La plage de Ouidah a grouillé de monde en fin d’après-midi, les 8, 9 et 10 janvier, lors du festival Vodun Days. Les stands se sont remplis, les pas se sont croisés. Mais ce qui attirait immédiatement l’œil, ce sont les visages.Des visages peints. Cauris, serpents, flammes, sirènes, fleurs, cœurs, carte du Bénin, carte de l’Afrique, drapeau du Bénin, jarre trouée, ou encore l’inscription « Vodun Days » tracée au pinceau : ici, la peau est devenue un support d’expression. Parents, enfants, jeunes, vieux, Béninois comme visiteurs venus d’ailleurs portaient fièrement leurs dessins. Aux Vodun Days 2026, le face painting s’est révélé comme l’un des langages visuels du festival, à la croisée de l’art, de l’identité et de la célébration.
La concurrence ? Oui, mais saine
Debout à quelques pas de la Porte du non-retour, derrière les stands d’œuvres d’art, Gildas Tossou, un jeune artiste plasticien béninois, à l’instar d’autres jeunes hommes et femmes de différentes nationalités, se rapproche des festivaliers qui font des allées et venues, pour proposer du face painting. Les mains chargées de pots de peinture, de pinceaux fins et de lingettes, il ne cesse de travailler. Un visage après l’autre.
« Ce que je fais ici, c’est du body painting… enfin, plutôt du face painting, vu que c’est surtout le visage », sourit-il. Pour lui, le geste dépasse l’esthétique. Spécialisé dans le body painting pour enfants, le jeune artiste a jugé pertinent de réadapter ses offres au contexte des Vodun Days. « Comme c’est la culture qui est célébrée, j’ai trouvé que le body painting entrait bien dans le thème. C’est pourquoi je suis venu proposer mes services aux festivaliers. Certains demandent d’aller en fonction de l’inspiration, d’autres font des choix qui entrent dans le contexte des Vodun Days », confie-t-il.
L’affluence pour le face painting arrivait surtout le soir, quand les concerts attirent la foule vers la plage. « Le matin, pour les différentes activités des Vodun Days, les gens sont à la forêt sacrée de Kpassè, à la place Maro, au Fort français… Mais le soir, tout le monde converge ici. Et ça nous avantage », indique le jeune homme. Autour de lui, d’autres artistes travaillent aussi. La concurrence ? Oui, mais saine.



