Deux citoyens américains abattus par des agents fédéraux de l’immigration en moins de trois semaines à Minneapolis. Le 7 janvier, Renée Good, mère de famille de 37 ans, était tuée par un agent de l’ICE alors qu’elle se trouvait dans son véhicule. Le 24 janvier, Alex Pretti, infirmier en soins intensifs de 37 ans également, était abattu par des agents de la Border Patrol alors qu’il filmait une opération avec son téléphone. Ces deux morts ont déclenché une vague de protestations à travers les États-Unis et provoqué une confrontation politique majeure entre l’administration Trump et ses opposants démocrates.
Barack et Michelle Obama dénoncent des tactiques fédérales « sans précédent » à Minneapolis
L’ancien président Barack Obama et son épouse Michelle ont qualifié la mort d’Alex Pretti de « tragédie déchirante » dans un communiqué publié dimanche. Pour le couple, cet événement devrait constituer « un signal d’alarme pour tous les Américains, quel que soit leur parti », estimant que les valeurs fondamentales de la nation sont « de plus en plus attaquées ».
Les Obama ont directement mis en cause les méthodes employées par le Département de la Sécurité intérieure. Ils ont dénoncé le spectacle d’agents masqués de l’ICE agissant « en toute impunité » avec des tactiques qui semblent conçues pour « intimider, harceler, provoquer et mettre en danger les habitants d’une grande ville américaine ».
L’ancien président a également pointé du doigt la réaction de l’administration Trump, accusée d’être « empressée de faire escalader la situation » plutôt que d’imposer discipline et responsabilité aux agents déployés. Les explications officielles sur les morts de Pretti et Good, selon les Obama, ne reposent sur « aucune enquête sérieuse » et « semblent être directement contredites par les preuves vidéo ».
Bill Clinton accuse l’administration Trump de mentir aux Américains
Quelques heures après la déclaration des Obama, Bill Clinton a publié à son tour une réaction virulente. L’ancien président a qualifié les événements de Minneapolis de « scènes horribles » et a dressé un bilan accablant : des manifestants pacifiques et des citoyens exerçant leur droit constitutionnel d’observer les forces de l’ordre ont été « arrêtés, battus, gazés » et, dans les cas de Renee Good et Alex Pretti, « abattus ».
Clinton a accusé les responsables de l’administration de mentir au public et de demander aux Américains de ne pas croire ce qu’ils ont vu de leurs propres yeux. « Il appartient à tous ceux d’entre nous qui croient en la promesse de la démocratie américaine de se lever, de s’exprimer », a-t-il lancé, avertissant : « Si nous abandonnons nos libertés après 250 ans, nous pourrions ne jamais les récupérer. »
La Maison-Blanche a rejeté ces critiques. Un porte-parole a suggéré qu’Obama devrait plutôt appeler les dirigeants démocrates locaux à coopérer avec l’administration pour « retirer les criminels illégaux dangereux des communautés américaines ».
Le gouverneur du Minnesota Tim Walz a de son côté réclamé le retrait des quelque 3 000 agents fédéraux déployés dans son État, estimant que « ce n’est plus un débat politique » mais « un débat moral ». Les tensions restent vives à Minneapolis, où des rassemblements continuent de se tenir en hommage aux deux victimes.



