Sénégal : Controverse persistante autour des véhicules des députés

L’attribution annoncée de véhicules aux députés continue d’alimenter le débat public au Sénégal. À l’origine de cette nouvelle séquence, une prise de parole du député Guy Marius Sagna, qui affirme ne disposer d’aucune information sur la marque ni sur le coût des véhicules que l’Assemblée nationale prévoit de mettre à la disposition des parlementaires. Une déclaration qui relance les interrogations sur les méthodes de décision internes et la cohérence entre discours de sobriété et pratiques institutionnelles.

Gouvernance interne remise en question

Pour Guy Marius Sagna, le problème dépasse largement la question matérielle des véhicules. Il met en cause un mode de fonctionnement qu’il juge défaillant, marqué par l’absence d’information et de consultation des députés sur des décisions pourtant engageantes pour l’institution. Plusieurs mois auparavant, il avait déjà alerté sur ce qu’il considérait comme des processus insuffisamment démocratiques au sein de l’Assemblée nationale.

Aujourd’hui, il affirme que les faits confirment ses inquiétudes initiales : selon lui, les députés n’ont reçu aucune communication formelle sur l’achat des véhicules. Cette situation est attribuée à un manque de vigilance du Bureau de l’Assemblée nationale, composé de membres élus et de représentants de groupes parlementaires, accusés de ne pas avoir pleinement joué leur rôle de relais entre l’institution et les élus.

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Débat responsabilité collective et divergences internes

Cette sortie n’a toutefois pas fait l’unanimité. En réaction, une autre voix parlementaire de la majorité, Abdoul Ahad Ndiaye, a appelé à nuancer la lecture proposée, estimant injuste de mettre en cause l’ensemble des députés restés en dehors des réunions du Bureau. Selon cette analyse, une large partie des élus n’est associée ni aux cercles décisionnels ni aux avantages évoqués, et se concentre exclusivement sur le travail législatif. Leur silence ne traduirait pas une approbation tacite, mais plutôt une absence de pouvoir réel sur ce type de décisions.

Ce point de vue souligne également que certains députés ont, à titre personnel, choisi de se retirer volontairement des dispositifs d’attribution, par souci d’équité et de cohérence avec les efforts demandés à la population. Une position qui plaide pour une critique ciblée des mécanismes et des décideurs, plutôt qu’une mise en cause globale de la représentation nationale.

Au-delà de la polémique sur les véhicules, cet échange met en lumière des tensions persistantes autour de la gouvernance de l’Assemblée nationale et de la responsabilité des élus face aux attentes citoyennes. Entre exigence de transparence, solidarité parlementaire et discipline politique, le débat révèle la difficulté de concilier exemplarité institutionnelle et réalités internes du pouvoir législatif. Une question qui reste ouverte et continue d’interpeller l’opinion publique sénégalaise.

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