L’Alliance des États du Sahel réunit le Mali, le Burkina Faso et le Niger autour d’un choix assumé : renforcer leur capacité à décider et à agir sans dépendre d’acteurs extérieurs sur les questions jugées essentielles. Défense collective, solidarité entre États membres, contrôle des leviers stratégiques et refus de toute tutelle constituent le socle de cette alliance. Au fil des mois, cette orientation s’est traduite par des initiatives concrètes, notamment dans les domaines sécuritaire et économique. Le numérique, désormais central dans la gestion publique et la circulation de l’information, s’impose aujourd’hui comme un nouveau terrain d’affirmation de cette autonomie.
Le 31 janvier 2026, à Bamako, les autorités maliennes ont franchi une étape supplémentaire avec l’inauguration d’un datacenter de niveau Tier III rapporte maliweb. L’équipement a été présenté lors de la troisième édition de la Semaine du Numérique et symbolise une volonté claire : garder la maîtrise des données stratégiques et réduire le recours à des infrastructures étrangères pour les services publics et institutionnels.
Souveraineté des données publiques
Le nouveau datacenter offre des garanties élevées en matière de disponibilité, de sécurité et de continuité de service. Conçu selon les standards du Tier III, il permet d’assurer un fonctionnement quasi permanent, même en cas d’incident technique ou de maintenance. Pour le Mali, l’enjeu dépasse la simple modernisation technologique. Il s’agit de disposer d’un outil capable d’héberger des données administratives sensibles et des applications essentielles au fonctionnement de l’État.
Jusqu’ici, une part importante des données numériques stratégiques transitait ou était stockée hors du territoire national. Cette dépendance exposait les administrations à des risques opérationnels et limitait la capacité de contrôle des autorités. Avec cette infrastructure, le pays entend reprendre la main sur la gestion de ses informations numériques, tout en offrant un cadre plus sécurisé aux services publics en ligne.
La présence de responsables du numérique du Burkina Faso et du Niger lors de l’inauguration souligne la portée régionale du projet. Sans annoncer formellement une centralisation immédiate des données de l’AES, les autorités ont clairement mis en avant la possibilité d’une coopération renforcée autour de cette infrastructure, au service des États membres.
Datacenter Tier III et coopération au sein de l’AES
Au niveau de l’Alliance des États du Sahel, la question du numérique prend une dimension stratégique. Les administrations, les systèmes d’identification, les plateformes de services publics et les échanges institutionnels reposent de plus en plus sur des solutions digitales. Disposer d’infrastructures fiables sur le territoire de l’alliance devient alors un enjeu direct de sécurité et d’indépendance.
Le choix du Mali pour accueillir ce datacenter reflète une répartition des rôles fondée sur les capacités existantes et les priorités nationales. L’équipement est appelé à servir de point d’appui technique, tout en ouvrant la voie à des projets communs dans le domaine du numérique. Cette dynamique repose sur une logique de mutualisation, sans transfert automatique de compétences ou de données, chaque État conservant ses prérogatives.
Pour les autorités maliennes, cette réalisation marque aussi une étape dans le développement de l’écosystème numérique national. Le datacenter est présenté comme un levier pour renforcer les services en ligne, améliorer la fiabilité des plateformes administratives et créer un environnement plus attractif pour les initiatives locales dans le secteur des technologies de l’information.
En accueillant cette infrastructure de niveau international, le Mali affirme une orientation claire : le numérique n’est plus seulement un outil de modernisation, mais un élément central de la souveraineté étatique et de la coopération au sein de l’AES. À travers ce datacenter, l’alliance dispose désormais d’un symbole concret de sa volonté de contrôler ses choix technologiques et de sécuriser ses données essentielles, sans dépendre exclusivement de solutions hébergées hors de son espace.




A quand les élections démocratique dans l’AES?
Le peuple a le droit de choisir ses dirigeants dit-on.
Mais dans l’ AES ce n’ est pas le cas.
Qui dit le contraire?