Depuis le renversement du président Mohamed Bazoum lors du coup d’État du 26 juillet 2023, le Niger est dirigé par le général Abdourahmane Tiani, chef du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP). Installé à la tête de l’État à l’issue de cette prise de pouvoir militaire, il conduit la transition politique et institutionnelle du pays, avec un exécutif régulièrement ajusté pour répondre aux priorités jugées essentielles par les nouvelles autorités.
Récemment, le président nigérien a procédé à un réaménagement technique du gouvernement. L’annonce, relayée par le site d’information ActuNiger, fait état de changements ciblés, concentrés principalement sur le bloc économique, sans modification profonde de l’architecture générale de l’exécutif.
Un réajustement économique au cœur de la gouvernance au Niger
Le principal signal envoyé par ce réaménagement concerne la gestion économique. Le Premier ministre, Ali Lamine Zeine, demeure à la tête du gouvernement mais ne conserve plus le portefeuille de l’Économie et des Finances qu’il cumulait jusque-là. Cette responsabilité stratégique est désormais confiée à Mamane Laouali Abdou Rafa, un profil présenté comme technicien, notamment en raison de son parcours au sein d’institutions financières sous-régionales.
Ce choix traduit la volonté des autorités de dissocier la coordination gouvernementale de la conduite opérationnelle des finances publiques. Le changement intervient alors que l’exécutif est confronté à des défis immédiats liés aux ressources budgétaires, aux équilibres macroéconomiques et à la gestion des engagements de l’État. La suppression du poste de ministre délégué au Budget va dans le même sens, en resserrant l’organigramme autour d’un pilotage plus centralisé.
Au-delà des personnes, ce réaménagement met l’accent sur l’efficacité administrative. Les autorités n’ont pas annoncé de nouvelles orientations économiques, mais les ajustements opérés suggèrent une attention particulière portée à l’exécution des politiques publiques et au suivi des finances de l’État.
Gouvernement de transition et ajustements sous Abdourahmane Tiani
En dehors du secteur économique, les autres départements ministériels ne connaissent pas de bouleversements majeurs. Les ajustements annoncés restent limités, confirmant le caractère technique de l’opération plutôt qu’un remaniement politique de grande ampleur. Cette stabilité relative permet à l’exécutif de préserver une continuité dans l’action gouvernementale, tout en corrigeant certains équilibres internes.
Depuis son arrivée au pouvoir, le général Abdourahmane Tiani a privilégié des réaménagements ciblés, présentés comme des réponses pragmatiques aux besoins immédiats de l’administration. Le maintien de la majorité des ministres à leurs postes traduit une volonté de consolider l’équipe en place plutôt que de la renouveler en profondeur.
Ce nouveau réajustement intervient alors que la transition se poursuit, avec des attentes fortes de la population sur les questions économiques et sociales. Sans annoncer de rupture, il marque une étape supplémentaire dans l’organisation de l’exécutif, en mettant l’accent sur la gestion financière, considérée comme un levier central de l’action publique.



