Iran : Téhéran se dit prêt à la guerre face aux menaces américaines de Donald Trump

Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a déclaré lundi que la République islamique était « tout à fait préparée pour la guerre », tout en laissant la porte ouverte à des négociations avec Washington. Cette prise de position intervient alors que le président américain Donald Trump a multiplié les avertissements d’intervention militaire si la répression des manifestations se poursuivait. L’Iran traverse depuis le 28 décembre une vague de contestation sans précédent depuis 2022, dont le bilan humain ne cesse de s’alourdir. La tension entre les deux pays atteint un niveau critique, dans un contexte régional déjà fortement déstabilisé.

Crise iranienne : entre répression meurtrière et bras de fer diplomatique avec Washington

La réponse du chef de la diplomatie iranienne aux menaces américaines montre la posture ambivalente adoptée par Téhéran face à cette double pression intérieure et extérieure. Lors d’une conférence réunissant les ambassadeurs étrangers dans la capitale iranienne, Abbas Araghchi a souligné que son pays ne recherchait pas l’affrontement armé mais qu’il s’y trouvait pleinement disposé si les circonstances l’exigeaient. Le responsable a également insisté sur la disponibilité de l’Iran à engager des discussions, à condition que celles-ci reposent sur des bases équitables et un respect mutuel entre les parties. Cette déclaration survient au lendemain des propos de Donald Trump, qui affirmait qu’une rencontre avec les dirigeants iraniens était en préparation, sans pour autant exclure une action militaire préalable.

La contestation populaire qui secoue l’Iran depuis plus de deux semaines a pris une ampleur considérable, dépassant largement les revendications économiques initiales liées au coût de la vie et à l’hyperinflation. L’ONG Iran Human Rights, établie en Norvège, a confirmé la mort d’au moins 648 manifestants depuis le déclenchement du mouvement, tout en avertissant que ce chiffre pourrait être nettement supérieur compte tenu des difficultés d’accès à l’information. Les autorités iraniennes ont en effet imposé une coupure totale des communications internet depuis le 8 janvier, une mesure dénoncée par Amnesty International comme visant à dissimuler l’étendue des violations des droits humains. Face à cette mobilisation, le pouvoir a organisé des contre-manifestations massives place de la Révolution à Téhéran, où des milliers de partisans ont scandé des slogans hostiles aux États-Unis.

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Précédent vénézuélien : l’intervention américaine qui inquiète Téhéran

Les avertissements de Donald Trump à l’égard de l’Iran prennent une résonance particulière depuis l’opération militaire américaine menée au Venezuela au début du mois. Le 3 janvier 2026, les forces spéciales américaines ont lancé une offensive baptisée « Opération Absolute Resolve » contre Caracas et plusieurs zones côtières du pays sud-américain. Environ deux cents soldats ont participé à ce raid nocturne qui a permis de capturer le président Nicolás Maduro et son épouse Cilia Flores à leur domicile, avant de les transférer à New York où ils font désormais face à des accusations de narcoterrorisme. Cette intervention a provoqué la mort d’au moins 80 civils vénézuéliens et de 32 militaires cubains chargés de la sécurité présidentielle, suscitant une vague de condamnations internationales et ravivant les débats sur le respect du droit international par Washington.

Le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf a réagi avec véhémence aux menaces américaines, promettant d’infliger à Donald Trump une leçon inoubliable en cas d’attaque contre son pays. Le guide suprême Ali Khamenei a quant à lui qualifié les rassemblements de soutien au pouvoir d’avertissement adressé aux États-Unis. Parallèlement, un canal de communication demeure ouvert entre la diplomatie iranienne et l’émissaire américain pour le Moyen-Orient, par l’intermédiaire de l’ambassade de Suisse qui représente les intérêts américains à Téhéran depuis la rupture des relations diplomatiques en 1980. L’Union européenne a annoncé envisager de nouvelles sanctions contre l’Iran, tandis que plusieurs ambassades occidentales ont été convoquées par les autorités iraniennes pour protester contre le soutien affiché aux manifestants. La France a procédé à l’évacuation de son personnel diplomatique non essentiel, signe d’une situation jugée particulièrement volatile dans ce pays affaibli par les sanctions internationales et les conséquences du conflit de douze jours avec Israël en juin 2025.

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