Des camions transportant environ 1 000 tonnes de concentré d’uranium produit au nord du Niger restent immobilisés à Niamey, selon plusieurs sources concordantes. Le convoi, initialement parti d’Arlit, devait poursuivre sa route vers le port de Lomé avant un acheminement maritime. Les conditions de ce transport et son interruption soulèvent des enjeux économiques et logistiques pour le secteur minier nigérien.
Le blocage d’une importante cargaison d’uranium au Niger continue d’alimenter les interrogations. Selon des informations rapportées par Le Monde et Reuters, un convoi routier chargé de concentré d’uranium, communément appelé yellowcake, se trouve à Niamey, où il n’a pas repris sa progression. Les volumes évoqués, de l’ordre de 1 000 tonnes, correspondent à une part significative de la production annuelle issue du site d’Arlit, dans le nord du pays.
La situation intervient dans un climat de redéfinition des relations entre les autorités nigériennes et les acteurs du secteur extractif. Le groupe nucléaire français Orano, historiquement présent dans l’exploitation de l’uranium nigérien, a indiqué ne pas être à l’origine de ce transport et ne pas avoir validé les modalités de sortie du chargement. Cette position a été rendue publique alors que les images et informations sur le déplacement du convoi circulaient déjà dans plusieurs médias internationaux.
Uranium nigérien : un convoi immobilisé à Niamey, des flux sous tension
Les informations disponibles indiquent que les camions sont stationnés à proximité de l’aéroport de Niamey, sans confirmation d’une autorisation de poursuite vers le sud du pays. Aucune donnée publique ne confirme un franchissement ultérieur de la frontière nigérienne ni une arrivée effective au port de Lomé. Les autorités concernées n’ont pas communiqué de calendrier précis sur l’évolution de cette situation.
Les enjeux sont multiples. Le Niger figure parmi les producteurs mondiaux d’uranium, ressource stratégique pour l’industrie nucléaire civile. Le concentré extrait est destiné à être transformé hors du pays, selon des circuits logistiques encadrés par des accords commerciaux et des règles de sûreté strictes. Toute interruption ou modification de ces flux peut avoir des conséquences financières pour l’État et pour les partenaires industriels impliqués.
Avant son immobilisation à Niamey, le convoi avait quitté la zone minière d’Arlit, où se situe la société d’exploitation SOMAÏR. Ce départ s’était effectué sous escorte, selon plusieurs sources médiatiques, dans un contexte marqué par une reprise en main des sites miniers par les autorités nigériennes. Le trajet envisagé devait relier Arlit au sud du pays, puis au corridor togolais, avant un transport maritime vers l’étranger.
Niger et uranium : enjeux industriels autour d’Orano et des exportations
La question de la destination finale du chargement a également été évoquée par certains médias, dont Le Monde, qui mentionnent un possible acheminement vers la Russie. Cette information, attribuée à des sources étatiques françaises, n’a toutefois pas été confirmée par des données ouvertes ou par les autorités russes, et demeure à ce stade non vérifiable de manière indépendante.
Pour Orano, la situation met en lumière les incertitudes actuelles pesant sur l’exploitation et l’exportation de l’uranium nigérien. Le groupe a souligné les risques liés à un transport non encadré de matières nucléaires et a rappelé l’existence de normes internationales en matière de sécurité et de traçabilité.
Au-delà du cas précis de ce convoi, l’épisode montre les difficultés rencontrées par le Niger pour maintenir la continuité de ses exportations minières dans un environnement politique et économique en évolution. Le devenir de la cargaison immobilisée à Niamey reste à préciser, alors que les acteurs concernés n’ont pas, à ce stade, fourni d’éléments permettant de déterminer la suite des opérations.



