Des enfants de 10 ans accèdent désormais aux services de traitement de la toxicomanie. La situation inquiète experts et responsables africains, alors que le continent doit gérer un fardeau précoce de consommation de substances.
Des jeunes exposés avant l’adolescence
Lors de l’édition du 15 février 2026 des entretiens présidés par Toyin Falola, sur le thème « L’usage de drogues en Afrique », le Dr Martin Agwogie a alerté que des enfants de 10 à 14 ans apparaissent désormais dans les systèmes de soins formels pour toxicomanie. « Il y a des initiations très précoces à la consommation de substances », a-t-il averti. Cette session, suivie par plus de cinq millions de participants dans 15 pays, a souligné l’ampleur d’un phénomène qui touche tout le continent.
Le panel comprenait également le professeur Moruf Lanrewaju Adelekan, psychiatre et ancien conseiller technique de l’ONUDC, Ibiba Odili, ancien contrôleur général adjoint de la NDLEA, et Abdulmalik Yahya, secrétaire général de YALI. Tous ont souligné que les jeunes de 15 à 29 ans sont les plus touchés par la consommation de drogues, aggravée par le chômage, l’instabilité sociale et le manque de soutien en santé mentale.
Une progression rapide et préoccupante
Selon les experts, l’Afrique, avec ses 55 pays et ses 1,3 milliard d’habitants, dont près de 60 % ont moins de 25 ans, présente un profil démographique qui accentue la vulnérabilité à la consommation de drogues. D’après leurs projections, l’usage de substances pourrait augmenter de 40 % d’ici 2030 si les tendances actuelles se maintiennent.
Le phénomène de la drogue en Afrique connaît une croissance préoccupante, avec le continent servant à la fois de marché de consommation et de point de transit pour les stupéfiants internationaux. L’Afrique de l’Ouest est particulièrement touchée, avec l’augmentation de la production locale, de la distribution et de la consommation, y compris parmi les jeunes et les enfants.
Le Dr Martin Agwogie a insisté sur l’urgence d’intervenir dès les premiers signes de consommation. Il a précisé que le cannabis, les opioïdes pharmaceutiques et les drogues synthétiques circulent dans plusieurs régions, touchant des populations de plus en plus jeunes.



