Secteur éducatif béninois: La préscolarisation révèle des statistiques préoccupantes

Au Bénin, la question de la préscolarisation refait surface, à la lumière de statistiques jugées alarmantes par les acteurs du sous-secteur. Selon Gaétan Kponoukon, secrétaire général du Syndicat national des enseignants de la maternelle (Synaem Bénin), moins de 20 % des enfants béninois bénéficient aujourd’hui d’une éducation préscolaire. Un chiffre qui interpelle. La situation mérite une attention particulière, y compris dans les zones urbaines où l’offre éducative est généralement plus concentrée. Dans le département du Littoral, qui abrite la capitale économique Cotonou, on dénombre par exemple moins de 30 écoles maternelles publiques. Ce chiffre contraste avec la forte densité démographique du département et avec la demande croissante en éducation de la petite enfance.

Dans un contexte marqué par une offre publique limitée, la présence de l’État dans le sous-secteur de la maternelle demeure relativement faible. Cette situation a favorisé l’essor des initiatives privées, qui assurent aujourd’hui une part importante de la prise en charge des enfants d’âge préscolaire, en particulier dans les grandes villes. Si cette dynamique contribue à élargir l’offre existante, elle soulève néanmoins des enjeux en matière d’accessibilité et d’équité. En effet, les coûts pratiqués dans de nombreuses écoles maternelles privées dépassent largement les capacités financières des parents aux revenus modestes. Frais d’inscription élevés, mensualités conséquentes, coûts annexes liés aux fournitures et à la restauration : pour beaucoup de familles, la préscolarisation devient un luxe. Dans ce contexte, une part non négligeable des enfants entame le cycle primaire sans avoir bénéficié d’une scolarisation en maternelle, une situation susceptible d’influencer les premières étapes de leur parcours scolaire. Si à Cotonou et à Calavi, il est devenu courant de voir des parents inscrire leurs enfants à la maternelle dès l’âge de trois ou quatre ans, cette réalité est loin d’être généralisée à l’ensemble du pays. Dans de nombreuses villes secondaires et surtout dans les zones rurales, la préscolarisation demeure limitée. La faible disponibilité d’écoles maternelles publiques, associée aux contraintes économiques des ménages et à un niveau variable de sensibilisation, influence l’accès des enfants à ce niveau d’enseignement.

Pourtant, les spécialistes de l’éducation s’accordent à reconnaître le rôle fondamental de la préscolarisation dans le processus de formation des enfants. L’éducation préscolaire favorise le développement cognitif, social et émotionnel, prépare à l’apprentissage de la lecture et du calcul, et facilite l’intégration au cycle primaire. Les enfants ayant bénéficié d’une maternelle de qualité présentent généralement de meilleures performances scolaires et un taux de décrochage plus faible.

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