter leurs premières règles. Selon des acteurs de la Société civile, l’éducation autour de l’hygiène menstruelle est encore trop faible, ce qui contribue à l’absentéisme scolaire dès que la période des règles commence. Dans certaines zones du pays, des études montrent que plus de 15 % des fillettes manquent leurs cours chaque mois à cause de leurs menstruations. Cette absence répétée représente une perte non négligeable d’heures d’enseignement et peut contribuer à un décrochage scolaire précoce. Même les filles qui décident d’affronter l’école avec leur menstrues sont exposées à de nombreuses difficultés allant du manque de prise en charge par des personnes responsables à défaut des infirmiers de collègue, à l’absence d’infrastructure adéquates pour les toilettes intimes. Malgré la prise d’une note de service au niveau national par le ministère en charge des enseignements secondaire, technique et de la formation professionnelle, la situation reste préoccupante dans la plupart des collèges et lycées publics du Bénin.
Infrastructures inadéquates : l’obstacle quotidien
L’une des principales difficultés rencontrées par ces jeunes filles est l’absence d’infrastructures sanitaires adaptées dans les établissements scolaires. Dans de nombreux collèges et lycées, les latrines sont rares, mal entretenues et dépourvues d’intimité, d’eau propre ou de moyens de disposer des protections hygiéniques. Dans certains établissements, il n’existe qu’un ou deux blocs sanitaires pour des centaines, voire des milliers d’élèves, et ceux-ci sont souvent insalubres, sans portes fermant à clé, ce qui dissuade particulièrement les filles de les utiliser lorsqu’elles sont en période menstruelle. Cette absence d’infrastructures adéquates amène certaines élèves à adopter des stratégies préjudiciables pour rester à l’école : limiter leur consommation d’eau ou leur alimentation pour éviter d’utiliser les sanitaires, ou encore déposer des demandes fréquentes pour rentrer chez elles, ce qui perturbe leur apprentissage. La précarité menstruelle, c’est-à-dire le manque d’accès régulier à des protections hygiéniques sûres, est également une réalité pour beaucoup de jeunes filles béninoises. Dans des familles à faibles revenus, l’achat de serviettes hygiéniques est parfois considéré comme un luxe, au point que certaines élèves doivent improviser avec des matériaux inadaptés, augmentant le risque d’infections et de problèmes de santé, mais surtout exposant des filles à la raillerie de leurs camarades.
Conséquences scolaires et sociales
Les impacts de ces lacunes ne se limitent pas à l’école. L’absentéisme menstruel favorise le décrochage scolaire et peut alimenter un cycle d’inégalités éducatives entre filles et garçons. Privées d’heures de cours cruciales, certaines jeunes filles voient leurs performances diminuer, ce qui peut à terme affecter leurs opportunités professionnelles et leur autonomie économique.
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